Il n’est pas toujours facile de trouver une heure de tranquillité…

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Une heure de tranquillité © Caroline Laberge
Une heure de tranquillité © Caroline Laberge

Une heure de tranquillité, c’est tout ce à quoi aspire le héros de la pièce écrite par Florian Zeller et proposée au théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 6 février 2016. Pour le spectateur, c’est une heure trente de plaisir, de sourires et de rires… Un divertissement idéal pour le temps des fêtes.

Michel est un homme comblé ou presque. La cinquantaine, il n’a pas de problème d’argent et vit entouré de Nathalie, sa femme, d’Isabelle, sa maîtresse, et de Pierre, son ami de toujours. Sans doute son fils Sébastien est-il susceptible de lui donner quelques soucis, mais il prend les choses du bon côté. Et en ce samedi ensoleillé, la journée a débuté sous de très bons auspices. Michel qui est un passionné de jazz, vient en effet de dénicher chez un obscur brocanteur, le disque vinyle 33 tours introuvable dans son édition originale de 1938 et dont il rêve depuis toujours. Qu’on lui laisse juste une petite heure pour l’écouter confortablement installé dans sa salle de séjour tapissée de bois et ornée de son immense discothèque, et il sera un homme parfaitement heureux.

Mais les choses se passent rarement comme on le prévoit. Et pour Michel ce sera le pire… Entre sa femme qui a besoin de lui parler de ses problèmes existentiels, sa maîtresse qui ne supporte plus le mensonge, un ouvrier engagé pour de menus travaux mais qui détruit plus qu’il ne répare et le voisin plutôt collant, Michel non seulement ne pourra pas trouver cette heure de calme et de tranquillité qu’il se destinait à lui-même, mais il va voir tout l’édifice apparemment bien bâti de sa vie s’effondrer d’un seul coup.

La pièce est une comédie très bien construite avec de beaux dialogues et une action qui va crescendo ; du théâtre de boulevard intelligent qui, dans toute cette folie concentrée en une courte période de temps sur scène, renvoie à des situations finalement très concrètes et des plus réalistes.

Une heure de tranquillité © Caroline Laberge
Une heure de tranquillité © Caroline Laberge

Roger La Rue qui interprète le rôle de Michel impose un ton à l’ensemble qui est très réussi. Le personnage est totalement crédible, ce qui ne va pas de soi. Mais il le fait ressembler à tout un chacun dans son narcissisme débonnaire. Le titre du disque qu’il veut à tout prix écouter en dit d’ailleurs long sur ce point puisqu’il s’intitule tout simplement : Me, Myself and I… Or Michel n’est pas pire que tous les autres protagonistes qui font montrent chacun à leur manière du même genre d’égoïsme. Il en résulte une belle petite folie ordinaire où seules les apparences comptent, et encore.

Les décors de la pièce sont très beaux. Les couleurs des costumes des acteurs bien choisies. Tous les protagonistes sont à la fois caricaturaux et ressemblent à de vraies personnes qu’on a tous un jour ou l’autre croisé. Vu du côté de Michel, son fils est particulièrement coloré, l’ouvrier menteur et pire qu’incompétent, le voisin pénible à souhait, sa maîtresse encombrante comme il se doit, son épouse dépressive mais indispensable à son équilibre et son ami fidèle, pas si fidèle que cela, finalement. Mais Michel garde le cap. Malgré tous les obstacles, ce qu’il veut c’est écouter son disque. Son disque, Me, Myself and I, un point c’est tout. Le reste peut attendre…

Une heure de tranquillité au théâtre Jean-Duceppe à Montréal, du 16 décembre 2015 au 6 février 2016

Avec : Roger La Rue : Michel; Bobby Beshro : Antonio; Josée Deschênes : Nathalie; Mireille Deyglun : Isabelle; Laurent Duceppe : Sébastien; Stéphane Jacques : Pierre;
Antoine Vézina : Léo

Décor et accessoires : Normand Blais
Costumes : François Barbeau
Éclairages : Luc Prairie
Musique : Christian Thomas

Informations : http://duceppe.com/piece/une-heure-de-tranquillite

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