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L’édition 2016 de l’International des Feux Loto-Québec de La Ronde décerne ses Jupiters à l’Espagne, la Suède et la Suisse

31 juillet 2016 15 h 28 min 0 commentaire
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Le feu de l'Espagne, gagnant du Jupiter d'Or 2016 de l'International des Feux Loto-Québec

Le feu de l’Espagne, gagnant du Jupiter d’Or 2016 de l’International des Feux Loto-Québec

Le plus grand concours international d’art pyrotechnique, l’International des Feux Loto-Québec, s’est terminé hier soir à La Ronde avec un merveilleux feu de clôture en hommage à Elton John, présenté par Melrose Pyrotechnics (Indiana, USA) et par La Ronde.  Les gradins étaient à guichet fermé pour ce dernier spectacle de l’International, avec des tableaux hauts en couleur et des salves fournies de bombes variées.  Mais la soirée a débuté avec l’annonce des grands gagnants choisis par 19 membres d’un jury du grand public.  Le Jupiter d’Or a couronné l’Espagne (Ricasa), l’Argent est allé à la Suède (Göteborgs FyrverkeriFabrik) et le Bronze à la Suisse (Sugyp).  Un prix spécial sur le respect de l’environnement et un autre pour la meilleure trame sonore sont allés au Chili (Pirotecnia SPA).  J’étais sur place lors de la remise des prix et j’ai eu la chance de discuter avec les concepteurs des trois lauréats. Voici nos échanges:

De gauche à droite: le directeur technique du concours (Paul Csukassy), les gagnants du Jupiter d'Argent pour la Suède (Andreas Helle, Kenth Svensson, Kenneth Hurlen et le concepteur Martin Hildeberg), les gagnants du Jupiter d'Or pour l'Espagne (le concepteur Ricardo Caballer et Eugenia Catiru), le gagnant du Jupiter de Bronze (le concepteur Nicolas Guinand) et la directrice du concours (Martyne Gagnon)

De gauche à droite: le directeur technique du concours (Paul Csukassy), les gagnants du Jupiter d’Argent pour la Suède (Andreas Helle, Kenth Svensson, Kenneth Hurlen et le concepteur Martin Hildeberg), les gagnants du Jupiter d’Or pour l’Espagne (le concepteur Ricardo Caballer et Eugenia Catiru), le gagnant du Jupiter de Bronze (le concepteur Nicolas Guinand) et la directrice du concours (Martyne Gagnon)

Jupiter d’Or: Ricasa, Espagne
Ricardo Caballer est le concepteur de «Cinemagia», un spectacle impressionnant sur fond de musique de films.  Les orages durant le montage et les mauvais vents n’auront pas eu raison de la complexité du spectacle qu’avait préparé la firme Ricasa, chaque tableau étant original et haut en couleurs.  En discutant avec Ricardo Caballer, on comprend qu’il ait choisi le cinéma comme thème car c’est sa grande passion.  Il avoue que la musique de film lui permet d’avoir différents styles, ce qui lui donne la chance de montrer les multiples effets que sa firme peut fabriquer elle-même.  «Je conçois le spectacle comme un livre, plus tu lis un livre et plus tu es pris dans l’histoire.  Ça fait plusieurs années que je pensais à faire ce thème: chaque tableau est spécial et chaque chanson possède quelque chose de différent» dira-t-il pour expliquer sa pensée.  Mais le tableau dont tout le monde se souviendra sûrement, c’est celui du «Concerto pour piano no. 1» de Tchaikovsky tiré du film «Misery».  Il a mis beaucoup de temps pour placer un effet sur chacune des notes du Concerto avec plus de 2500 signaux de déclenchements pour cette pièce.  Pour réaliser cet exploit, il a travaillé avec un vrai pianiste de concert connu de son pays, Carlos Marín, qui l’a conseillé pour chaque note.  Au total, ce sont plus de 9000 signaux de déclenchements qui ont eu lieu en 30 minutes de feu, un nombre rarement atteint mais qui a créé un spectacle grandiose.

