Série d’entrevues au SILQ, édition 2016 : Catherine Girard-Audet, Pierre-Yves Villeneuve et Marie-Ève Dion me parlent de la littérature jeunesse!

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Catherine Girard-Audet, qui était l’invitée d’honneur du Salon, le 14 avril dernier
Catherine Girard-Audet, qui était l’invitée d’honneur du Salon, le 14 avril dernier

Le salon international du Livre de Québec se déroule du 13 au 17 avril 2016.  C’est l’endroit idéal pour une sortie en famille et faire découvrir à nos jeunes le goût de la lecture et les faire rencontrer leurs auteurs favoris. J’en ai profité pour rencontrer certains auteurs qui écrivent des romans jeunesse, dont Marie-Ève Dion qui publie des romans fantastiques contemporains et Pierre-Yves Villeneuve qui s’est lancé le défi d’écrire une série de livres autour du thème des jeux vidéos, Gamer! 

Mais d’abord, j’ai rencontré, Catherine Girard-Audet, qui était l’invitée d’honneur du Salon, le 14 avril dernier. C’est une auteure jeunesse originaire de Québec qui a vendu plus de 700 000 exemplaires de sa série La vie compliquée de Léa Olivier (21 pays, 5 langues).

Catherine Girard-Audet
Catherine Girard-Audet

Vous êtes l’invité d’honneur en ce 14 avril, au Salon du livre de Québec. Cela représente quoi pour vous? «C’est tout un honneur pour moi d’être une invitée d’honneur (C’est redondant, je le sais).  Mais en plus, de l’être au Salon du livre de Québec, d’où je viens, dans ma patrie d’origine, cela a une valeur encore plus particulière pour moi. Il y a une valeur sentimentale ajoutée.»

À date vous avez participé à quelques tables rondes et autres activités d’auteurs au salon. C’est épuisant d’être aussi sollicité? ou au contraire c’est stimulant? « J’ai eu une journée de fous honnêtement. C’est très stimulant. On est sur l’adrénaline toute la journée. Mais surtout, je veux en profiter au maximum de ce moment-là. Et cela passe trop vite! »

Vous avez fait plein de projets en lien avec les jeunes. Le populaire L’ABC des filles en 2008, un guide indispensable pour les adolescentes qui est publié annuellement en version améliorée chaque année. Vous avez aussi la série La vie compliquée de Léa Olivier, et la bande dessinée aussi du même nom. Qu’est-ce qui vous attire justement d’écrire pour les jeunes?« J’ai commencé à travailler en faisant de la traduction littéraire pour les jeunes, avec Dora, Bob, etc. et j’ai comme eu la piqure d’écrire pour eux. Alors, j’ai mis ma plume au service de la littérature jeunesse. J’ai commencé avec L’ABC des filles et puis j’ai eu l’impression alors de trouver ma voie. J’ai déjà écrit un collectif pour adultes et j’ai trouvé beaucoup plus difficile d’écrire pour les gens de mon âge. Tandis que pour les jeunes, je ne sais pas si c’est plus facile parce que j’ai du recul par rapport à la jeunesse ou tout simplement parce que je suis une éternelle adolescente. C’est ma niche, je ne manque jamais d’idée et c’est naturel pour moi.»

Avec la série La vie compliquée de Léa Olivier au départ en écrivant le premier tome, est-ce que vous vous attendiez à autant de succès? Et il y a combien de tomes de prévus? « Non je ne m’attendais pas à autant de succès. Une belle surprise en fait! Et autant de tomes non plus. C’était vague au départ le nombre de tomes que j’écrirais. Et là, après 8 tomes, je me dis qu’il en faut encore, je ne peux pas arrêter au moment où elle débute son secondaire V. D’année en année, j’ajoute des tomes. Tant que les jeunes veulent les lire, moi j’ai plein d’idées. Pour l’instant, il y a encore au moins 4 autres livres, autant tomes ou hors série, c’est-à-dire  des dérivés avec des personnages secondaires que je mets en évidence dans un livre comme La vie (tout aussi) compliquée de Marilou Bernier qui va sortir dans 3 semaines.  »  

 Il y a aussi la bande dessinée pour le tome 1 et 2 qui sont sortis je crois. C’est une belle nouveauté pour donner une autre vie à cette histoire non? Est-ce que tous les tomes du roman seront adaptés aussi en bande dessinée? «L’idée de base est que justement tous les romans soient adaptés en bande dessinée. Mais c’est beaucoup plus long faire une bande dessinée qu’un roman. Donc, ce qu’on pense faire à partir du 4e, c’est peut-être faire de plus grands albums pour joindre deux romans ensemble. Mais au final, ils seront tous appâtés. Ce sont des Belges (les bédéistes belges Didier Alcante et Ludowick Borecki ) qui travaillent sur ce projet avec moi. J’ai donc l’impression de travailler avec des gens qui s’y connaissent beaucoup en bande dessinée.»

