Farö, le premier roman de Marie-Christine Boyer

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Farö
Farö

Bien qu’elle œuvre dans le domaine de l’écriture depuis une trentaine d’années, Marie-Christine Boyer signe ici son premier roman, avec Farö. Un roman d’atmosphère, un roman d’émotion, un roman de description poétique, à lire doucement et lentement, pour en apprécier toutes les nuances, les couleurs, le rythme. 

Résumé

Farö est l’histoire d’un homme qui s’est retiré du monde et qui, presque malgré lui, devra sortir de l’isolement dans lequel il a vécu pendant plusieurs années. Amorcé par une rencontre, le retour à la vie se fait progressivement et l’amène à faire un choix inattendu.

Bien que cela se passe dans une Scandinavie imaginaire, sur une île dont les gens ont peu à peu désertés, on a souvent l’impression, à la lecture de ces magnifiques descriptions, de se retrouver sur aux abords de nos paysages maritimes nord-américains. On dirait une Ile d’Anticosti d’époque désertée, une île où les marées et tempêtes empêchent souvent les bateaux de se rendre pour amener des provisions et des nouvelles des gens de la ville.

Marie-Christine Boyer a une plume divine! Chaque mot est bien pensé, semble être à sa place, dans ces descriptions sublimes pour notre imaginaire. Voici un extrait :
Dans le froid du petit matin, Farö marche sur le sentier qui le conduit à la mer, sa veste de toile serrée contre lui. Avec le jour, le vent se lève et fait glisser des nuages sombres au-dessus de sa tête. Par endroits, le brouillard découvre une lande de genêts et de bruyères qui s’obstinent à pousser malgré le sel et le froid, sept mois sur douze.
Il y a quelques années, l’île était encore habitée par des pêcheurs. Quand le gardien du phare est parti, la petite communauté a suivi. Les maisons du village tombent maintenant en ruine. Le phare éclaire toujours la côte : deux brèves, une longue. La corne de brume hurle pendant tout l’hiver, parfois même certaines nuits d’été. À la suite d’un naufrage au nord de l’île, les dernières familles ont déménagé vers le continent, Farö, lui, a fait le voyage inverse. 

L’histoire que nous raconte Marie-Christine, celle de Farö et de cette île, par le fait même, nous émeut profondément. On voudrait qu’elle existe, pour qu’on puisse s’y rendre nous aussi et voir de nos yeux, ce que l’on ressent à la lecture de ce livre. On s’attache à cet homme aussi, même s’il est un grand solitaire, on souhaite pour lui qu’il terminera sa vie entourée de gens qui l’aime et qu’il aime.

Longue vie à Marie-Christine Boyer comme écrivaine. Ce roman est un vrai petit bijou.

Marie-Christine Boyer
Marie-Christine Boyer

Venue d’Europe dans les années 1970, Marie-Christine Boyer œuvre dans le domaine de l’écriture depuis une vingtaine d’années : auteure de nouvelles et de textes de fiction, d’articles, scénarios et de documents de vulgarisation scientifique, elle a également donné des ateliers d’écriture dans différentes bibliothèques de la région de Québec. Particulièrement consciente des bienfaits de la création par l’écrit, elle a adapté ces ateliers pour des personnes en fin de vie à la Maison Michel- Sarrazin, leur donnant la possibilité de prendre part à la parution de recueils collectifs de textes.

Farö est son premier roman.

Prix 22 $

138 pages

Édition Triptyque

http://www.triptyque.qc.ca/

 crédit photo : Danielle Giguère