Le feu de la Suède, gagnant du Jupiter d'Argent

Le feu de la Suède, gagnant du Jupiter d’Argent

Jupiter d’Argent: Göteborgs FyrverkeriFabrik, Suède
Martin Hildeberg a conçu un superbe spectacle sur le thème de la «Joie de vivre» qui a impressionné plus d’un à La Ronde pour le dernier feu en compétition.  «La base d’un spectacle pyromusical c’est l’émotion, et la plus importante des émotions est la joie.  On s’est mis à chercher des chansons qui exprimaient la joie et le thème s’est imposé.» nous confie-t-il.  Par un pur hasard, son choix s’est porté sur plusieurs chansons de comédies musicales (Hair, Spamalot, Hairspray, Le livre de la jungle) parce que selon lui, c’est un répertoire qui réflète souvent la joie.  La chanson dont il est le plus fier est «Feeling Good» de Nina Simone, parce qu’il a réussi à imager une pièce difficile pour ce genre de spectacle.  Il termine par sa façon de concevoir un spectacle pyromusical: «c’est comme assembler un “puzzle”. Au début, vous avez une vue partielle dans votre tête avec seulement avec quelques pièces musicales et vous voyez les bombes qui vont bien avec cette musique.  On choisit alors un thème qui va avec ces chansons et puis on complète avec d’autres chansons dans ce thème.  À la fin, vous avez complété votre “puzzle”.» Avec plus de 5000 bombes et 3500 signaux, la joie de vivre pouvait se lire sur les visages des spectateurs et de son concepteur.

Le feu de la Suisse, gagnant du Jupiter de Bronze

Le feu de la Suisse, gagnant du Jupiter de Bronze

Jupiter de Bronze: Sugyp, Suisse
Le spectacle «E-motions» de la Suisse, conçu par Nicolas Guinand, fut remarqué pour son originalité et par les formes et images créées dans le ciel.  Il est vraiment heureux de rapporter ce trophée en Suisse. «Ce qui est important de communiquer au public ce sont les émotions.  On voulait aller chercher tout l’arc des émotions, que ce soit le rire, les pleurs, et les autres.  À force d’écrire des messages on utilise maintenant des émoticônes qui représentent les émotions. On s’est dit que ça serait intéressant de mélanger les émotions qu’on veut faire ressentir et les images de ces émotions.  C’est un moyen de communiquer entre le public et la conception de l’artificier, ce qui est habituellement difficile dans notre métier» avoue-t-il.  Ils ont réussi à créer ces émoticônes montés comme des écrans à partir de monocoups de couleurs en haute altitude, le tout tiré avec un système précis au centième de seconde. C’était la seule façon d’obtenir cet effet.  Le choix de la musique s’est fait à trois niveaux: pour l’émotion, pour créer des liens sans creux, puis pour présenter de nouvelles musiques avec lesquelles il voulait travailler.  Il termine par une pensée sur l’art pyrotechnique: «Le feu d’artifice reste un art populaire, on doit réussir à toucher l’âme d’enfant de tout le monde.»

La directrice du jury, Lynda Normand, explique que le choix des gagnants est fait par un jury de 19 membres bénévoles choisis quelques semaines avant la compétition (un concours est annoncé en mai de chaque année).  La répartition permet de représenter tous les âges et les métiers de notre société.  Cette année le jury comprenait entre autres des adjoint-administratifs d’un hôpital, un chef de formation des agents de bord d’Air Canada, un massothérapeute, un contracteur en construction, et une animatrice de la station de télévision communautaire TVR9 de la Vallée du Richelieu, Marie-Eve Gaudreau, à qui j’ai pu poser quelques questions pour mieux comprendre le travail de jury.  Voici un extrait de nos échanges.

