Affichez votre publicité ici ! info@info-culture.biz

Trafiquée : la femme trouée d’où le vide s’échappe

15 mars 2017 12 h 14 min 0 commentaire
Views: 259

Partager cet article

  •  
    GOOGLE +
  • TwitterTwitter
  • FacebookFacebook
  • DeliciousDelicious
  • DiggDigg
  • StumbleuponStumble
  • RedditReddit

Auteur:

Julie Pelletier

Tags:

Trafiquée

Trafiquée

Vous avez jusqu’au 25 mars 2017 pour faire une petite visite en enfer, là où les victimes de prostitution, de trafic humain et d’esclavage sexuel sont coincées, là où toutes laissent leur peau et où certaines, leur âme. Assis dans la salle de Premier Acte de Québec, le spectateur-voyeur saisit l’ampleur des dégâts par les images qui le hantent à la suite de la représentation de Trafiquée, présentée par Les Gorgones et mise en scène par Marie-Ève Chabot-Lortie. Issu d’un texte de Emma Haché, ce spectacle inventorie les horreurs vécues par l’une parmi tant d’autres, anonyme, trop jeune, éteinte.

Isolé de son âme et de son corps, sur scène, le personnage se divise en trois. Des miettes d’humain. Ne reste plus que le brouillon d’elle-même, brisée, qui raconte froidement le récit de quelques anecdotes choquantes et inhumaines comme si on y était. Il y a aussi ce pantin obéissant et cuirassé qui relate le pire en mouvements, incarné par la danseuse contemporaine Ève Rousseau-Cyr. Et cette belle voix, douce et puissante, une âme au souffle court et oppressée, une âme emprisonnée, personnifiée par la chanteuse Myriam Brousseau. Cette triade évolue dans une pièce sombres où les lits font office des barreaux de leur prison et les ressorts, de barbelés.

Ève Brousseau-Cyr

Ève Brousseau-Cyr

Le monologue de la victime qui oscille entre confessions, témoignages et souvenirs ne se bute pas aux détails qui glacent le sang d’effroi et de dégoût lorsqu’on sait que la fiction n’est qu’une tribune pour décrire la réalité. Quelques scènes donnent littéralement la chair de poule et envahit le spectateur d’une empathie impuissante. Tout le long de Trafiquée, on ne peut s’empêcher de repenser à Christiane F., une autre victime de la rue, qui a mis un nom et des mots sur cette déshumanisation collective devant laquelle certains décident de fermer les yeux. D’autres encouragent même ce phénomène en banalisant, en consommant.

Les parcelles de femme que nous avons rencontrées dans Trafiquée bousculent par ses mots crus et vrais. C’est lourd, c’est triste, c’est frustrant, mais c’est une pièce belle dans sa laideur puisque l’art rendu est impeccable et le talent des interprètes dans les trois sphères artistiques sont incontestables. À regarder avec les yeux du cœur et une sensibilité impliquée.

Crédit photos : Cath Langlois photographe

Programmation de Premier Acte

Print Friendly, PDF & Email
LinkedIn

Faites-nous part de vos commentaires!

Vous devez être connecté pour nous faire part de vos commentaires sur cet article.

Suivre

Top