Une nuit, je dormirai seule dans la forêt de Pascale Wilhelmy

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Une nuit, je dormirai seule dans la forêt
Une nuit, je dormirai seule dans la forêt

Pascale Wilhelmy vient de publier son troisième roman, Une nuit, je dormirai seule dans la forêt, et moi, je viens de découvrir une plume délicate et d’une extrême sensibilité, en cette auteure qui m’a totalement chamboulée et émue. Elle est un de mes coups de cœur de cette année assurément!

Depuis ses cinq ans, Emma a peur de tout. Des chiens, des éclairs, de grimper aux arbres, du noir, des clowns… et des mains poilues. Pourquoi ? Elle a juré de ne rien dire.
Un soir d’orage, paralysée, elle se fait une promesse : vaincre ce qui l’effraie. Briser son grand secret. Une nuit, elle ira dormir seule dans la forêt, au cœur de tous les dangers. Et si elle survit, si un loup ne l’attaque pas, si un ours ne la scalpe pas, elle en reviendra victorieuse. Pour une fois.
Avec la sensibilité et le style qu’on lui connaît, Pascale Wilhelmy nous transporte dans l’univers d’Emma et de cette expédition qui la mènera à l’origine de ses peurs. Et surtout droit devant, vers un avenir plus léger, plein de promesses.
Une histoire d’émancipation, de libération.

Un livre de seulement 175 pages, mais dont chaque mot semble avoir été particulièrement bien choisi pour attirer l’attention du lecteur et le maintenir suspendu aux lèvres de cette narratrice Emma, qui livre peu à peu ses secrets, à mesure qu’elle tente de vaincre ses peurs.  Une seule journée que j’ai passée avec ce roman, tellement j’ai été complètement absorbée et touchée par cette jeune femme courageuse, qui a tiré le mauvais numéro le jour de sa naissance et dont l’enfance exécrable lui a valu plusieurs années à vouloir se cacher, à se découvrir des peurs, à se créer des armures de défenses. On retrouve cette femme au moment où elle en a assez d’avoir peur et préfèrerais en finir tout de suite, plutôt que de mourir à petit feu. Elle décide alors d’affronter ses peurs un à un, pour éventuellement se libérer de son passé torturé.

Pascale le dit elle-même à la fin du roman, « J’ai peur, encore, des chiens, des hauteurs, de la vitesse. Ça n’a rien à voir avec l’enfance, la mienne a été douce. Pourtant, j’ai trop longtemps redouté le regard des autres. » Ainsi, même si elle n’a pas vécu les horreurs de son personnage principal, Pascale a su bien présenter ce personnage de manière totalement réaliste, avec ses séquelles, ses émotions, ses réactions que l’on peut évidemment comprendre vu ce qui lui est arrivé. Elle a une très bonne compréhension de la nature humaine et de ses mécanismes de défense. De plus, petit à petit, cette écrivaine fait découvrir aux lecteurs ce qu’a été l’enfance d’Emma. Elle nous ménage en amenant les événements progressivement, avec des mots soigneusement choisis qui sont presque poétiques, malgré la teneur de ce que ces mots représentent. Et à travers ces mots, on y retrouve aussi les émotions ressenties par cette enfant.

Extrait : «J’aurais voulu les voir devant l’homme de la maison qu’ils aiment. Qui rend votre tante heureuse. Qui vous permet de passer des Noëls joyeux, comblés. De rire malgré le pire, parce qu’au fond de vous il y a cette petite voix qui vous susurre, en vous léchant presque l’oreille. Cette brise humide qui vous murmure : «Je sais que ce n’est pas bien. Mais si c’est le prix à payer pour que rien ne bouge, que rien ne change, que l’on vive, comme un semblant de famille, je l’accepte. Je le veux». Ça Xavier, c’est du courage. Surtout pour une enfant qui n’a plus de parents. Tu comprends maintenant pourquoi j’évite les hauteurs ? Je redoute que ma jupe se soulève. Qu’on entrevoie ma petite culotte. Qui sent trop bon. Qu’il hume en fermant les yeux. – C’est le secret. Personne ne doit le savoir. »

 Cela m’a atteint en plein cœur!!  On peut dire que Pascale Wilhelmy est une grande écrivaine et désormais, je serai à l’affut de tout ce qu’elle pourra écrire. Je lui souhaite une longue vie d’écriture pour notre plus grand bonheur.

Pascale Wilhelmy
Pascale Wilhelmy

Pascale Wilhelmy est bien présente dans le paysage culturel québécois depuis de nombreuses années, à la télévision et à la radio. Son premier roman, Où vont les guêpes quand il fait froid ?, a été finaliste au Grand Prix littéraire Archambault 2015. Avec Une nuit, je dormirai seule dans la forêt, elle nous offre son troisième ouvrage après Ces mains sont faites pour aimer paru en 2014. Elle se consacre à plusieurs projets, dont l’écriture d’un quatrième roman.

Date de parution : septembre 2015
Nombre de pages : 176 pages
Prix 22,95 $

Édition Libre Expression

http://www.editions-libreexpression.com/