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Les Figures de la beauté de David Macfarlane : un roman subtil et magnifique

20 avril 2015 15 h 00 min 0 commentaire
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Auteur:

Christiane Dubreuil

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David Macfarlane Les Figures de la beauté  © photo: courtoisie

David Macfarlane Les Figures de la beauté
© photo: courtoisie

Cathcart, Ontario, juin 2009. Teresa, jeune femme de 31 ans, débarque sans prévenir dans la vie paisible et bien rangée d’Oliver Hughson, journaliste en retraite du journal local et critique artistique sur les ondes de la radio locale.  « … Je crois que je suis votre fille, dit-elle. Il regarda le joli visage de cette femme qu’il n’avait jamais vu et dont il n’avait jamais même envisagé l’existence… »
Dés lors, la vie d’Oliver va basculer. Cette rencontre, va faire remonter le temps vers son amour, vers Anna. Une sculpteure de marbre, anticonformiste, de Pietrabella près de Carrare en Toscane, le pays du marbre blanc, très pur, prisé par les plus grands sculpteurs. Une ville toute dédiée à l’Art. Une sculpteure qui croit profondément au destin et qui vit éprise de la quête du Beau sur les traces de ses célèbres prédécesseurs et notamment Michel-Ange qui a arpenté la région et qui, encore, la hante. Une sculpteure qui construit et analyse sa vie, son travail de création, comme le monde qui l’entoure et les rapports humains qui en découlent, en référence à cette quête de la Beauté et à l’opposition entre la conception de celle-ci par Michel-Ange et par Brancusi. Un amour qui n’aurait pu être qu’un amour estival. Une escapade dans la vie raisonnable du récipiendaire de la Bourse de voyage commémorative Grace P Barto, hors des chemins bien tracés par sa culture et ses modes de vie. Un amour qui fut pourtant le seul amour de sa vie mais qu’il choisit de quitter parce que comme lui annonça Anna, il était « …un dieu antique et paresseux. Il est omniscient parce qu’il est un Dieu. Mais il est paresseux. Ce qui veut dire qu’il est observateur mais peu porté à se compliquer la vie en intervenant dans les choses qu’il voit … » Ainsi  « …il pouvait retourner à Cathcart, comme s’y attendait les Hughson et les administrateurs de la bourse. Ce serait sensé. Ce serait dans l’ordre des choses. Ce serait raisonnable. Ou il pouvait comme le croyait ma mère faire quelque chose de divinement déraisonnable et imprévisible. Quelque chose de vraiment inattendu, il pouvait rester avec elle ..». Au lieu de cela il choisit de ne pas se compliquer la vie et de repartir : « …Cette nouvelle (la maladie de sa mère) en provenance de Cathcart n’amena pas Oliver à prendre une décision. Elle lui fit réaliser qu’il avait déjà décidé ce qu’il ferait… »

Les Figures de la beauté est l’histoire de cet amour qui se développe avec en toile de fond l’initiation d’Oliver par Anna au Beau, sous l’égide de Michel-Ange, du Bernin et de Brancusi. Mais ce roman, comme l’amour qu’il raconte, est aussi l’histoire du marbre de Carrare, de son extraction et de sa région qui sont au cœur du fabuleux destin qui lie ces deux êtres à travers leurs deux histoires familiales qui se réunissent. Un destin qui les a unis, sans qu’ils le sachent, bien au-delà de ces quatre seuls mois de passion et de l’existence de leur fille Teresa.

Ne cherchez pas dans ce roman subtil une narration régulière ou chronologique. Il est construit à trois voix qui se mêlent et se répondent : celle de la lettre qu’Oliver écrit à Teresa, sur sa vie, son choix de retour et son amour pour Anna. Une lettre qui répond autant à une demande de la jeune fille qu’à un conseil de son avocat alors qu’Oliver, suite à la venue de Teresa, décide de liquider ses biens et de mettre de l’ordre dans ses affaires (c’est-à-dire organiser sa succession) avant de venir en Italie revoir Anna. La voix de Teresa qui raconte sa mère autant que le récit de sa propre vie, de ses relations avec sa mère, de sa rencontre avec son père et de ce que sa mère lui a livré de son amour pour Oliver. Un récit écrit alors qu’Oliver est mort durant le voyage qui le ramenait vers la Toscane sans avoir pu revoir ni sa fille ni Anna. Celle, enfin du narrateur qui retrace l’histoire de Carrare et de sa région, des deux familles et qui tisse les fils du destin entre Anna et Oliver.

L’histoire d’amour entre Anna et Oliver se construit en même temps qu’Anna initie Oliver à la Beauté et au geste ultime de la création chez un artiste. Mais très vite on perçoit que cette initiation et leur amour, les choix que chacun d’eux fait, de leur passion, de la façon de la vivre et de s’y investir interagissent sous l’impulsion et la lecture qu’en livre Anna. Une lecture nourrie et construite à travers ses propres réflexions sur le destin et la création artistique. Ainsi, peu à peu, la relation entre Anna et Oliver et les personnalité de chacun, deviennent une allégorie des différentes approches des artistes vis à vis de leur processus de création et de la quête du Beau que celui-ci révèle.

Les Figures de la beauté est un très beau roman sur l’amour, les choix que l’on fait de sa vie, le destin entrecroisé des êtres. Il raconte aussi avec talent l’histoire de Cathcart une ville moyenne de l’Ontario comme de Pietrabella une petite ville de Toscane qui vit au rythme de sa mono industrie au service de l’Art. Deux villes toutes deux imaginaires mais pourtant si vraisemblables. Mais ce roman est aussi un écrit magnifique sur la place que l’Art occupe dans la vie des gens, artistes, marchands d’art comme propriétaires des œuvres. Un écrit tout aussi magnifique sur l’acte de créer et sur le génie qui habita les grands sculpteurs de la Renaissance et du baroque italiens et, plus tard, du début du 20ème siècle. Des lignes qui vous donnent l’envie de voir ou de revoir l’œuvre de ses grands artistes et qu’il faut absolument lire pour, enfin, mettre des mots sur ce que, souvent, l’on ressent mais sans savoir ni pouvoir l’exprimer.

David Macfarlane © Nigel Dickson

David Macfarlane © Nigel Dickson

 

David Macfarlane est né à Hamilton, il vit à Toronto et est chroniqueur au journal The Toronto Star. Son premier livre, L’Arbre du danger, acclamé par la critique anglophone, a remporté le prix de la Canadian Authors’ Association. Il était finaliste au Giller Prize avec son roman Summer Gone qui a obtenu aussi le prix du premier roman Chapters/Books Canada. David Macfarlane est également lauréat de plusieurs prix de journalisme, dont le prix du National Magazine et le National Newspaper Award Subtil et magnifique

 

 

Les Figures de la beauté
David Macfarlane
Traduit de l’anglais par Ivan Steenhout
Roman
Révision de la traduction : Sabrina Meunier et Marie-Hélèene Raoult
Photo de la couverture Max Photography/Getty Images : sculpture de le Bernin, Ange sur le pont San Angelo Rome
Maquette de la couverture : Julie Larocque
Éditions La Pleine Lune : http://www.pleinelune.qc.ca
364 pages
Version papier : ISBN 9782890244351 – 29,95 $
Version PDF : ISBN 9782890244368 – 21,99 $
Version ePub : ISBN 9782890244375 – 21,99 $

© photo: courtoisie
© photo de l’auteur : Nigel Dickson

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