Série d’entrevues au SILQ, édition 2016 : Des auteurs chevronnés me parlent de leur processus de création et de leur nouveauté en librairie ou à venir!

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Alexandra Larochelle
Alexandra Larochelle

Le salon international du Livre de Québec qui s’est déroulé du 13 au 17 avril 2016, m’a permis de  rencontrer quelques auteurs prolifiques pour connaître leur processus d’écriture ainsi que d’en savoir plus sur leurs nouveautés. Nathalie Roy me parle de son nouveau livre qui sortira en mai prochain. Sonia Alain me raconte l’écriture de son premier livre à savoir érotique et je m’entretiens avec Marie Potvin sur sa capacité à écrire plusieurs livres de front, autant grand public que jeunesse.  Mais tout d’abord, un visage familier en littérature jeunesse fait le saut en littérature grand public, avec son premier roman après un long hiatus, histoire qu’elle termine ses études.

 Alexandra Larochelle qui fait un retour après 10 ans avec Des papillons pis de la gravité(Libre Expression). Un coup de cœur pour moi que ce roman et une belle découverte d’une écrivaine qui fait maintenant partie de mon top 10 de mes auteurs favoris!

Tu avais écrit une série jeunesse Au-delà de l’univers, alors que tu avais à peine 10 ou 11 ans. Pourquoi avoir arrêté ensuite et pourquoi recommencer à nouveau pour notre plus grand plaisir? «Je n’avais pas arrêté d’écrire comme tel, mais j’ai plutôt arrêté de publier vers l’âge de 14 ans, et là j’ai terminé mon secondaire, où j’ai étudié en cinéma au CEGEP, et j’ai appris à écrire des scénarios pour des courts-métrages et de la pub. Et j’ai adoré ça, si bien que c’est une carrière que j’aimerais faire, le cinéma ou la pub. Ensuite, j’ai fait mon bac en communication. À ce moment-là, je ne pensais plus écrire de romans dans ma vie. Mais le personnage de Fred a germé en moi tranquillement et pendant 2 ans j’ai écrit à temps perdu, sans nécessairement vouloir le publier. Puis un jour j’étais fier de ce que j’avais écrit et j’ai voulu le partager. »

Le personnage de Fred de ton livre, il est inspiré de toi? « C’est sûr, on écrit sur ce qu’on connaît, alors forcément, il y a de moi dans Fred. Au niveau des histoires racontées, ce n’est pas moi tant que ça, ce ne sont pas mes histoires, mes ex non plus. Mais au niveau du ressenti, des émotions, des réactions de Fred face à certaines situations, c’est bien moi. Lorsque Fred perd la tête, deviens dysfonctionnelle, c’est vraiment moi. »

Tu as un humour si fin qui fait éclater de rire en te lisant.  Est-ce possible de penser que tu pourrais écrire pour des émissions humoristiques, des humoristes? « Oui, j’adorerais ça. Présentement, je suis scénariste depuis peu pour une émission de télé pour enfants. Et il y a beaucoup d’humour dans ça. Mais aussi écrire pour l’humour, la scène, j’adorerais ça.»

Quand aurons-nous le bonheur de lire la suite de ton roman? « Il sortira en septembre.  Et j’ai aussi un autre projet que je commence à rédiger en ce moment. Mais ce sera quelque chose de complètement différent de ces deux livres. »

Voici mon appréciation de son dernier roman.

http://info-culture.biz/2015/11/08/des-papillons-pis-de-la-gravite-dalexandra-larochelle/#.Vvkcj9LhDvY

 

Sonia Alain
Sonia Alain

Sonia Alain auteure des livres Les gardiens des portes ( AdA) une série fantastique en plusieurs tomes et Annabel et Max adultes consentants (les Éditeurs réunis) un thriller érotique, à la fois terrorisant et affriolant.

