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« Far away », une œuvre à voir au Prospero à Montréal

5 avril 2017 11 h 24 min 0 commentaire
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Auteur:

Sophie Jama

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Far away © Valérie Remise

Far away © Valérie Remise

Voilà une œuvre étrange : courte (1h15) alors que le temps y passe lentement mais sans qu’on s’y ennuie une seule seconde, minimaliste dans ses dialogues mais avec des paroles justes et pourtant énigmatiques, dans un décor mouvant et relativement simple mais où une multitude de petits détails sont à observer sans qu’on en touche vraiment le sens, sur une musique souvent grave, dramatique, et qui contraste avec le côté ingénu ou parfois très comique des propos mais dont le fond laisse supposer bien des horreurs, essentiellement composée de quatre séquences dont on hésite à décider qu’elles ont des relations étroites entre elles…

Far away est la 39e pièce de l’auteure britannique Caryl Churchill née en 1938. Dans une traduction française de Marie-Hélène Estienne, elle est présentée au Prospero, très bien interprétée par deux actrices (Lise Castonguay et Noémie O’Farrel) et un acteur (Ludger Beaulieu) dans une mise en scène de Édith Patenaude.

Monter une telle œuvre demande bien du courage car elle laisse le spectateur repartir la tête remplie de mille questions.

Le texte y est rare mais amené avec justesse ou parfois dans un délire total. Sans donner le goût de rire, il offre un petit côté jubilatoire par sa progression ou les surprises qu’il réserve. Certains costumes, ceux du curieux défilé carnavalesque, sont très élaborés et non dénués d’un certain humour également, avec toujours des petits détails qui contrebalancent l’apparence insouciante. Car ce qu’il y a à voir comme ce qu’il y a à entendre, toutes les péripéties bizarres qu’on rencontre au fil du spectacles, sont plombées par une atmosphère lourde d’oppression, de traite d’humains et de combats tout aussi violents qu’insensés.

Far away © Valérie Remise

Far away © Valérie Remise

Au début de la pièce, une petite fille, en visite chez sa tante, aperçoit son oncle faire des choses très méchantes avec des inconnus (mais ce sont des traitres, parait-il). Il semble que ce soit la même petite fille que l’on retrouve plus tard adulte, travaillant dans une fabrique de chapeaux où il se passe aussi des choses pas très normales, puis dans le monde où une guerre totale engage deux grands camps mais auxquels participent non seulement les nations, mais aussi les professions (dentistes lettons, bouchers thaïlandais…), les animaux (biches, crocodiles…) et jusqu’à tout le monde matériel (le fleuve, la montagne) et même conceptuel (le temps, l’ombre, le silence). Ce qui est sûr, c’est que l’oppression est partout, le chaos généralisé. La raison de cette monstruosité dont on ne peut plus sortir ? On l’ignore. Comme si cette raison n’avait pas d’importance. Que l’humanité avait seulement le besoin de se combattre et d’entraîner toute la planète avec elle. Reste une seule trace d’innocence dans la petite fille qui a grandi et qui – pour quelle raison? on l’ignore, là aussi –  a conservé son innocence et sa pureté.

Far away, du 4 au 15 avril 2017, au théâtre Prospero à Montréal

De Caryl Churchill

Traduction Marie-Hélène Estienne

Mise en scène Édith Patenaude

Avec Ludger Beaulieu, Lise Castonguay, Noémie O’Farrell

Assistance à la mise en scène Adèle Saint-Amand

Scénographie et lumières Jean Hazel

Création sonore Jean-François Mallet

Costumes Mêve Amélie Cormier

Visuel Ulysse del Drago

Information : http://theatreprospero.com/spectacle/far-away/

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