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La vie littéraire de Mathieu Arsenault : « Faut pas que je sois là, jamais. »

24 mars 2017 17 h 54 min 0 commentaire
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Auteur:

Augustin Charpentier

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Mathieu Arsenault

Mathieu Arsenault

Du 22 au 31 mars 2017, Mathieu Arsenault monte sur la scène du théâtre de La Chapelle en porte-voix de La vie littéraire. Entrevue avec l’auteur-performeur au surlendemain de la première.

« Il y a pas de personnage, seulement des phrases au féminin. »

La question s’est alors posée : quelle voix pour (faire) porter les phrases de La vie littéraire? Le metteur en scène Christian Lapointe, qui avait déjà adapté Vu d’ici en 2012, a opté pour celle de Mathieu Arsenault lui-même, permettant par-là un jeu sur l’écart entre l’auteur et ses phrases dé-genrées. « Le but était de ne pas mettre à l’abri le spectateur. » De sorte que ces phrases puissent parler à n’importe qui.
Christian Lapointe a pris des passages du texte paru en 2014 au Quartanier, les réagençant pour donner un « collage qui ne passe pas par le même chemin » que celui-ci. L’expérience de jeu s’est ainsi révélée « complètement différente de l’expérience d’écrire le livre » pour Mathieu Arsenault, confronté à ce texte nouveau, et appris par cœur.

L’auteur, plus habitué aux lectures publiques, s’est préparé à monter sur scène au cours d’ateliers dirigés par Christian Lapointe. Avec « cinquante minutes à faire », il lui fallait apprendre comment, alors qu’elle est déjà captée sous les projecteurs, conserver l’attention. « Sur scène, il y a toi-même et le spectateur, à tout moment. » Et pour soutenir le performeur, un travail technique effectué sur le mouvement du corps et la modulation de la voix. « Christian a recentré le texte autour de la présence », de sa relation avec le public.
« Faut pas que je sois là, jamais. Faut que le texte soit là avant que je sois là. » De sorte que Mathieu Arsenault s’est effacé. Autrement, « le texte prend peur et s’enfuit, et ne revient pas. »

« Le texte cherche à communiquer. J’ai pas le droit de parler au nom du texte, j’ai pas d’autorité sur lui. Il faut que le texte communique. » Ceci pour espérer toucher à l’expérience esthétique, et qu’un spectateur, une spectatrice ou plusieurs puisse se dire : il n’y a personne d’autre que ce texte, qui me raconte mieux que moi-même.
D’autant que par rapport au livre, le spectacle se concentre davantage sur la vie ordinaire. La vie que les vies palpitantes, les vies littéraires, font croire « plates et sans tribulations. C’est important de résister à ça, et de donner une valeur à notre propre existence. » Comment? « Il faut réécouter ce que c’est le réel, et se reconnecter avec la vie, la vie d’aujourd’hui. C’est ça, être là, avec toute ton époque. T’as pas le choix d’être solidaire avec ton époque. Ce qui reste de l’histoire, c’est le contemporain. »

Et la volonté pour Mathieu Arsenault de plonger dans l’indénombrable du réel désorganisé. «J’écris en continu. J’écris comme je pense, avec les mêmes formules que quand je parle. » Même si, à la différence de Virginia Woolf ou de James Joyce, il ne met pas en scène le flux de conscience qui sortirait de l’esprit comme d’un micro : « la pensée est langagière. Tout est dans le langage. »
Une fois échauffé, « ça se met à écrire sans penser. Une part de ma tête oriente le matériau qui arrive. Parfois, des images arrivent. Quand ça insiste, il y a quelque chose pour un sujet qui soit pas juste moi qui raconte ma vie. » Il s’agit alors de trouver un territoire, ici la Vie littéraire, qui permet à Mathieu Arsenault de déraper tout en restant à l’intérieur. Même si parfois, il découvre un espace ouvert, comme à la fin de sa Vie littéraire, à savoir la durée.

« Quand t’écris, les choses ressortent. Qu’est-ce qui reste », sinon un Testament inscrit dans une temporalité qui dépasse l’existence ordinaire? « Est-ce que tu continues d’écrire? Est-ce que tu as encore le temps? »

La vie littéraire, du 22 au 31 mars au théâtre La Chapelle.

De et avec : Mathieu Arsenault
Collaborateurs : Christian Lapointe, Simon Dumas
Répétiteur : Jocelyn Pelletier
Production : Rhizome
Coproduction : Théâtre Blanc, Maison de la Littérature
Avec le soutien de : Recto-verso
Assistant et stage manager : Lola Tillard

Crédits photographiques : Simon Dumas

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