Entrevues avec les artisans du film L’Affaire Dumont

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Marc-André Grondin et Marilyn Castonguay dans l’Affaire Dumont

J’ai vu, sur invitation de presse, le film de Podz, L’affaire Dumont, basé sur l’histoire vraie de Michel Dumont faussement accusé et condamné pour viol. Cela met en vedette Marc-André Grondin. Le film est présenté en ouverture du Festival de cinéma dela Ville de Québec le 13 septembre et prend l’affiche le 14 septembre.

Mon appréciation du film se trouve dans la section cinéma de ce site.

SYNOPSIS

Michel Dumont (Marc-André Grondin), un livreur de dépanneur séparé et père de deux jeunes enfants, est accusé, jugé et condamné pour une agression sexuelle qu’il nie avoir commise. En cours de procédures, il s’éprend de Solange (Marilyn Castonguay), jeune mère monoparentale, qui croit à son innocence. Pendant qu’il purge sa peine de prison, elle le marie et s’attaque à la tâche colossale de le faire acquitter.L’affaire Dumont relate l’expérience de Michel Dumont, son combat et celui de sa compagne pour que justice soit rendue. Une version contemporaine de David contre Goliath.

 

Marc-André Grondin (Michel Dumont)

Questions pour Marc-André Grondin

Après avoir vu le film, je me suis demandé ce que j’aurais fait, si j’avais été à la place de Michel Dumont, accusé injustement d’un crime que je n’ai pas commis. Vous est-il arrivé de vous poser cette même question?

« C’est certain qu’on s’est tous un peu posé cette question. Pour ma part, je sais que je réagirais beaucoup plus fortement. Mais de toute façon, malheureusement, il y a deux justices dans notre monde. Celle des pauvres et celles des riches. Et c’est clair que j’aurais eu une meilleure défense que lui a eue. C’est clair que j’aurais déjà un capital de sympathie, parce que les gens me connaissent de par mon travail. C’est très dommage et cela ne devrait pas être comme ça, mais c’est vrai pareil, si Michel Dumont avait eu de l’argent, s’il avait été président de compagnie, il ne se serait jamais retrouvé en dedans.»

 Pourquoi vouliez-vous ce rôle?  

« J’ai voulu ce rôle, d’abord car c’était un beau scénario et l’histoire me parlait. C’est un personnage intéressant et c’était avec un réalisateur avec qui j’avais envie de travailler… De toute façon, même si c’est basé sur un fait réel, du moment que tu te mets à le tourner, cela devient de la fiction et tu dois le jouer comme de la fiction.»

 Et d’avoir Michel Dumont sur le plateau à l’occasion, est-ce que cela vous intimidait?

«Les fois, où il est venu sur le plateau (ce n’est pas très souvent), j’essayais de rester dans ma bulle, pour ne pas me déconcentrer, ni ajouter de la pression. Comme il fallait s’approprier cette histoire pour en faire un film, et non un documentaire, c’était plus important pour moi d’avoir l’approbation de Podz que celle de Michel Dumont, même si ultimement lui aussi est content du résultat final.»

 Est-ce qu’il y a des rôles que vous voudriez jouer qu’on ne vous a pas encore proposé?

« Pour moi, chaque rôle est différent, même s’il peut y avoir des similarités parfois, et c’est un défi en soi. J’ai eu la chance à date, de jouer des choses très différentes l’une de l’autre. Les quatre derniers films que j’ai faits sont totalement opposés, donc je suis chanceux. Après, je prends ce qui vient, je n’ai pas de but en particulier.»

Danielle Dansereau avec la chroniqueuse Shirley Noel

 Questions pour DANIELLE DANSEREAULT (scénariste)

C’est votre premier scénario de film et en plus c’est basé sur une histoire vraie. Comment en êtes-vous venu à vous lancer dans cette histoire?

« Nicole Robert m’a approché, car j’avais écrit la série le Négociateur qui était librement inspiré de la vie de Claude Poirier, et elle avait beaucoup aimé mon travail. »

 Un gros défi de recherche?

« J’ai fait une recherche exhaustive de tous les éléments factuels. Tout d’abord, après avoir entendu les grandes lignes de l’histoire, je trouvais cela presque impossible que tout cela soit arrivé à une seule personne. J’ai alors tout remis en question et j’ai reconstitué le fil des évènements. J’ai lu l’enquête préliminaire, le procès, le jugement, l’appel et le dossier carcéral, afin de confirmer les évènements. J’ai parlé aussi à plusieurs des intervenants dans l’histoire. »

 Comment fait-on pour monter un scénario qui fait un bon résumé de 10 ans, qui explique tout, sans nécessairement tout montrer, car on doit en couper des bouts?