Avez-vous un rituel d’écriture? «Je suis quelqu’un qui écrit de jour. De 10 h à 15 h environ. Et je me fixe des objectifs à atteindre si possible dans la journée. J’écris dans mon bureau et j’ai besoin de silence. Et pour le plan, eh bien, j’aimerais dire que j’en suis un, mais en fait c’est plutôt des idées que j’ai en tête. J’ai mon point de départ, et mon punch bien souvent, mais comment j’arrive de A à Z, j’aime bien être surprise moi-même au fur et à mesure que j’écris.»

Lien vers mon appréciation du tome 1 du roman jeunesse La vie Compliquée de Léa Olivier «Perdue» en bande-dessinée

http://info-culture.biz/2014/11/24/la-bande-dessinee-la-vie-compliquee-de-lea-olivier-perdue-de-catherine-girard-audet/#.VvmFm9LhDvY

 Pierre-Yves Villeneuve
Pierre-Yves Villeneuve

Pierre-Yves Villeneuve présente une nouvelle série de livres jeunesse, avec pour thème les jeux vidéos dans Gamer t.1 Nouveau Port et le tome 2 Dans l’arêne sorti le 31 mars dernier (édition les malins)

Qu’est-ce qui vous a donné le goût de vous lancer dans l’écriture de roman jeunesse, mais surtout une série de livres traitant des jeux vidéos comme histoire de fond? «C’est parti d’une entrevue que j’ai entendue à la radio, de Stéphanie Harvey qui est cinq fois championne du monde du jeu vidéo Counter Strike. Et c’est là que j’ai eu l’idée de faire le parcours de jeunes gamers. Et tout de suite, j’ai eu plusieurs idées en tête sur ce qui pourrait leur arriver. Et comme il n’y avait rien d’autre sur le marché littéraire québécois sur le gaming, le jeu vidéo, j’ai décidé de lancer cette série. »

Cela doit être tout un défi que d’écrire ces scènes de jeux vidéos et que ce soit si réaliste? « Oui, vraiment. Je suis un ancien gamer. Je jouais étant jeune aux premières consoles Nintendo, Sega … Et maintenant, je n’ai pas de console, car je suis trop accro. Je pourrais y perdre mes soirées. Donc, j’ai choisi de faire mes recherches, en regardant les autres jouer.J’ai trouvé sur internet des canaux spécialisés comme youtube gaming et on peut regarder les gens jouer et même voir une compilation des meilleurs mouvements, tirs, etc.. Aussi, je m’informe sur ce qui s’en vient comme nouveauté. Pour décrire les scènes de jeu vidéo, je dois faire en sorte que le lecteur entre dans le jeu, mais en donnant l’impression que la personne est vraiment là en arrière de son écran de jeu.»

 Vous avez publié 2 tomes en quelques semaines déjà, pour créer un engouement, une dépendance. Avez-vous déjà toutes les idées en générales pour la série au complet et du dénouement final? « J’ai une grande ligne directrice, où je veux envoyer mes personnages. J’ai déjà plusieurs tomes pour lesquels je sais où je m’en vais de façon générale. L’important pour moi c’est d’avoir une évolution autant pour Lauriane et sa gang, que l’évolution du jeu. Le jeu est un personnage en soit, et il ne doit pas reste statique. La ligue des mercenaires doit grandir. Dans le premier on attend l’extension. À la fin du deuxième, un des punchs c’est qu’on apprend que quelque chose d’autre s’en vient. Et le jeu va continuer d’évoluer à travers les tomes.»

