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« Omi Mouna » par Mohsen El Gharbi, ou les vertus d’une origine multiple

12 octobre 2017 9 h 36 min 0 commentaire
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Auteur:

Sophie Jama

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Mohsen El Gharbi © Alex Paillon

Mohsen El Gharbi © Alex Paillon

Tout le monde possède au moins deux origines différentes (par son père et par sa mère), mais pour Mohsen El Gharbi, les choses sont encore plus compliquées, et tant mieux. Tunisien du côté de son père, Belge du côté de sa mère, il n’a appris ni l’arabe de son père ni le flamand de sa mère mais le français dans les écoles de Wallonie en Belgique où il a grandi. Acteur et metteur en scène talentueux installé à Montréal, à la fois conteur et quasiment mime, doté d’un très grand sens de l’observation et aussi de l’humour, il propose avec Omi Mouna un brillant one man show où il part à la recherche de la violence présente dans sa lignée paternelle dans un récit personnel à la fois vrai et quelque peu fantastique mais toujours très drôle.

Mohsen, qui interprète son propre rôle dans cette performance de 1h15 sur la scène du Montréal, Arts Interculturels (le Mai), nous explique avec sa manière bien à lui, à quel point l’image de son père a toujours été sous le signe de la violence, et ce jusqu’à ses dernières heures. Un fois qu’il a pris conscience de la disparition de ce père en 1999 et de sa grand-mère paternelle cinq ans auparavant, et tandis que son arrière-grand-mère née au tout début du XXe siècle était bien en vie ou en tout cas capable de l’éclairer sur sa lignée, il a décidé de partir la rencontrer en Tunisie, de faire peut-être un film sur elle et, en tout cas, de percer le mystère de cette violence qu’il refuse d’accepter dans son héritage personnel. Mais tout cela, n’est peut-être qu’une simple fiction, un moyen pour l’artiste d’exorciser cette transmission encombrante, et pour nous spectateur, de nous délecter de ce récit intelligent, drôle, raconté de manière très originale et qui permet d’approcher une certaine vérité.

Si Mohsen a souffert de la violence paternelle, il semble aussi avoir souffert de ne pas avoir été regardé, d’avoir ressenti une certaine transparence dont il tire parti dans son récit. Car une fois parvenu en Tunisie auprès de cette arrière-grand-mère fort sympathique mais assez peu loquace, il profite de sa transparence pour s’égarer dans le temps et devenir le témoin oculaire de ce que cette femme a vécu lorsqu’elle était jeune auprès de son mari, et bien avant de mettre ses enfants – dont le père de Mohsen – au monde.

Mohsen El Gharbi © Alex Paillon

Mohsen El Gharbi © Alex Paillon

Avec beaucoup de charme, d’humour et de délicatesse, le récit de Mohsen nous permet de l’accompagner dans son périple en Tunisie et presque comme si nous y étions aussi. Avec lui, on prend l’avion jusqu’à Tunis, on passe les formalités douanières, on prend un taxi plus ou moins honnête, on joue avec des gamins au football et on retrouve Omi Mouna, on assiste à un concert de musique tunisienne et tant de choses encore, et le tout sans le moindre accessoire, aucun décor, seulement quelques éclairages d’ambiance. Mohsen El Gharbi possède beaucoup de talents et surtout celui de rendre incroyablement vivantes et très drôles les moindres détails de ses plus fines et délicates observations.

Omi Mouna, du 10 au 14 octobre 2017 au Montréal, arts interculturels (MAI) à Montréal

Production L’Acteur en Marche

Auteur, comédien et metteur en scène : Mohsen El Gharbi

Conseiller artistique :  Jean-Marie Papietron

Conseiller dramaturgique Patrick Cady

Concepteur lumière Armando Gomez Rubio

Régisseur Audrey-Anne Bouchard

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