« Ce n’est pas évident, car c’est une histoire très complexe, avec plein de rebondissements. Dix ans de vie, condenser cela dans une histoire, c’est vraiment un gros défi. C’est pour cela que j’ai décidé de faire des ellipses et des allers-retours dans le temps, pour essayer d’aller chercher ce qui était le plus intéressant, les moments les plus pertinents aussi, sinon c’est trop linéaire et c’est trop long.»

 Une question que je me suis posée en regardant le film : Dans la première séquence du film, Michel Dumont se fait prendre en photo pour un line-up. Comment en est-il venu à être choisi pour être photographié, s’il ne correspondait pas au poids, grandeur, au physique, (pas de tatou), du violeur?

« Cela avait paru dans le journal qu’un violeur était recherché. Alors, il y a eu un appel anonyme au poste de police, disant qu’ils devraient photographier Michel, qui travaille dans un dépanneur, il correspond à la description du violeur. Et à ce jour, on ne sait toujours pas qui a placé cet appel anonyme. Et en fait, il y a beaucoup de choses qu’on ne sait pas à ce jour. C’est pour cela qu’à la fin du film, on a écrit que l’affaire n’a pas été résolue. Il reste beaucoup de choses en suspend.»

 Est-ce que c’est une expérience à refaire, de bâtir un scénario à partir d’une histoire vraie? Ou si vous préférez rester dans la fiction dorénavant? « En fait, je l’ai abordé comme de la fiction, car même s’il a une rigueur documentaire, cela reste que raconter une histoire, c’est raconter une histoire et il y a mille façons de la raconter. Donc, c’est à peu près les mêmes défis. Je ne suis pas opposée à en refaire, mais je pense que je préfère la fiction, car c’est difficile de parler de gens qui existent vraiment, et sont encore vivants. Dans ce cas-ci, on ne peut pas prendre de distance avec ce qui s’est passé. C’est trop récent et les gens sont toujours vivants! Et ce n’est pas tous les gens qui ont été impliqués dans l’histoire qui vont être d’accord sur la façon dont on a montré l’histoire c’est certain.»

 

La productrice Nicole Robert et l’actrice Marilyn Castonguay

Questions pour NICOLE ROBERT (productrice)

Pourquoi avez-vous été intéressé à produire ce film sur cette histoire vraie?

« Geneviève Brouillette avait parlé du projet à Podz, qui lui est venu m’en parler, alors qu’on faisait les 7 jours du talion ensemble. J’ai dit oui tout de suite, car c’était Podz qui me le demandait, mais aussi parce ce que je connaissais l’histoire. J’avais vu Michel Dumont en entrevue à Tout le monde en parle. Ça m’avait rejoint comme histoire. Ça se passe chez nous, c’est réellement arrivé et il y a quelque chose d’héroïque dans le combat qu’il mène depuis ce temps, pour que justice soit faite.»

 Étant donné que c’est une histoire vraie et que la majorité des gens existent encore, est-ce qu’il a fallu faire plus attention pour ne pas s’attirer des poursuites?

« Quand j’ai accepté ce projet, je ne réalisais pas que cette histoire-là serait aussi compliquée à produire. J’avais consulté un avocat pour savoir comment procéder quand on raconte un fait vécu. Et cela avait l’air vraiment très simple, vu qu’eux me donnait le droit de raconter leur histoire… J’ai sous-estimé vraiment les enjeux légaux liés à cette histoire. En fait, il y avait plusieurs personnes qui pouvaient nous poursuivre. Et quand on fait un film, on doit assurer le film pour ‘Erreur et Omission’. Cela garantit les investisseurs que s’il y a des poursuites, ce sont les assurances qui vont prennent en charge les poursuites, et donc qu’il n’y aura pas de possibilité d’injonction et que le film pourra passer à l’écran. Normalement, ce processus d’assurance du film est toujours assez facile. On confie le scénario à une firme qui évalue le scénario et nous conseille de changer quelques noms et c’est tout. Mais là, au départ, personne ne voulait nous assurer. J’avais tout le financement du film (ce qui est rare en soit), mais pas moyen de le faire assurer. Donc, j’ai dû travailler très fort pour le faire assurer… Je suis même devenue en colère, car il y a des choses qu’on ne pouvait pas dire et il y a des noms qu’on a du changer pour que ce soit accepté. On essaie de dénoncer une erreur judiciaire, mais on a les mains liées. Ça brime notre créativité. Et je me sentais une responsabilité envers Michel Dumont de faire ressortir la vérité. Finalement, je peux dire qu’on est en paix avec l’histoire qu’on a mise à l’écran.»

