Iphigénie en auto une mini-orestie

22 février 2012 12 h 10 min 0 commentaire
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Shirley Noel

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Les 7 comédiens de Iphigénie en auto

C’est mardi le 21 février dernier que Maxime Robin a présenté à Premier Acte, Iphigénie en auto, la première création de sa compagnie, La vierge folle cofondée avec Noémie O’Farrell. 

Après le succès de la lecture d’Iphigénie en auto dans le cadre des Chantiers du Carrefour international de théâtre de Québec 2010, présenté à Premier Acte en collaboration avec Première Ovation, Maxime Robin a ainsi développer cette adaptation d’Orestie d’Eschyle dans un contexte plus moderne, où le drame tourne autour de la mort d’une fillette oubliée dans son auto par son père.

Cette mort déclenche l’implosion de la famille. Sa femme Clytemnestre (Catherine Hughes) reproche au père Agamemnon (Nicolas Létourneau) la mort de sa fille Iphégènie (O’Farrell) et est incapable de lui pardonner. Elle s’enfonce dans la dépression. Le père, rongé par le remords, finit par partir. Électre (Jeanne Gionet-Lavigne) et Oreste (Lucien Ratio), leurs jumeaux survivants, ont 7 ans lorsque leur père provoque accidentellement la mort de leur sœur. Ils se rapprochent l’un l’autre et se racontent des histoires, se sentant abandonnés par leur père et invisibles pour leur mère. Il s’ensuivra au fil des ans, des trahisons, des vengeances,  la tragédie qui se poursuit, jusqu’à l’anéantissement de cette famille.

Nicolas et Catherine

Bien que ce soit un texte basé sur un sujet obscur, cette tragédie est jouée de manière ludique, enfantine. Dès les premiers instants de la pièce, après un résumé de groupe en choeur d’Orestie cette trilogie dramatique d’Eschyle, un tapis de sol FisherPrice est déroulé, pour permettre le jeu, pour promener des autos sur la route et cela devient le lieu central de la pièce, avec comme personnages principaux, les jumeaux et leurs parents. Il n’y aura pour seul décor ces autos, des bouteilles et cet ensemble d’acteurs tout de noir vêtus, qui représentent un personnage collectif qui chantent, ajoutent la musique ou les bruits et amplifient l’action de la tragédie qui se déroule.

Tour à tour chaque personnage en noirs, ajoute une touche de couleur à ses vêtements, signifiant ainsi qu’il devient alors un des personnages de l’histoire. Sur chaque pièce de couleur se retrouve le nom du personnage joué. Ainsi, on peut suivre plus aisément l’histoire. À mon avis, c’est une excellente idée de mise en scène. De plus, l’ajout de bruits d’instruments de musique par ces acteurs en noirs, (saxophone, tam-tam…) pour agrémenter la trame sonore renforce l’atmosphère ambiante.  Il y aussi de belles initiatives, comme de tambouriner avec leurs doigts au sol pour donner l’impression de gouttes de pluie qui cognent aux fenêtres. Mais ce qui m’a le plus impressionné c’est sans aucun doute les chansons a capella, à l’unisson du groupe de 7 comédiens. Des voix justes, des harmonies appropriées, du vrai bonbon! 

 

Noémie, Marc, Jeanne et Lucien

Au niveau des acteurs, Jeanne Gionet-Lavigne et Lucien Ratio sont très crédibles dans leurs interprétations d’enfants de 7-8 ans et il est intéressant de les voir évoluer en adolescents de 15 ans jusqu’à devenir des adultes de 21 ans. On sent bien la progression dans leur jeu pour adopter des attitudes de leurs âges. De plus, Lucien réussit à bien transmettre au public la rage et la colère toujours grandissante de son personnage d’Oreste, jusqu’à la tragédie ultime, point culminant à la fin de la pièce.

Nicolas Létourneau et  Catherine Hughes, prouvent également leur immense talent à jouer le désespoir, le remords, la dépression. On ressent leur douleur. Ils sont magnifiques. On réussit à les aimer malgré les horreurs qu’ils commettent, grâce à leur sensibilité démontrée dans leur jeu.

 Et ce qui fait, à mon avis, une part du succès de cette pièce, c’est que malgré les gestes meurtriers de tous ces personnages, le public ne peut se laisser aller à la condamnation de ces êtres humains. Le public hésite à leur faire des reproches. Comment pardonner au père négligent? Mais comment condamner ce dernier qui a commis un accident? Pouvons-nous juger la femme d’avoir abandonné ses autres enfants? Mais pouvons-nous faire le procès de ce fils qui venge cet abandon? Rien n’est facile, tout pousse à la réflexion.

Marc Auger-Gosselin, Joanie Lehoux, et Noémie O’Farrell ont pour leur part de plus petits rôles, mais ils sont totalement efficaces et ils participent aux chœurs entourant les personnages principaux.

En résumé, Iphigénie en auto une mini-orestie est une tragédie grecque aux allures d’un fait divers contemporain. Avec un texte riche et intense, une mise en scène ingénieuse et audacieuse, on peut dire que nous assistons pendant plus de deux heures à une pièce puissante et bouleversante d’impartialité! 

Présenté du 21 février au 9 mars 2012 à 20 h, et le dernier samedi, 10 mars à 15h à Premier acte 

Réservation: 418 643-8131

Au coût de 23 $ (régulier), 17 $ (étudiant) et 13 $ (groupe) + frais de service 

INFORMATION PREMIER ACTE : 418 694-9656 

Iphigénie en auto

Production :  la Vierge folle 

Texte et mise en scène : Maxime Robin

Assistance à la mise en scène : Jean-Michel Girouard

Environnement sonore : Luce Bélanger

Environnement visuel : Karine Galarneau

Éclairages : Jean-François Labbé

 

Distribution : Marc Auger-Gosselin, Jeanne Gionet-Lavigne, Catherine Hughes, Joanie Lehoux, Nicolas Létourneau, Noémie O’Farrell et Lucien Ratio. 

http://www.premieracte.ca/ 

http://www.premiereovation.com 

crédit photos : Gabriel Talbot-Lachance

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