Le jury du concours 2016 à l'arrière avec les gagnants à l'avant

Le jury du concours 2016 à l’arrière avec les gagnants à l’avant

Qu’est-ce qui vous a incité à devenir jury de feux d’artifice et quelles sont les compétences nécessaires?
Marie-Eve: Comme mon père a été membre du jury deux fois depuis 2011 et que sa conjointe l’a été aussi, ça m’a permis de voir comment ça se passait.  Lorsque j’assistais aux réunions et à leurs discussions, ça m’a donné le goût et j’ai tenté ma chance.  Au niveau des compétences, ça prend du sérieux parce que c’est une compétition prestigieuse. Il faut avoir de la rigueur et pouvoir se concentrer sur son travail.  Même si c’est bénévole, on retire beaucoup de cette expérience autant personnelle que professionnelle.

Qu’est-ce que vous aimez personnellement dans un spectacle pyrotechnique?
Marie-Eve: Ce qui vient me chercher le plus c’est le mélange de la musique et du feu quand c’est pile sur le rythme.  C’est certain quand dans un mandat de jury il faut une objectivité surtout lorsque c’est notre musique préférée, mais la synchronisation, c’est ce que j’aime le plus.  Cette année j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup d’innovations avec des effets sur l’eau ou sur le terrain.  Le fait d’en voir plusieurs me fait apprécier plus l’originalité de certains effets pour éviter qu’ils se ressemblent tous.

Le feu de l'Espagne, gagnant du Jupiter d'Or

Le feu de l’Espagne, gagnant du Jupiter d’Or

Comment faites-vous pour juger d’un spectacle pyrotechnique et comment vous êtes-vous préparé?
Marie-Eve: Quand on est choisi comme membre du jury, on a une journée complète de formation avec le directeur technique, Paul Csukassy.  On nous donne les critères à évaluer les feux, tels la bande sonore, la synchronisation, les pièces pyrotechniques, la conception, etc.  Ensuite on visite les rampes de lancement pour nous montrer les bombes utilisées pour nous aider à mieux comprendre les critères.  Tout doit être jugé, même les défauts techniques qu’on remarquerait pas comme spectateur. Avec les critères, ça nous permet de faire ça en prenant des notes pour chaque feu.  Quand on arrive vers la fin de la compétition, ça devient de plus en plus difficile à cause des comparaisons.

Comment ça fonctionne pour choisir des gagnants avec 19 membres de jury?
Marie-Eve: Même si on est tous objectifs, on a tous nos préférés qui ne sont pas les mêmes à cause de nos goûts et aussi parce qu’on peut voir le feu différement.  Par exemple, on a tous discuté ensemble du premier feu qui ne faisait pas partie de la compétition.  On s’est aperçu que certains avaient remarqué des détails que d’autres n’avaient pas vu.  Au final c’est la compilation de toutes les notes de chacun des 19 membres du jury qui décide des gagnants de la compétition.  Au bout du compte, on ne peut pas se tromper car c’est le choix de tous les membres mis ensemble et qu’on peut être fier de notre résultat qui donne les trois gagnants de la compétition la plus prestigieuse de feux d’artifice.

L’an prochain, la 33e édition de l’International des Feux Loto-Québec s’annonce encore plus exceptionnelle car La Ronde fêtera son 50e anniversaire (1967-2017). C’est donc un rendez-vous à ne pas manquer, comme spectateur ou peut-être comme membre du jury.

Gagnants de la 32e édition de l’International des Feux Loto-Québec
Jupiter d’Or: Espagne (Ricasa)
Jupiter d’Argent: Suède (Göteborgs FyrverkeriFabrik)
Jupiter de Bronze: Suisse (Sugyp)
Meilleure trame sonore: Chili (Pirotecnia SPA)
Prix sur le respect de l’environnement et développement de technologies vertes: Chili (Pirotecnia SPA)

Site WEB du concours: http://www.laronde.com/fr/larondefr/linternational-des-feux/accueil
Site WEB de La Ronde: http://www.laronde.com/

Photos des feux: Carl Desjardins
Autre photos: Daniel Ouimet

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