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J’accuse, au théâtre de la Bordée,un texte lucide et percutant et cinq actrices passionnées et émouvantes!

12 janvier 2017 8 h 25 min 0 commentaire
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Auteur:

Shirley Noel

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J'accuse (Alice Pascual)

J’accuse (Alice Pascual)

Pour débuter l’année 2017, le théâtre de la Bordée présente, J’accuse du 10 janvier au 4 février 2017. Présentée au printemps 2015 au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, cette pièce donne la parole à cinq femmes (Léane Labrèche-Dor,  Catherine Trudeau , Debbie Lynch-White,  Alice Pascual et Catherine Paquin-Béchard), cinq trentenaires, dont la rage de survie nous atteint en plein cœur! Un texte lucide et percutant et cinq actrices passionnées et émouvantes!

Résumé

J’accuse, c’est cinq monologues vibrants. Il y a la fille qui encaisse, vendeuse de bas de nylon dans une boutique souterraine; la fille qui agresse, propriétaire d’une petite entreprise qu’elle a osé démarrer en contexte d’austérité économique; la fille qui intègre, immigrante essayant de trouver sa place; la fille qui adule, admiratrice sans bornes d’Isabelle Boulay; et la fille qui aime, qui aime trop, qui aime mal. C’est surtout cinq femmes qui luttent contre une société qui les juge. Cinq femmes qui osent crier leur frustration. 

Dans un décor épuré, avec pour seuls accessoires les jeux de lumière qui alternent entre le très brillant et le tamisé, un peu de musique pour clore les monologues, ainsi qu’une caméra et la projection vidéo pour le dernier monologue pour amener une intimité encore plus palpable, c’est tout ce qu’on l’on a autour de ces actrices qui viennent tour à tour nous offrir leurs frustrations, leurs trop-pleins d’émotion, leur instinct de survie en pleine face, dans un flot de mots continu, sans répit, sans relâche qui ne peut que nous remuer dans tous les sens et nous amener à réfléchir sur le combat des femmes dans notre société d’aujourd’hui.

Catherine Trudeau

Catherine Trudeau

Dans cette pièce, il y a cinq femmes très différentes, qui, tour à tour, s’expriment sur la rage qui les anime. Et à travers ces cinq prises de parole, on redécouvre notre société actuelle, avec ses préjugés sociaux, son déséquilibre en matière d’équité et d’égalité envers les femmes, ses difficultés à accueillir et accepter les immigrants, son jugement des «BS», sa valorisation de la performance, du travail, du pouvoir, etc. Ces petits manifestes intimes, sensibles et personnels de chacune de ces voix, posent un regard critique de notre société qui porte à réflexion.

Chaque monologue débute par la négation de tous les préjugés qu’il peut y avoir envers son propre personnage. «Je ne suis pas….», pour ensuite enchainer sur ce qui horripile le personnage. Le texte de Annick Lefebvre est précis, tranchant, captivant. On sent que chaque mot a été pensé, chaque phrase a sa place, chaque idée y est développée parfaitement. Et nous le public, on est présent pour tout capter, pour s’en laisser imprégner, pour être témoins de leur défoulement. Après deux heures de ces moments intenses, parfois drôles, souvent très émouvants, le spectateur en ressort épuisé, mais aussi comblé et un peu saoulé de ces flots de mots.

Catherine Paquin-Béchard est la fille qui encaisse, celle qui vend des bas de nylon dans une petite boutique souterraine, à des bourgeoises qui la regardent de haut. Avec son débit accéléré, elle se défoule sur ces clientes dont elle dénonce l’hypocrisie, mais que secrètement elle envie, auxquelles elle voudrait ressembler en fin de compte. Une performance de jeu fort habile.

Debbie Lynch-White

Debbie Lynch-White

Catherine Trudeau est la fille qui agresse, cette femme de droite, de la classe moyenne, qui tient à bout de bras sa petite PME qui accumule le stress et une haine généralisée pour les BS, les gauchistes, les profiteurs du système. Elle chante les louanges des radios poubelles et dénonce les levées fonds du Docteur Julien. Catherine réussit à créer le malaise, tout en demeurant attachante. C’est un vrai tour de force.

Alice Pascual est la fille qui s’intègre. Avec son doctorat en sociologie, cette immigrante travaille comme technicienne en garderie dans un CPE. Victime de tous les préjugés des nouveaux arrivants, elle tente désespérément de s’intégrer sans grand succès. Son monologue est à la fois drôle et un bon résumé de notre bagage culturel québécois. Alice est touchante et on accueille son personnage plein de bonne volonté.

Debbie Lynch-White est la fille qui adule. Réceptionniste dans une boîte d’informatique, elle est une admiratrice inconditionnelle d’Isabelle Boulay. Et contrairement aux autres femmes avant elle, c’est à l’auteur de la pièce Annick Lefebvre que celle-ci s’adresse. Elle règle ses comptes avec elle sur son droit d’aduler la chanteuse. Ce moment dans la pièce tombe à point. C’est plus humoristique et cela détend l’atmosphère et nous fait du bien. Debbie est sublime comme toujours. Elle est rafraichissante, drôle, et elle chante extrêmement bien.

Léane Labrèche-Dor

Léane Labrèche-Dor

Pour terminer la pièce, Léane Labrèche-Dor est la fille qui aime. Elle souffre d’une peine d’amitié, une rupture d’amitié c’est aussi douloureux qu’une rupture amoureuse. Déprimée, elle n’a plus le goût de rien, se méprise et ne sait plus comment reprendre le dessus dans ses relations avec les autres. Quel contraste avec le personnage de Debbie. Léane est tout en émotion, à fleur de peau. C’est une performance de jeu inouï qui termine la pièce sur une note de grande sensibilité.

Une pièce de deux heures dont on ne voit pas le temps passer!

Présenté au Théâtre de la Bordée du 10 janvier au 5 février 2017, cette pièce sera présentée à nouveau au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui du 9 au 22 février 2017.

 CRÉDITS

Production du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, en codiffusion avec La Bordée

TEXTE : Annick Lefebvre
MISE EN SCÈNE  : Sylvain Bélanger
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE  : Olivier Gaudet-Savard
DÉCOR : Pierre-Étienne Locas
COSTUMES  : Marc Senécal
LUMIÈRES : Erwann Bernard
MUSIQUE : Larsen Lupin
VIDÉO : Ulysse del Drago
COIFFURES ET MAQUILLAGES  : Sylvie Rolland-Provost

Actrices :  Léane Labrèche-Dor,  Catherine Trudeau , Debbie Lynch-White,  Alice Pascual et Catherine Paquin-Béchard

http://bordee.qc.ca/piece/piece-theatre-accuse/

https://www.theatredaujourdhui.qc.ca/jaccuse

Crédit photos :  Valérie Remise

 

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