 Combien prévoyez-vous de tomes au total? «Personne ne le sait vraiment pour l’instant. Ça va dépendre de la réaction du public, qui est très bonne présentement, mais on ne sait jamais si ça va continuer ou non. Aussi, il faut que je continue d’avoir de bonnes idées et du plaisir à l’écrire. Et les tomes devraient sortir 2 fois par années. Donc le tome 3 pourrait sortir à l’automne. »

 Avez-vous un rituel d’écriture? « C’est du travail à temps plein. Bien que je sois quelqu’un qui est plus créatif le soir, je me lève le matin et même si je perds un peu mon temps, je vais voir les nouvelles, je cherche des articles sur mon sujet du jeu vidéo, des blagues que je pourrais ajouter à mon histoire. Mais l’écriture en tant que telle, ne viendra pas vraiment avant la fin de l’avant-midi, en après-midi et en soirée, très tard parfois. Je mets ma musique et je m’isole dans ma bulle. La musique m’aide beaucoup à recréer l’état d’esprit nécessaire pour construire mes scènes. Donc, pour certaines scènes de jeu vidéo, parfois je vais chercher une trame sonore de film, qui je sais, aura le bon beat et l’émotion que je recherche. » 

Lien vers mon appréciation de Gamer tome 1 :

http://info-culture.biz/2016/02/09/gamer-tome-1-nouveau-port-de-pierre-yves-villeneuve-en-librairie/#.Vvk0C9LhDvY

Lien vers mon appréciation de Gamer tome 2 :

: http://info-culture.biz/2016/04/01/gamer-tome-2-dans-larene/#.VwOjwWf2bcs

 

Marie-Ève Dion,
Marie-Ève Dion,

Marie-Ève Dion, tu as écrit plusieurs romans jeunesse, parle-moi un peu de cette série de livres Traqueurs Inc.. «En gros c’est l’histoire d’une fille qui s’appelle Remyelle, qui, elle et ses frères ont comme travail de chasser des créatures surnaturelles (Les esprits frappeurs, les loups-garous, les vampires). Ils ont commencé ce métier, après la mort de leurs parents, dans un accident qui leur a toujours semblé louche. Et en faisant des recherches, ils ont trouvé que c’était un démon qui l’avait provoqué. Dans les deux premiers tomes, ils essaient de trouver ce démon, pour se venger et aussi l’arrêter puisqu’il est une menace. À cela, on ajoute Remyelle qui tente de gérer sa relation amoureuse avec son copain, alors que ses deux frères stupides aiment bien nuire à sa relation. Le troisième tome se passe 14 ans après le tome 2. Et c’est suite à la pression d’une amie que j’ai finalement écrit ce troisième livre.»

Et c’est destiné à quel public? « Au départ en l’écrivant, je visais les jeunes adultes, 15 ans et plus. Mais lorsqu’il est sorti, j’ai vu que j’avais des lecteurs de 10, 12, 14 ans, aussi bien que des lecteurs de 90 ans.C’est un style d’écriture qui est très rapide. Il y a beaucoup d’action et peu de temps mort. Souvent les garçons aiment ça à cause de ça. Et les filles souvent c’est l’histoire d’amour qui les attire. »

 

Pourquoi avoir voulu écrire dans ce style? « Au Québec, le fantastique contemporain, il n’y en a pas tant que ça. Alors, c’était intéressant d’essayer. Ensuite, j’ai eu l’idée d’écrire cette série-là, après avoir lu du fantastique contemporain justement. J’ai donc décidé de tenter le style aussi.»

Et là tu écris autre chose?«Oui je suis en train d’écrire une autre série fantastique contemporaine, dans le même univers que celui que je viens de faire. Il va aborder un peu plus le monde des démons que le monde des humains. »

Voici le lien vers mon article précédent qui parle des livres que j’ai bien aimés dans la dernière année, des auteurs présents au Salon du livre de Québec 2016 : http://info-culture.biz/2016/04/12/salon-international-du-livre-de-quebec/#.VxDaGNThDvY

Et mes entrevues avec divers autres auteurs au Salon du livre :

http://info-culture.biz/2016/04/15/entrevues-au-silq-edition-2016-essais/#.VxGuj9J_Oko

http://info-culture.biz/2016/04/15/entrevues-au-silq-edition-2016-louise-portal/#.VxGy0NJ_Oko

http://info-culture.biz/2016/04/16/entrevues-au-silq-edition-2016-premier-roman/#.VxIrV9J_Oko

http://info-culture.biz/2016/04/17/entrevues-au-silq-edition-2016-auteurs-chevronnes/#.VxQsitThDvY

 

Pour la galerie de photos du Salon : https://www.flickr.com/photos/infoculturephotos/albums/72157667078137651

Bon salon à tous et bonne lecture !

http://www.silq.ca/

Crédit photos : Réjeanne Bouchard