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La comédie musicale «Prom Queen: The Musical»: un divertissement énergique et touchant

4 novembre 2016 18 h 20 min 0 commentaire
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Prom Queen The Musical

Prom Queen The Musical

Le Centre Segal des Arts de la Scène frappe encore un gros coup en présentant la Première mondiale de la comédie musicale «Prom Queen: The Musical» basée sur une histoire vécue tout près de nous, en Ontario.  Écrite par Kent Staines (livret), Akiva Romer-Segal (paroles) et Colleen Dauncey (musique), l’histoire raconte les événements de ce jeune ado, Marc Hall, qui a poursuivi sa commission scolaire qui l’empêchait d’amener son petit ami au bal des finissants.  Soir de Première oblige, on a même eu droit hier soir à la présence du vrai Marc Hall, qui mis à part sa grande taille, ressemble beaucoup à Alessandro Costantini, qui l’interpréte avec brio.  Le spectacle nous a fait passer une soirée divertissante, parsemée de chorégraphies énergiques et de quelques bons moments touchants.  C’est comme si on avait combiné «Footloose» et «Legally Blonde» avec des chansons des musicals des années 80-90.

Alessandro Costantini (Marc Hall) et les jeunes de l'école

Alessandro Costantini (Marc Hall) et les jeunes de l’école

L’histoire, assez simple et prévisible, raconte les difficultés de Marc Hall à être accompagné par son copain Jason au bal des finissants.  Fréquentant une école catholique qui rejette sa demande, sa famille et ses amis l’aideront tout au long des scènes, en racontant aussi quelques intrigues d’adolescents. Un avocat au nom prédestiné, Wynn, offre ses services pour finalement gagner en cour et permettre à Marc d’aller au bal.  C’est une vraie leçon de courage et de détermination qui nous est lancée tout au long du récit.

«Prom Queen» est un spectacle dynamique et rythmé, qui réussit à divertir tout en traitant de sujets plus sérieux. On aurait aimé s’attarder justement sur quelques points plus sérieux, comme le coming-out de Marc ou le suicide de son frère, mais les 2h45 du spectacle (avec entracte) ne le permettent tout simplement pas. On apprécie beaucoup que les interprètes choisis pour jouer les amis de Marc ont tous l’air de vrais adolescents et qu’ils sont de tous genres et minorités, une audace que plusieurs productions n’osent pas.  Les chorégraphies modernes et énergiques avec ces jeunes permettent aussi de rehausser la qualité du spectacle visuel lors des numéros musicaux.  Par exemple, on accroche immédiatement à «Inside Out» dansé par toute la troupe dans un magasin de vêtements et à «Say Yes» en ouverture, tant pour leur énergie que par la musique entraînante.

Zach Counsil, Alessandro Costantini, Jamie Mayers, Gabi Epstein, Stuart Dowling, Jonathan Whittaker et Mike Melino

Zach Counsil, Alessandro Costantini, Jamie Mayers, Gabi Epstein, Stuart Dowling, Jonathan Whittaker et Mike Melino

Alessandro Costantini dans le rôle de Marc Hall brille de tous feux à chacune de ses scènes.  Son jeu crédible et son charme n’ont d’égal que sa voix juste et expressive.  Sa chanson «Only a Boy» à la fin est intense et résume bien toutes les émotions ressenties tout au long du spectacle.  Celui qui joue son copain Jason, Jonathan Cullen, est plus réservé et difficile à cerner au début.  Sa voix chaude tout en nuance est agréable, surtout dans son duo avec Marc dans «So Right», une chanson à la fois touchante et drôle par ses paroles intelligentes.  Ses parents acadiens sont joués par deux francophones qui lancent quelques répliques en français mais sans l’accent de leur coin de pays, ce qui laisse perplexe  (voir note ci-bas). La mère, jouée par Katee Julien, chante son solo «Mother Mary» d’une belle voix puissante et juste avec un superbe belting.  Le père, Sylvain Scott, est plus effacé que la mère, mais il réussit à nous donner le moment le plus émotif du spectacle lors de la reprise de la chanson «Infinite» lorsqu’il ouvre son coeur à son fils.