 Qui a vu le film jusqu’à maintenant parmi les personnes liées à cette histoire?

« Seulement Michel, Solange et les enfants de Solange. On n’avait pas invité à notre première les autres personnes près du drame. Pour ce qui est des enfants de Michel, c’est dommage, mais ils ne voient plus leur père. Ce genre de drame dans une famille amène toutes sortes de conséquences malheureuses. Et ces enfants ont eu beaucoup de séquelles dans leur enfance, si bien qu’ils ont maintenant coupé les liens. Pour ce qui est de la victime du viol, on a pris d’elle uniquement les scènes à caractère juridique (scène de cour, le polygraphe,…) et le verbatim de ces scènes. Donc, ces scènes sont véridiques, publiques et on peut s’en servir sans peur d’être contesté. Mais on a essayé d’être juste avec elle aussi, parce que cela a été un drame pour elle aussi.»

 

Marilyn Castonguay dans le rôle de Solange

Questions pour MARILYN CASTONGUAY (Solange Tremblay)

Vous est-il arrivé au cours du tournage, de vous demander ce que vous auriez fait, si vous aviez été dans la situation de Solange?

« Oui, vraiment! Surtout, est-ce que je pourrais aimer à ce point-là quelqu’un? Car c’est son amour infini envers Michel qui a été le moteur de tout ce qu’elle a fait. Est-ce que je vais aimer à ce point-là dans ma vie, un homme qui me dit qu’il est faussement accusé de viol, pendant que j’ai 3 enfants à m’occuper? De m’occuper de le sortir de là, d’aller le voir toutes les fins de semaines avec mes enfants. Je me la pose encore cette question en fait! »

 Pourquoi vouliez-vous ce rôle?

« J’ai adoré ce personnage. Cette femme forte là, de 4 pieds 11 pouces, qui a défié tout ce qui était en haut d’elle,  avec son secondaire 3, en s’occupant de ses 3 enfants, sans s’apitoyer sur son sort, sans être intimidé par personne et avec cet amour qui l’anime tout au long. Cette force, cette rage, cette détermination, ça m’atteint.»

 Quel a été votre plus grand défi pour jouer ce rôle? 

« C’est de reproduire un espèce de quotidien, bien intérieur, bien soutenu. Tout se vit en dedans, toute cette retenue. Et surtout, de bien représenter qui elle est, sans vouloir la caricaturer, ni être totalement pareil, mais qu’elle puisse se reconnaitre dans mon personnage, sa force aussi.»

 Et lorsque Solange était sur le plateau, est-ce que cela vous a intimidé?

« C’est sûr que la première journée de tournage n’a pas été facile. D’abord, je ne suis pas connue. Je suis une comédienne qui commence, qui sort de l’école.  Déjà, arriver sur un plateau de tournage, avec plein de monde qui font cela tout le temps, avec un réalisateur comme Podz qui est extraordinaire, avec Marc-André qui a une grande expérience aussi et avoir en plus la personne que tu personnifies qui te regarde, c’est sûr que la pression lors de la première journée a été immense. Mais c’est sûr, Michel et Solange étaient très discrets sur le plateau. Ils regardaient dans le moniteur ce qu’on faisait, et ils ne sont pas venus tellement souvent non plus. »

 C’est votre premier grand rôle au cinéma. Comment on se sent de se voir sur grand écran la première fois?

« C’est sûr que je suis très critique envers moi-même en me regardant. J’aurais dû faire ceci, mais pas cela… Mais il faut dire que c’est ma première expérience en cinéma. J’ai été formée pour jouer, j’ai fait surtout du théâtre, alors en cinéma,  tout ce qui est extérieur, le côté technique, les caméras, et même le niveau de jeu en cinéma, ce n’est pas intégré pour moi encore. C’est sûr que Podz a fait un travail excellent pour m’avantager, me guider, me diriger. En théâtre, on joue plus gros, plus démonstratif, plus fort. Podz m’a ramené dans la finesse. Il est allé chercher la profondeur et la vérité que j’avais en dedans de moi pour ce rôle. Maintenant, je peux dire que j’ai la piqûre du cinéma. Je me suis habitué aux caméras. Avec le théâtre, je pense que le cinéma va être une autre de mes passions.»

 

Daniel Grou (Podz) le réalisateur

Questions pour PODZ (réalisateur ) :

La musique du film ajoute beaucoup à l’ambiance. Comment avez-vous décidé d’avoir ce piano magnifiquement amené par David Ratté de Man an ocean ?

