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Pour réussir un poulet de Fabien Cloutier, une pièce coup de poing qui vous mettra K.O. et vous fera réfléchir, juste après vous avoir fait quand même bien rire!!

19 mars 2017 7 h 24 min 0 commentaire
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Auteur:

Shirley Noel

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Guillaume Cyr, Hubert Proulx, Marie Michaud

Guillaume Cyr, Hubert Proulx, Marie Michaud

Après avoir été présentée en 2014 au théâtre La Licorne à Montréal avec un réel succès, la pièce Pour réussir un poulet de Fabien Cloutier produite par le théâtre de La Manufacture est présentée au Périscope à Québec jusqu’au 25 mars prochain. Une pièce coup de poing qui vous mettra K.O. et vous fera réfléchir, juste après vous avoir fait quand même bien rire!! 

Avec une distribution remplie de talent (Denis Bernard, Marie Michaud, Guillaume Cyr, Hubert Proulx et Gabrielle Côté) et bien qu’il affiche complet pour la majorité des représentations à Québec au Périscope, Pour réussir un poulet sera ensuite présenté à La Licorne à Montréal puis en tournée un peu partout au Québec. 

Résumé

Deux jeunes hommes, Carl et Steven, survivent tant bien que mal en ramassant du fer pour Mario Vaillancourt, le propriétaire des Galeries du Boulevard. Grossier, menaçant, l’individu semble avoir sur le feu des activités plutôt louches… En tentant d’améliorer leur sort, les deux amis s’enfoncent dans une spirale qui leur fait bouffer de plus en plus de misère.

On connaît Fabien Cloutier pour ses textes assez crus, au langage plutôt coloré et surtout pour son regard très lucide de la société. Que ce soit dans ScotstownCranbourne ou encore son spectacle Assume, et sûrement aussi dans Billy (les jours de hurlement)  (présenté en 2013, mais dont c’est le seul que je n’ai pas vu) Fabien présente, dans chacune de ses œuvres, un portrait très réaliste des travers de notre société, et nous amène à réfléchir et à s’évaluer comme peuple.

Pour Réussir un poulet est à mon avis son texte le plus accompli, le plus percutant de par son authenticité, son efficacité, son ton et sa capacité à brasser le spectateur, tout en le divertissant et le faisant rire (parfois jaune). Pas surprenant que Pour réussir un poulet, ait été récipiendaire d’un Prix littéraire du Gouverneur général en 2015. Soyez avertis, en tant que spectateur, vous sortirez de la salle totalement ébranlé. Cette pièce m’a mise complètement K.O. à la toute fin. On commence doucement, avec humour, les répliques surprenantes, cinglantes, troublantes et créant des malaises parfois, qui font rire jaune, ou éclater de rire de ridicule. Puis, on entre dans les moments plus difficiles, le drame s’installe petit à petit, les problèmes s’amplifient, les solutions se raréfient. Mais on continue de rigoler un peu… Et quand on s’y attend le moins, les dix dernières minutes de la pièce nous atteignent comme un crochet, une droite en pleine face qui nous assomme littéralement.  Bien honnêtement, après la dernière réplique, dans le noir, quand les gens ont commencé à applaudir, ce fut fait bien discrètement, car comme moi, je crois que bien des gens étaient totalement sonnés. Puis peu à peu, en reprenant nos esprits, les bravos ont fusé et l’ovation debout a suivi.

Naturellement, je ne brûlerai aucun punch, je ne vais pas élaborer sur le texte, le détail de l’histoire non plus. Je m’en tiendrai à ceci : Cette pièce dresse un portrait réaliste et peu reluisant de la racaille, des petits magouilleurs, mais aussi et surtout de ceux qui, acculés au pied du mur, marchent parfois sur leurs principes pour garder la tête hors de l’eau. Avec son regard lucide, sans lunette rose et sa langue sans censure, mais toujours teintée d’humour, Fabien Cloutier dépeint, sans grâce, un peu tout le monde, sans chercher de coupables : patrons, employés, immigrants, tous font partie d’un système où la valeur du travail, des gens et des choses se monnaie parfois uniquement selon la taille des égos.  Petites magouilles de bas étages, patron dont l’unique souci est son propre avancement, jeunes hommes sans éducation et sans-le-sou, parents désœuvrés et jeune femme brillante coincée dans un dîner de centre d’achat : voilà le portrait de cette création de Fabien Cloutier, où toutes les classes de la société se retrouvent dans la même galère et où les plus démunis sont souvent ceux qui savent le mieux cuisiner. 

On en vient à se poser la question : Où trace-t-on la ligne entre ses désirs et ses valeurs? Jusqu’où on va, quelles excuses on se donne pour rendre acceptable nos actions qui vont à l’encontre de nos valeurs, de nos principes moraux?

