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« La Communauté », le dernier film du génial Tomas Vinterberg

22 juin 2017 9 h 06 min 0 commentaire
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Auteur:

Sophie Jama

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La Communauté © Photo de courtoisie

La Communauté © Photo de courtoisie

Élevé lui-même non pas dans une famille traditionnelle mais dans une communauté hippie, le génial metteur en scène danois Tomas Vinterberg, signe La Communauté, un film jubilatoire sur les rapports humains et les désirs de rompre avec les schémas de vie traditionnels.

À Copenhague, au début des années 70, nous ne sommes pas chez des hippies enfumés et chevelus, mais dans une famille intellectuelle de la classe moyenne plutôt aisée. Erik enseigne l’architecture à l’université, Anna présente chaque soir les nouvelles du monde au journal télévisé ; ils ont une belle adolescente de 14 ans, Freja, et ils sont très heureux. Mais voilà que le père d’Érik décède et lui lègue la superbe et immense demeure dans laquelle il a grandi, trop grande, trop belle et trop chère à entretenir. Érik veut la vendre, ils en tireront un gros capital. Anna le convainc qu’ils peuvent la partager, vivre en communauté. Elle a le désir d’expérimenter d’autres choses, de rencontrer de nouvelles personnes, de partager les joies de leur vie de famille à trois avec d’autres. Et puis c’est dans l’air du temps. Si les motifs affichés sont économiques, les vraies raisons sont idéologiques. On veut expérimenter de nouveaux schémas de vie, reste à savoir si l’expérience bénéficiera à tous.

Et voilà que défilent les candidats au partage et à la cohabitation dans cette très grande maison, qui donnent l’occasion à Tomas Vinterberg de dresser les portraits de personnages savoureux et imprévisibles, et de décrire le léger et subtil glissement de point de vue d’Erik qui n’ose pas dire non à sa femme et qui ne peut qu’éclater par moments dans des colères aussi surprenantes et inattendues pour son entourage que pour le spectateur.

Dans le rôle qu’il tient ici, Ulrich Thomsen apparaît bien différent du personnage qu’il interprétait dans Festen, le pur chef-d’œuvre du même Vintergerg, en 1998. Dans La communauté, si son statut de père de famille lui permettait jusque-là de soutenir des apparences de mâle volontaire, amoureux et respectueux de sa femme et de sa fille, voilà que ce statut vacille à présent qu’il n’est plus que l’élément d’un groupe où règne le beau principe d’égalité et de démocratie dans cette nouvelle communauté et dans sa maison qui ne lui appartient plus.

Anna de son côté, la belle et talentueuse Trine Dyrholm (Ours d’argent de la meilleure actrice au festival de Berlin 2016), croit avoir obtenu ce qu’elle souhaitait, le grain de fantaisie qu’elle désirait; du changement et de la générosité dans la continuité de son bonheur et de celui de sa famille. La vie peut se poursuivre comme avant mais dans l’application de leurs nouveaux principes de vie, pense-t-elle. La rencontre, la mise en commun avec d’autres, la solidarité, les décisions prises à la suite de réunions et de votes démocratiques… ils forment maintenant une très grande famille avec ses moments de partage, ses jeux, ses joies et ses tristesses, croit-elle.

Avec Érik l’amour et profond et partagé. Avec Freja, les trois forment une famille unie et solide qui ne peut que s’enrichir de cette ouverture et de cette solidarité humaine. Et pourtant, mine de rien, quelque chose de l’équilibre antérieur est rompu. Une autre femme apparaît, et pourquoi pas ? pense Anna. Puisqu’on vit en communauté, on doit tout accepter des autres, maintient-elle, toujours fidèle à ses principes…

Le talent de Vinterberg permet de naviguer avec aisance autour des personnages hétéroclites du groupe, au milieu duquel se débattent les deux protagonistes que sont Anna et Erik. Dans cette mise en commun, raisonnable seulement en apparence, les adultes comme toujours se déglinguent et le chaos apparaît sous l’œil perspicace des enfants. Freja l’adolescente qui s’éveille à l’amour et le petit Vilad dont la vie ne tient qu’à un fil, observent et subissent la douce folie des adultes qui se leurrent, évidemment, de ce désir de vivre en communauté pour ne pas faire comme leurs propres parents.

Sans doute La communauté n’atteint pas les sommets de Festen qui reste et restera difficile à dépasser. Mais le talent de Tomas Vinterberg n’est plus à confirmer. Son film est magnifiquement mené, drôle par moments, totalement tragique à d’autres, plein d’ironie, profond et il permet de réfléchir sur le couple, le partage et certains principes qui paraissent bons avant d’être appliqués, mais qui ne le sont pas forcément.

La communauté prendra l’affiche à Montréal le 30 juin 2017 en version originale danoise avec sous-titres anglais au Cineplex Forum (The Commune) et en version originale avec sous-titres français au Cinéma Beaubien ainsi qu’au Cinéma le Clap à Québec.

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