Vous avez écrit dans le style roman historique et aussi série fantastique, avec cette série de livres très populaire les gardiens des portes. Et là vous avez décidé de changer de style pour y aller avec un thriller érotique. C’est plutôt rare. Pourquoi vous lancer dans ce nouveau style?« En fait, c’est une commande que j’ai eue. Les éditeurs Réunis avaient publié ma romance historique et comme dans mes romans j’ai toujours un volet érotique, ils ont pensé à moi pour écrire ce projet de roman érotique. Alors, c’était tout nouveau pour moi de partir d’une ligne directrice, un synopsis et même le titre du livre.  J’ai donc eu à bâtir l’histoire et broder autour du synopsis. C’était un challenge que j’ai accepté. Et au fil de l’histoire que j’ai racontée, je me suis laissée transporter par ces personnages et j’ai complètement dévié du volet initial qu’on m’avait demandé. J’ai suivi l’instinct de mes personnages et c’est là qu’ils m’ont amené. Alors, c’est pour ça que le côté thriller, policier est plus présent que prévu dans ce roman. »  

 Et ce fut difficile? « C’était tout un défi que de partir d’une histoire qu’on a pas d’abord mijoté nous-mêmes. Mais j’avais un double défi aussi, car c’était un roman contemporain, sans portion fantastique, ni historique. Alors, je suis sortie de ma zone de confort pas mal. Et j’ai eu à pousser le volet érotique assez loin pour l’amener du côté assez dark, c’était tout un défi. Au final, j’ai bien aimé faire ça. C’est un autre genre que je pourrai me permettre d’écrire ultérieurement j’imagine. »

Où trouvez-vous l’inspiration pour vos romans en général? « Je suis une personne très passionnée par l’histoire, le moyen âge, les civilisations. J’ai toujours aimé lire des romans sur ces sujets-là. J’aime beaucoup aussi les mythes, les légendes, le mystère, alors comme ça me passionne, cela allait de soit que je me lance dans l’écriture de ce genre-là. Donc, je m’inspire de tout ce que je lis. »

Les gardiens des portes
Les gardiens des portes

Parle-moi de ta série Les gardiens des portes. Est-ce que tu avais prévu 4 tomes dès le départ? « J’avais prévu que la série aurait 4 tomes. Les trois premiers tomes, ce sont vraiment l’histoire des trois couples. Donc, pour les trois filles, cela part de la même scène. Cela les amène vers trois directions différentes et vers trois hommes différents, leur gardien respectif. Et je savais que dans le quatrième tome, tout le monde se retrouverait ensemble pour la conclusion finale, car il y a un lien qui les unit et ce sera l’aboutissement dans ce dernier tome. » 

Avez-vous un rituel d’écriture, un plan à suivre?« Oui, je sais ce que chaque tome aura en général dedans. Je connais le début et la fin aussi. Mais je ne suis pas du genre à faire un plan précis. Je sais où je commence, où je veux aller et comment ça doit finir. Et souvent je me laisse transporter par mes personnages et leurs histoires. J’y vais à l’instinct.»

Avez-vous d’autres projets? «Oui, je suis débordée. Chez ADA, ils ont déjà en main le tome 1 de ma prochaine romance historique et je travaille sur le tome 2 également pour le publier en même temps. Je termine également le tome 4 des Gardiens des portes pour finaliser cette série. J’ai aussi à retravailler ma précédente série romance historique qui sera publiée en format pochette. Une chance que je peux me permettre d’écrire à temps plein.»

Voici mon appréciation de son dernier roman :

http://info-culture.biz/2016/03/26/le-roman-annabel-et-max-adultes-consentants/#.VwOpg2f2bcs

 

Nathalie Roy
Nathalie Roy

Nathalie Roy qui après son dernier roman, La vie sucrée de Juliette Gagnon t.3 (Libre Expression) me parle de son prochain opus Ça peut pas être pire  (libre expression) prévu pour le 18 mai 2016