« J’avais entendu la musique de David en spectacle, un moment donnée et j’ai trouvé cela tellement bon. Je l’avais alors approché pour un projet que j’avais (dont je ne nommerai pas) et il devait faire la musique. Cependant, le tout ne s’est pas concrétisé, suite à des décisions hors de notre contrôle à nous deux. Mais avec l’affaire Dumont, je trouvais que son genre de musique collait très bien à ce qu’on faisait. Donc, je lui ai donné le mandat d’écrire la musique du film. Un moment donné, il était en Gaspésie et il m’a envoyé une track, de même, sans avoir vu aucune image du film. Il avait seulement lu le scénario et il a pianoté quelque chose dont il pensait que ça irait avec le film. Je l’ai écouté et j’ai trouvé que c’était exactement ce qu’il fallait. Je l’ai mis sur la scène de la première date entre Michel et Solange. Et sans rien changer, ni ajouter, la pièce musicale était parfaite du début à la fin. Elle commençait à la bonne place et finissait à la fin de la scène exactement. C’était hallucinant! Par la suite, on en a ajouté quelques bouts autres ici et là. Je sais que David aurait voulu qu’il y en ait plus, il en avait composé plusieurs. Mais je voulais bien doser le tout, alors j’en ai mis moins qu’il voulait, mais bon. Cette musique a donné le ton du film et  c’est justement cette musique qui est dans la bande-annonce.»

 À part la peur des poursuites, quels ont été les gros défis sur ce film?

« C’est sûr que la peur des poursuites c’était un défi en soi. Mais aussi c’est de jongler avec le fait de pouvoir dire ce que je pense de ce qui est raconté tout en respectant la réalité de ce qui s’est passé. Il fallait être rigide sur ce qui est vrai et sur ce qu’on peut dire. Et Danielle (la scénariste) et moi, on s’est fait un point d’honneur de ne mettre dans le film que ce qu’on était absolument certain qui était arrivé vraiment. Les incertitudes, on ne les mettait pas. Mais au final, ce film, je voulais qu’il représente aussi mon point de vue sur cette affaire.  Donc évoquer la réalité, sans la trahir, c’était assez difficile.»

  Quand vient le temps de ressembler au personnage réel, à part la ressemblance physique (perruque, moustache…) quels autres traits du vrai Michel Dumont vouliez-vous que Marc-André fasse ressortir pour que ce soit crédible?

« Honnêtement, avec Marc-André, j’ai surtout travaillé le physique. Mais je sais que lui, il a regardé les entrevues, les archives de Michel Dumont pour s’en inspirer. Dès la première semaine, Marc-André est arrivé sur le plateau avec son personnage, ses mimiques, sa gestuelle, comme il l’a senti en regardant les archives… Ce dont je me rends compte avec Marc-André, c’est qu’il travaille tout le temps. Il prend tout ce que je lui dis, ce qu’il voit, ce qu’il vit avec moi, ce qui l’entoure et il le met dans son personnage. Au début, je n’étais pas sûr de sa méthode, mais un moment donné je l’ai vu intégrer sa démarche, sa façon de parler et je me suis dit : ça marche son affaire.»

 Parmi vos prochains projets, vous avez la série Tu m’aimes-tu qui vient d’être terminé, puis le film King Dave, et ensuite Le Vide de Patrick Senécal. Tous des choix complètements différents. Quels sont les critères qui vous font choisir tel ou tel autres projets?

« Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte. C’est un peu en fonction d’où je suis rendu dans ma vie à ce moment-là. Ce que je vis en ce moment, c’est ce que j’ai le goût de mettre à l’écran. Mais il y a aussi le fait que j’aime plein de genre de films. En fait, c’est simple, est-ce que j’ai le goût de voir ce film-là? Cette série-là? Si j’ai le goût de le voir, et bien je vais le faire. C’est tout! »

 

Les vrais Solange et Michel Dumont

Questions pour Le vrai MICHEL DUMONT et sa femme SOLANGE TREMBLAY

  Quand vous avez su qu’on faisait ce film, aviez-vous peur de revivre à nouveau tous ces évènements qui sont maintenant derrière vous?

