MerZsonaTe une poésie loufoque et jubilatoire !

MauvaisAcceptableCorrectTrès bienExcellent (Donnez votre avis)
MerZsonaTe

Depuis le 19 février et jusqu’au 2 mars prochain, le Club pour l’Amélioration de la Culture (le CAC) propose au public de Premier Acte un projet complètement loufoque,  un spectacle déjanté, jubilatoire basé sur le mouvement MerZ créé par le poète et artiste allemand Kurt Schwitters. Ce dernier a créé dans les années 20 ce mouvement d’art total inspiré du dadaïsme qu’il a nommé merz.

Ainsi MerZsonaTe regroupe 7 comédiens audacieux qui prennent d’assaut les textes de ce poète, mis en scène et en collage par Philippe Savard.

 

 

Melissa Bolduc et Julie Lespérance

À quoi peut-on s’attendre de cette soirée en leur compagnie ? : Je dirais à peu près n’importe quoi. Du délire, de l’absurdité, mais surtout une explosion de rire et d’incompréhension totale de la part du public. Les 7 comédiens interprètent des saynètes inspirées de courts textes et poèmes de ce poète allemand, dans lesquelles on retrouve des situations cocasses et loufoques, une série d’exercices vocaux et sonores, un véritable délire verbal de même que des chorégraphies farfelues. Avec ce langage inventé, rempli d’onomatopée, de série de chiffres, ou des suites de mots sur lesquels l’on joue, il est hallucinant de voir que nous, public, avons l’impression tout de même de suivre une certaine logique dans les situations qui semblent totalement absurdes et incohérentes. Pourquoi? Parce qu’il y a une symétrie, un synchronisme, une poésie dans ces sons, ces mots, ces mouvements. On a l’impression de regarder de l’art abstrait et de tenter d’y trouver un sens, notre sens à chacun de nous.

Jean-Michel Girouard

Certains personnes, comme mon fils qui est venu voir la pièce avec moi, diront «C’est le spectacle le plus bizarre que j’ai jamais vu. » Et pourtant, mon fils m’assure d’avoir tout simplement adoré. Il a été surpris, stupéfait, et totalement conquis par cette soirée sous le signe de la très grande originalité. Il est essentiel, pour bien apprécier ce spectacle de laisser son cerveau dans les vestiaires et de laisser la porte ouverte à la nouveauté, à l’émerveillement, à l’enchantement musical, à la poésie des sons. C’est une pièce qu’il faut apprécier comme une œuvre d’art et rire un bon coup, même si on ne comprend pas toujours pourquoi on rit. C’est tout simplement contagieux. À la fin du spectacle, l’ovation debout ne semble pas se terminer et les bravos se font entendre de partout dans la salle.

Pour que cette pièce fonctionne, il faut des comédiens totalement dévoués, concentrés et prêts à se laisser aller complètement, physiquement et verbalement. Pas de fou rire de leur part. Et pourtant, ils auraient aisément pu décrocher avec leurs simagrées et les rires profonds des spectateurs.

Maxime Robin Julie Lespérance Melissa Bolduc et Marc Auger Gosselin

Jean-Michel Girouard interprète un personnage au fort accent allemand et il est génial. Énergique, fanfaron parfois, très drôle dans ses gestuelles, il atteint son paroxysme d’excellence dans son rôle du bègue qui récite son petit poème avec l’énergie du désespoir. Hallucinant! On a également Julie Lespérance et Melissa Bolduc qui sont amusantes et vibrantes de synchronisme dans le jeu du miroir et elles sont craquantes dans la scène du perroquet qui se meure. Ce moment est joué en reflet double miroir, avec Maxime Robin et Marc Auger Gosselin totalement rigolos dans le rôle des perroquets. Vicky Bertrand pour sa part, se meurt de la fin tragique de son poisson rouge. Anne-Marie Jean incarne Anna, cette dame envoûtante, à la robe rouge!  Maxime Robin emprunte quant à lui l’accent anglais, sophistiqué, à la limite snob, qui lui va à ravir. Marc Auger Gosselin, lui, y va plutôt d’un accent marseillais, style campagnard, détendu et sans souci. Il est intéressant d’avoir ainsi ces mélanges d’accents qui se côtoient et s’entrechoquent.

Pour tout accessoire, ce sont des boites diverses qui servent de bancs pour la plupart, mis à part le gros livre style pop-up qui sert pour raconter une histoire loufoque d’un ver de terre et d’un poisson, traduit en allemand par Jean-Michel Girouard. À cela, on ajoute des éclairages sporadiques qui servent parfois le jeu, pour surprendre ou suivre l’action. Et on crée l’action dans une autre époque, avec des costumes des années 20, pour nous remettre dans le contexte du temps où l’auteur de ces textes a existé? On ne saurait dire, mais c’est tout de même assez drôle de les voir ainsi vêtus, jouer des scènes tantôt dramatiques, tantôt farfelues, et de ne rien vraiment comprendre à ces manifestations langagières.

Vicky Bertrand, Marc Auger Gosselin, Jean-Michel Girouard, Anne-Marie Jean, Maxime Robin, Julie Lespérance et Mélissa Bolduc

Le but ultime de ce regroupement du CAC est de garder en vie l’esprit de ce mouvement en présentant au moins une manifestation merZienne par année?

Pour la 10e année, en 2018,le CAC voudrait produire un spectacle avec tous ceux qui auront participé à au moins une manifestation MerZienne au fil des ans.

Voici la chronologie du projet merZ à date :

2009 : Création de merZsonaTe, Production de la Troupe des Treize de l’Université Laval. Présentation du merZ de rue au Vieux-Port de Québec, coproduit par Marie-Stella

2010 : Présentation d’extraits de merZsonaTe au Musée National des Beaux-Arts du Québec dans le cadre de la Nuit de la Création. Puis, le merZonaTe (nouvelle version) présenté à l’Éxpo-Théâtre de la Visitation.

2011 : Mise en lecture de poèmes et courts textes de Schwitters présentée à Premier Acte.

2012 : Le Bain de merZ à la piscine du Centre Lucien-Borne.

2013 : merZsonaTe sera présenté dans le cadre de la saison 2012-2013 de Premier Acte, Du 19 février au 2 mars 2013

MerZsonaTe est présenté jusqu’au 2 mars à Premier Acte.

Billet: 18 $ à 24 $ (plus frais d’administration)

Téléphone:  418 643-8131

 

Représentations à 20h

Sauf le dernier samedi, 15h

Relâche les dimanches et lundis

Production :      Le Club pour l’Amélioration de la Culture

Texte   Kurt Schwitters

Mise en scène : Philippe Savard

Assistance à la mise en scène   Véronique Morin

Scénographie :  Sonia Pagé

Lumière, régie et graphisme :    Jérôme Huot

Distribution :     Marc Auger Gosselin, Vicky Bertrand, Mélissa Bolduc, Jean-Michel Girouard, Anne-Marie Jean, Julie Lespérance et Maxime Robin

 

http://www.premieracte.ca/

 

crédit photos : Gabriel Talbot Lachance Gracieuseté du Premier Acte