Après les deux séries de livres sur Charlotte Lavigne, et ensuite sa fille Juliette Gagnon, tu nous proposes Ça peut pas être pire. Qu’est-ce que tu peux me dire sur ce roman? « Tout d’abord, ce sera un tome unique. On passe un été dans la vie de Valérie Aubé, 34 ans. Au tout début du roman, elle perd son emploi et décide de retourner sur les lieux de son enfance, à Magog, près du lac Memphrémagog. Donc, je sors cette fois-ci du milieu urbain pour m’en aller dans le bois, la nature et même un vignoble. Il y aura des aventures campagnardes. Aussi, la grande particularité de Valérie, c’est que c’est une fille ronde. De nos jours, les héroïnes de la chick lit, sont souvent très standard. Donc, mon personnage de Valérie aura une quête, soit celle de l’acceptation de son corps. Non pas un régime pour devenir mince, mais plutôt ça va se passer entre les deux oreilles. Voici ce que sera la dédicace de mon livre : À toutes les femmes qui ont fait la paix avec leur corps et à toutes celles qui souhaitent le faire. Pour le reste, ça reste la recette habituelle, soit les aventures loufoques, les amitiés imparfaites, les amours un peu difficiles. Donc, cela reste dans l’humour, mais avec une petite profondeur supplémentaire que je n’avais peut-être pas donnée à mes autres héroïnes auparavant.»

La couverture de ce nouvel opus est très belle et inspirante. Comment est venu ce concept de page couverture? «C’est un long processus. On s’est demandé au départ si on allait y aller avec une infographie ou non. Et aussi, c’est embêtant comment présenter ces rondeurs? Alors, on a pris une photo finalement, et j’aimais l’idée de la fille qui tient son t-shirt comme pour cacher ses cuisses. Sauf que sur la photo, la fille n’était pas ronde du tout. Alors, on l’a nous-mêmes arrondie et on lui a mis les deux pieds dans le sable. Donc, on a voulu créer un concept d’été, sur le bord de la plage, pour s’amuser, avec une belle image, d’une fille qui est plus ou moins mal à l’aise, mais on sent quand même que c’est gai et joyeux.»

Quel est ton rituel d’écriture? As-tu un plan pour écrire? « Je fonctionne pas mal toujours de la même façon, c’est–à-dire que j’ai le début et la fin de chacun de mes romans. J’ai aussi la trame amoureuse et celle amicale, pour chacun des personnages. Mais pour ce qui est des aventures comme telles, je les construis au fur et à mesure que je vois des choses et m’en laisse inspirer. »

Calepin promo du nouveau roman de Nathalie Roy
Calepin promo du nouveau roman de Nathalie Roy

Après avoir passé autant de temps avec les mêmes personnages, est-ce difficile de leur dire adieu? « Mais en fait, je ne leur ai pas dit adieu encore. Car je suis un peu avec Charlotte, sur un projet télé, avec la France. C’est une productrice française qui a lu les 4 tomes de Charlotte et elle a adoré. Donc, là, on est en train de le transformer pour que cela devienne une Charlotte Française qui quitterait tout pour venir vivre au Canada. Et donc, on fait cela pour que ça puisse être diffusé en France, si ça fonctionne bien sûr. Aussi, le tome 4 de Charlotte sera publié en France le 21 avril et j’y retourne pour le lancement, alors je n’ai pas l’impression de lui avoir dit adieu encore. »

As-tu d’autres projets aussi? «J’ai déjà une idée d’un autre personnage pour mon neuvième roman. Alors pour moi, les séries, je pense que c’est terminé pour l’instant du moins. Car pour bien rendre service aux lectrices, il faut publier 2 fois par années dans les séries. Je l’ai fait, mais maintenant, j’aimerais me consacrer à un seul nouveau roman par année, au printemps si possible, un livre pour l’été. Et aussi plus approfondir mes personnages.  »

Le livre Ça peut pas être pire  libre expression sera en librairie dès le 18 mai 2016. Les gens qui sont allés voir Nathalie Roy à son kiosque au salon international du livre de Québec, ont pu se faire offrir ce joli calepin à l’effigie de son nouveau roman. On y retrouve le pédigrée de son héroïne Valérie.

Voici mon appréciation de son dernier roman :

http://info-culture.biz/2015/05/19/la-vie-sucree-de-juliette-gagnon-tome-3-escarpins-vertigineux-et-cafe-frappe-a-la-cannelle-de-nathalie-roy/#.VvkvKNLhDvY

Marie Potvin
Marie Potvin

Marie Potvin avec son tout nouveau roman Le gaillard (Goélette) où romance et rebondissements sont au rendez-vous.