Hailey Lewis, Alessandro Costantini (Marc), Stephanie Sy et Sydney Scotia

Hailey Lewis, Alessandro Costantini (Marc), Stephanie Sy et Sydney Scotia

Quelques interprètes se démarquent, à débuter par Kolton Stewart dans le rôle du jeune Boomer, un “jock” qui fait tout pour charmer. On s’attache rapidement à son personnage de séducteur innocent par sa présence et son talent de danseur.  En prime, il a une superbe voix avec des beaux aigus justes, même en falsetto.  L’avocat Wynn, joué par David Silvestri, est solide et convaincant. Sa voix profonde et puissante impressionne lorsqu’il se laisse aller dans «Wynn», un solo de style Gospel qui lui va comme un gant.

Ce spectacle est un beau divertissement avec des messages d’espoir pour notre société. Pour une création originale, c’est réussi.  L’orchestre et tout spécialement les arrangements se marient bien aux chanteurs en leur donnant toute la place lors des envolées vocales tout en électrifiant les chorégraphies. Je recommande ce spectacle à tous, jeunes ou vieux, vous passerez une soirée agréable et en ressortirez plein d’espoir.

Les bons coups: histoire vraie, rôle principal solide, jeunes interprètes énergiques, voix, orchestre et arrangements musicaux, chorégraphies

Les moins bons coups: jeu inégal

Kolton Stewart, Lucas Meeuse, Sydney Scotia, Patrick Park, Jonathan Cullen et Alexia Gourd

Kolton Stewart, Lucas Meeuse, Sydney Scotia, Patrick Park, Jonathan Cullen et Alexia Gourd

Équipe de création
Production: Mary Young Leckie et Centre Segal
Livret: Kent Staines
Musique: Colleen Dauncey
Paroles: Akiva Romer-Segal
Mise en scène: Marcia Kash
Direction musicale, orchestration: Mark Camilleri
Chorégraphie: Sean Cheesman
Décors et costumes: John C. Dinning
Éclairages: Luc Prairie
Sonorisation: Peter Balov

Distribution:
Alessandro Costantini (Marc Hall), Jonathan Cullen (Jason), Katee Julien (Emily), Sylvain Scott (Audy), Sydney Scotia (Carly), Kolton Stewart (Boomer), David Silvestri (Wynn), Zachary Counsil (Triple X), Stuart Dowling (Directeur), Gabi Epstein (Mlle Lawrence), Alexia Gourd (Peggy), Hailey Lewis (Tiffany), Jamie Mayers (Napoleon), Lucas Meeuse (Otis), Mike Melino (Hank), Patrick Park (Monty), Stephanie Sy (Kristal) et Jonathan Whittaker (Père Hopkins).

Orchestre
Mark Camilleri, Frédéric Bourgeault, Nick Burgess, Simon Legault, Beth McKenna, Evan Stewart, Matthieu Van Vliet et Mark Wheaton.

Le vrai Marc Hall

Le vrai Marc Hall

Présenté en anglais du 27 octobre au 23 novembre 2016 au Centre Segal des Arts de la Scène (5170 Côte-Ste-Catherine, Montréal).
Billets: 51$-65$ disponibles au http://www.segalcentre.org/fr/a-laffiche/a-laffiche/theatre-segal/prom-queen-the-musical/    ou au 514-739-7944.

Lien: https://www.youtube.com/watch?v=QZby9dUBYC8

Photos: Andrée Lanthier (sauf la photo de Marc Hall par Amy McCarthy)

 

Note: au sujet de l’accent francophone des parents de Marc, Katee Julien (interprète de la mère de Marc) nous informe que son personnage a vécu 2 ans à Montréal et n’avait pas d’accent Acadien. Voilà pourquoi les parents de Marc parlent sans accent distinct.

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