Les Étinceleurs et L’Art de la fugue, l’occasion d’applaudir des artistes de grand talent à la Tohu à Montréal

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Nicole Faubert dans un numéro d'équilibre
Les Étinceleurs, © Roland Lorente

Les deux spectacles des finissants de l’École nationale du cirque de Montréal raviront les amateurs de cirque et feront changer d’avis ceux qui pensent ne pas apprécier cette forme d’art. Les productions annuelles de l’ENC, qui rendent compte de la formation supérieure de ces jeunes artistes circassiens, attirent chaque année quelque 15 000 spectateurs parmi lesquels figurent des producteurs et des professionnels du monde entier, voire de futurs employeurs pour les finissants de l’école.

Car depuis 1981, l’École nationale du cirque de Montréal forme les artistes qui se produisent sur les meilleures scènes internationales, des artistes complets, polyvalents, aussi à l’aise dans les acrobaties au sol et aériennes que dans les spécialités qu’ils ont choisies et qui peuvent aller de la jonglerie à la contorsion en passant par le trapèze, la corde ou les sangles rebondissantes, sans oublier l’indispensable art clownesque. Ils semblent savoir tout faire en matière de danse et d’arts de la scène, mais sont particulièrement impressionnants dans leur domaine de prédilection, celui pour lequel on a du mal à imaginer combien de centaines heures, quels efforts et quelle discipline de vie il leur a fallu pour parvenir à une telle maîtrise. Leurs performances, souvent dangereuses, sont à couper le souffle, leurs prouesses, leurs forces et leur flexibilité absolument incroyables.

Mais ce qui ajoute au plaisir de ces deux spectacles, c’est le souffle d’une poésie bien particulière, celle de l’enfance et d’une certaine innocence. L’art du cirque renvoie indéniablement à l’enfance. C’est un art pour les enfants et pour les adultes restés enfants. Les artistes eux-mêmes sont à n’en pas douter restés de grands enfants. L’image du cube – sorte de jeu de construction élémentaire – domine le spectacle des Étinceleurs. Cubes blancs ou noirs, lumineux ou sombres, vides ou pleins, ils apparaissent ou disparaissent et servent de multiples manières aux artistes dont certains ont un cube noir à la place du visage. Deux clowns se démènent maladroitement avec ces cubes que les autres utilisent pour leurs acrobaties. Ils interviennent ponctuellement dans les intermèdes de spectacle pour lui donner un lien. Dans L’Art de la fugue, sur fond de musique de Bach, c’est le thème de la chaise qui est privilégié. Les chaises blanches sont grandes ou très petites et s’intègrent à toute la mise en scène acrobatique entre le Clavier bien tempéré et les Variations Goldberg. Le clown de ce deuxième spectacle – solitaire, mais qui finit par se trouver un ami – mérite le déplacement à lui tout seul. Pendant 90 minutes sans entracte pour chacune des deux soirées, le spectateur est tenu en haleine et ne voit pas le temps passer.

Rachel Salzman à la roue Cyr
L’Art de la fugue, © Roland Lorente

Et comme cadeaux non négligeables offerts aux spectateurs arrivés un peu tôt, il y a, non seulement deux très belles expositions à admirer, (l’une dans le hall et l’autre dans l’accès à la salle de spectacle circulaire de 900 places), mais aussi un autre spectacle donné chaque soir dans le hall où l’on retire ses places. Le spectateur se retrouve alors au milieu d’une bande d’artistes délirants et fantasques qui, au rythme de musiques bien choisies et de numéros très comiques, le mettent en bouche pour ce qui suit. Ainsi, pour à peine davantage que le prix d’une entrée au cinéma, le spectateur ressort plein d’admiration pour les numéros proposés et la tête remplie de belles images poétiques.

Les Étinceleurs et L’Art de la fugue, deux spectacles à ne pas manquer à la Tohu de Montréal, du 26 mai au 7 juin 2015.

Les Étinceleurs, création de Johanne Madore, conception Pierre-Luc Boudreau, Éric Forget, Julie Lachance, Stéphane Ménigot, Michael Slack, avec Arthur Morel Van-Hyfte (trapèze danse), Alexie Mathieu-Langevin (mât chinois), Benjamin Courtenay (sangles aériennes), Jérémy Vitupier et Antonin Wicky (duo clown), Olivier Belzile (diabolo), Selene Ballesteros-Minguer (corde lisse), Patrick Tobin (fil de fer), Nicole Faubert (équilibre), Thula Martin (cerceau), Marilou Verschelden (roue allemande), Ronan Duée et Dorian Lechaux (duo main à main et monocycle), Guillaume Paquin (corde lisse), …

L’Art de la fugue, création de Hélène Blackburn, conception Pierre-Luc Boudreau, Éric Forget, Marie-Josée Gauthier, Stéphane Ménigot, Michael Slack, avec Baptiste Clerc (mât chinois), Ezra Weill (corde lisse), Tatiana Weltzien-Straathof (équilibre), Charlie Mach (chaise acrobatique), Eivind Overland (trapèze fixe), Fabian Galouÿe (diabolo), Korri Singh Aulakh (trapèze ballant), Charles-Éric Bouchard (corde lisse), Hugo Duquette (trapèze danse), Rachel Salzman (roue Cyr), Aaron Marquise (clown), Jason Brugger (sangles aériennes), Enya White (trapèze danse), …

Informations http://tohu.ca/fr/

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