Il est certain que cette pièce dérange. Personnellement, j’en connais de ces petites gens qui sont démunis, peu d’éducation, peinant à trouver un travail décent, se faisant souvent avoir par ses patrons, par des plus éduqués qu’eux. Plus ils tentent de sortir la tête de l’eau d’une manière ou d’une autre, plus ils s’enfoncent dans les petits crimes, les petits magouilles, et ils y laissent une partie de leurs valeurs, leur fierté, leur dignité. Et ces patrons qui abusent de leur pouvoir, ces sans scrupules qui profitent de ces moins nantis, j’en ai connu aussi et cette réalité n’est pas belle à voir et c’est pour ça aussi que ça dérange, car c’est authentique, ça existe pour vrai.

Denis Bernard, Guillaume Cyr, Marie Michaud, Hubert Proulx

Denis Bernard, Guillaume Cyr, Marie Michaud,
Hubert Proulx

En plus d’en avoir écrit le texte, Fabien Cloutier en signe aussi la mise en scène et c’est assez efficace. Avec un décor très simple, trois chaises et c’est tout, et aucun accessoire, tout est imaginé par le spectateur et c’est très bien comme ça. Ce sont les mots et les émotions qui priment, qui sont mis de l’avant, et rien ne vient nous détourner du texte. Pas question ici de tenir la main au spectateur non plus. Celui-ci doit se concentrer et assembler les morceaux de ce qu’il voit sur scène. Pourquoi? Parce que parfois, il peut y avoir les cinq acteurs sur scène en même temps, qui ont des discussions, des dialogues entre eux en alternance, dans des endroits différents et on doit en arriver à comprendre où ils se trouvent, avec qui ils parlent, et au début en plus, le lien qui les unit. Et vous savez quoi? Avec un peu de concentration, on arrive à créer les liens, suivre les conversations et surtout à vivre les émotions qu’ils nous transmettent. Ainsi donc, grâce à cette mise en scène, on est alerte, à l’affut, à l’écoute du texte.

Il faut dire que la distribution de la pièce est du tonnerre! Denis Bernard, qui incarne Mario Vaillancourt, le proprio du centre commercial, aux activités plus ou moins louches est haïssable à souhait. Que j’aurais donc voulu le frapper à plusieurs occasions. Marie Michaud qui incarne la mère de Steven, est mignonne et surprenante dans son rôle où l’ignorance lui fait dire des choses horribles envers entre autres certaines ethnies.

Carl et Steven (Guillaume Cyr et Hubert Proulx, deux sublimes acteurs qui n’ont pas peur de nous servir une belle gamme d’émotions fortes) sont les deux pauvres jeunes hommes qui cherchent des jobines, plus ou moins louches, pour boucler leurs fins de mois et faire vivre leurs petites familles respectives. Plus ils s’enfoncent dans leurs malheurs, plus les spectateurs ressentent de l’empathie pour eux. Gabrielle Côté dans le rôle de Mélissa, la sœur de Carl et la blonde de Steven, complète la distribution.

Fait intéressant, il y a aussi durant la pièce, plusieurs moments où on entend de la musique, pour ajouter à l’ambiance et pour amplifier les émotions. Cette musique arrive juste à point. On oublie parfois qu’elle est là, mais elle est très efficace. Et cette musique est une création du groupe Mister Valaire.

Après son passage au Périscope à Québec jusqu’au 25 mars, la pièce sera présentée à la Licorne à Montréal puis à travers la province en avril.

 

 Durée 1h10 sans entracte

Production La Manufacture

Jusqu’au 25 mars au Théâtre Périscope de Québec

à la licorne 28 mars au 8 avril, (supplémentaires ajoutées récemment (jeudi 30 mars à 21h + dimanche 2 avril à 15h + samedi 8 avril à 20h

VOUS POUVEZ AUSSI LE VOIR EN TOURNÉE

11 avril            Laval, Salle André-Mathieu

15 avril            Salaberry-de-Valleyfield, Salle Albert-Dumouchel

18 avril            Sherbrooke, Salle Maurice-O’Bready

21 avril            Rimouski, Théâtre du Bic

22 avril            Sainte-Marie-de-Beauce, Salle Méchatigan

25 avril            Jonquière, Théâtre La Rubrique

26 avril            Baie-Comeau, Théâtre du Centre des arts

28 avril            Montréal, Arrondissement LaSalle, Théâtre Desjardins

2 mai   Rouyn-Noranda, Agora des arts

Texte et mise en scène
Fabien Cloutier

Assistances à la mise en scène
Emmanuelle Nappert

Décor, costumes et accessoires
Maude Audet

Éclairages
André Rioux

Musique
Misteur Valaire

Direction artistique
Denis Bernard

Compagnie
Théâtre de La Manufacture

Distribution

Denis Bernard

Gabrielle Côté

Guillaume Cyr

Marie Michaud

Hubert Proulx 

www.theatreperiscope.qc.ca

https://theatrelalicorne.com/

http://fabiencloutier.com/

Crédit photos : Courtoisie

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