Une des choses que j’aime dans votre écriture, et qu’on retrouve entre autres dans le livre le Gaillard, c’est que vous présentez l’histoire à la manière d’un téléroman. D’un chapitre à l’autre et parfois même d’un paragraphe à l’autre, on se promène d’une histoire à l’autre et on nous laisse bien souvent sur une intrigue, un suspens, un questionnement. C’est intentionnel j’imagine pour nous tenir en haleine? Pensez-vous justement que vous pourriez écrire pour des téléromans ou séries télé ou même encore que certains de vos romans soient adaptés pour la télévision? « C’est mon but ultime effectivement. J’aimerais éventuellement transférer vers la télé. Mais c’est sûr que c’est tout un défi. Car quand on écrit un roman, on le fait à notre rythme. On a des dates fixées bien sûr, mais ce n’est jamais comme le téléroman. Par exemple,  un comédien peut se casser une jambe et alors il faut rapidement changer les scènes prévues. Sans compter le producteur qui met de la pression. Je ne l’ai pas vécu c’est sûr, mais j’ai parlé à plusieurs personnes qui l’ont vécu. »

Vous êtes très prolifique, vous venez de sortir Le gaillard, mais aussi vous avez le premier tome d’une série fantastique Zoélie L’allumette qui vient de paraitre pour les jeunes de 7 ans et plus, et votre 4e tome de la populaire série jeunesse Les filles modèles est paru à la fin janvier. Est-ce que vous les écrivez tous en même temps? « Oui, je les écris tous en même temps. Par exemple, présentement, j’ai trois romans aux éditions Les malins qui sont à moitié finis. Mais je ne les attaque pas tous en même temps. J’en commence un, mais là, on me dit que c’est l’autre qui est plus prioritaire, alors je change pour débuter l’autre, ainsi de suite. Donc, là, je m’apprête à en finir un, puis j’irai au suivant… »

 Vous avez plusieurs projets donc, surtout dans la littérature jeunesse, mais est-ce qu’on pourrait s’attendre à d’autres romans adultes du style du Gaillard? « Oui, je ne suis pas fermée à en faire d’autres, mais pas en série comme j’ai fait par le passé avec les héros. Je trouve ça compliqué d’avoir des romans à plusieurs tomes, surtout pour les lecteurs qui vont voir le tome 3 par exemple, mais n’auront pas lu les tomes précédents. Je préfère plus tôt maintenant prendre un personnage de la même famille pour écrire son histoire, plutôt que de faire une suite à un roman. »

 Est-ce que vous avez un rituel d’écriture? « Oui, j’ai un rituel. Lorsque j’ai commencé à écrire au départ, je travaillais à temps plein. Donc, je devais écrire les soirs et fins de semaine, avec les enfants qui me tournaient autour. Maintenant, je suis plus douillette, car je fais ça à temps plein écrire. Le matin, après le déjeuner, quand les enfants sont partis, il ne reste que moi et mon chien, alors j’écris jusqu’à midi. Puis je dine et je recommence après jusqu’à 16 h et là, j’arrête, car les enfants arrivent. Je n’écris plus le soir.»

Voici mon appréciation de son roman : http://info-culture.biz/2016/03/10/le-gaillard-de-marie-potvin-en-vente-des-le-10-mars-un-roman-ou-la-passion-la-romance-et-les-rebondissements-sont-au-rendez-vous/#.VvkubtLhDvY

Voici le lien vers mon article précédent qui parle des livres que j’ai bien aimées dans la dernière année, des auteurs présents au Salon du livre de Québec 2016 : http://info-culture.biz/2016/04/12/salon-international-du-livre-de-quebec/#.VxDaGNThDvY

Et mes entrevues avec divers auteurs au Salon du livre :

http://info-culture.biz/2016/04/15/entrevues-au-silq-edition-2016-essais/#.VxGuj9J_Oko

http://info-culture.biz/2016/04/15/entrevues-au-silq-edition-2016/#.VxGqBdJ_Oko

http://info-culture.biz/2016/04/15/entrevues-au-silq-edition-2016-louise-portal/#.VxGy0NJ_Oko

http://info-culture.biz/2016/04/16/entrevues-au-silq-edition-2016-premier-roman/#.VxIrV9J_Oko

Pour la galerie de photos du Salon : https://www.flickr.com/photos/infoculturephotos/albums/72157667078137651

Bonne lecture !

http://www.silq.ca/

Crédit photos : Réjeanne Bouchard

 

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