Solange : « Des fois, ça peut faire comme une thérapie, je pense. De sortir tout ce qu’on garde en dedans, de l’évacuer, je pense que ça peut faire du bien, même si c’est étalé sur un grand écran.         »

Michel : « Quand tu vois ton histoire sur grand écran, tu réalises tout le côté positif qui ressort, cette grande histoire d’amour entre nous deux. Tandis qu’avant de rencontrer Solange, j’étais trop négatif, je ne pensais qu’aux choses négatives qui m’arrivaient et je les attirais ces évènements. Maintenant, il faut se connecter sur le positif et la vie va nous apporter du positif. »

 Dans le film, on dit que vous n’avez pas suivi la thérapie en prison, mais que si vous l’aviez suivi, vous seriez sorti avant la date prévue. Pourquoi ne pas l’avoir fait, même si vous saviez pertinemment que vous n’étiez pas un violeur?

Michel « J’aimais mieux mourir que d’avouer quelque chose que je n’ai pas fait. Et si j’avais suivi la thérapie, les gens auraient pu penser que j’avais vraiment commis ces gestes. Non, je voulais prouver à tous que j’étais innocent et je voulais aller jusqu’au bout pour le prouver… En fait, j’aurais pu purger ma peine encore plus longtemps, car je ne faisais pas la thérapie et alors on me considérait comme un être dangereux qui refuse de se repentir et si je n’avais pas passé à télévision à l’émission de Mongrain (grâce à Solange) et bien je serais resté en prison les 17 mois de plus.»

 Vous avez passé des années à défendre Michel et même à lui remonter le moral pendant qu’il était en dedans. Avez-vous eu envie un moment donné de tout lâcher et de le laisser se démerder tout seul?

Solange « Jamais. Cela ne m’est jamais passé par la tête de baisser les bras et d’arrêter de me battre pour lui. Même si c’était beaucoup d’ouvrage, avec mes 3 enfants à m’occuper, en plus du dossier de la DPJ avec lesquels je tentais de récupérer les enfants de Michel qui étaient placés en famille d’accueil… Ça m’a pris 3 ans, mais au moins j’ai réussi à faire sortir Michel, c’est ça qui est important. Maintenant, quand je me regarde à l’écran et que je vois ce que j’ai fait, je n’en reviens pas de tout ce que j’ai accompli.»

  Maintenant, est-ce que vous en voulez à quelqu’un dans tout cela? La victime? Vos avocats? la juge ? le système judiciaire ?

Michel « Je n’ai pas de temps à perdre avec ça. Maintenant, tout ce que je veux, c’est de passer à autre chose. La vie continue. C’est sûr que j’ai hâte qu’il y ait un règlement (en attente), je souhaite qu’il y en ait un en fait. Cela ne changerait rien à tous les malheurs qui sont arrivés,  mais ça pourrait mettre comme un baume. Et on pourrait peut-être enfin penser à nous deux et une belle retraite pour enfin se gâter un peu.»

 Pensez-vous qu’un tel film va permettre de remettre en question en partie notre système judiciaire, où il est plus facile d’être reconnu coupable qu’innocent et qui favorise ceux qui ont de l’argent pour se défendre?

Solange «Peut-être que ce film peut avoir un impact sur notre système judiciaire et ses lacunes, mais il n’influencera pas le jugement qu’on attend présentement. De toute façon, le film n’a pas été fait pour cela. »

 Michel « Je pense que le système judiciaire a plein de choses à changer. Premièrement, cela leur prend plus de fonds pour éviter les erreurs comme celles qui se sont produites avec moi. Il leur faut plus de moyens financiers pour pouvoir faire les tests sur les scènes de crime. Si tu n’as pas le budget, alors tu bâcles l’enquête. Et il faut mettre aussi plus de budgets pour aider les victimes, autant les victimes d’erreurs judiciaires que les victimes d’actes criminels aussi. Ils sont souvent laissés à eux-mêmes. Je le sais, je l’ai vu, en cour moi-même. »

 Ce film a été produit par Nicole Robert et Go Films avec la comédienne Geneviève Brouillette, avec un budget de 4,975 millions $ et sera distribué par Alliance Vivafilm.

 Réalisé par Daniel Grou (Podz)

Scénarisé par Danielle Dansereau

 Avec :

Marc-André Grondin  (Michel Dumont)

Marilyn Castonguay  (Solange Tremblay)

Kathleen Fortin (Danielle Lechasseur, la plaignante)

Sarianne Cormier (l’ex-femme de Michel Dumont)

Francis Lahaye (le frère de Michel Dumont)

Francine Ruel (La mère de Michel)

André Lacoste (le père de Michel)

 Geneviève Brouillette (Me Nathalie Duperron-Roy)

Martin Dubreuil (Me Paul Gélinas)

Patrick Hivon  (Paquin)

Etc…

 http://laffairedumont.com/

 https://www.facebook.com/LaffaireDumont

 http://www.gofilms.ca/

 http://www.vivafilm.com/

 Crédit photos : Roland de Québec