Anita, une fille numérotée

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Anita, une fille numérotée

Claude Jasmin, patriarche de la littérature québécoise, fait part aux lecteurs de ses regrets pour avoir mal réagi vis à vis une jeune fille dans les années cinquante au cœur d’un Québec antisémite et ultra catholique. Anita, une fille numérotée est plus qu’une histoire d’amour de jeunesse qui s’est mal terminée. Jasmin profite de cette page de son histoire personnelle pour nous décrire le Québec de l’époque et surtout nous présenter les plus importants personnages du milieu artistique de la Métropole, leurs petites luttes intestines et les grands combats qu’ils ont livrés. Notamment celui livré par les protagonistes du document intitulé Le Refus Global présenté et défendu principalement par Paul-Émile Borduas, enseignant à l’École du meuble de Montréal. Maison d’enseignement que Claude Jasmin a fréquentée en y suivant des cours en céramique.

Ce dernier ouvrage de Claude Jasmin n’est en rien un testament même si Claude Jasmin a plus de quatre-vingt ans. On y sent plutôt une joyeuse énergie de jeunesse.

Voilà un roman bien écrit et fort didactique.

 

Vous allez lire des aveux. Vous allez lire une confession. Ce récit, Jasmin l’admet volontiers, lui sert d’exutoire. L’auteur a eu besoin de se vider le coeur, longtemps après les faits. Voici un « vieil homme » qui se souvient d’un grave péché de jeunesse.
Le personnage-narrateur est amoureux fou d’Anita, une jolie blonde aux yeux bleus, étudiante en céramique avec lui à ce qui s’appelle alors l’École du meuble. Mais leur belle et lumineuse histoire d’amour va s’écraser soudainement. Lamentablement.
Anita, orpheline de mère, juive de la rue Clark à Montréal, est une réfugiée d’Auschwitz. Toute la société québécoise de ce temps, incluant l’entourage et la famille de l’amoureux transi, baigne dans l’antisémitisme ordinaire de cette époque – le sait-on assez ? Aussi, cet amour sera dénoncé, combattu, étouffé et bafoué.
Ce narrateur, c’est bien sûr Claude Jasmin lui-même, qui, en toute franchise, raconte sa honte d’aujourd’hui, ses remords. Mais l’auteur en profite également pour dépeindre, de façon très joyeuse, la bohème montréalaise des années 1950, ainsi que l’art de la céramique. Cette fresque d’une époque dynamique, celle de l’après-guerre, décrit les premiers signaux de la lente émancipation des Québécois quand, au Faisan Doré, Jacques Normand se moquait cruellement de nos pudibonderies ou que l’automatiste Claude Gauvreau, à la Hutte Suisse, lançait à tue-tête ses borborygmes fous. 

 

Claude Jasmin

 

Faut-il vraiment présenter Claude Jasmin ? Il a publié 62 ou63 livres; difficile de tenir le compte exact… Citons simplement La petite patrie, Pleure pas Germaine, La corde au cou, Éthel et le terroriste.

 

 

 

 

Nombre de pages : 185

Prix suggéré : 19,95 $

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