« Ruminant Ruminant », un spectacle à voir au théâtre La Chapelle à Montréal

Ruminant Ruminant  © Sonya Stefan
Ruminant Ruminant © Sonya Stefan

Ruminant Ruminant s’annonce comme un spectacle de danse. Et c’est vrai, il y a de la danse dans cette œuvre interprétée et pensée par Brice Noeser et Karina Iraola. Mais il y a tant de choses encore : des chansons, des citations, des discours dans toutes sortes de langues, parfois même inventées, les artistes changent de tenues vestimentaires, de chaussures, s’affairent à modifier l’organisation de la salle, à déplacer les chaises et les quelques accessoires présents, et mille choses encore, mais tout cela pour rien,… ou du moins pour offrir des situations qui explorent l’absurde, le non-sens, une forme de comique extrêmement originale, décalée, délirante, déjantée, juste pour le plaisir de jouer des incongruités et d’en rire.

Il y a peut-être quelque chose inspiré de Raymond Queneau et de Jacques Tati dans l’humour de Brice Noeser. Lui et Karina Iraola, les visages impassibles du pince sans rire, sérieux comme si rien n’était risible dans ce qu’ils font, s’adonnent à différentes saynètes sans aucune signification, jouant sur des bruits, des paroles vides de sens, des gesticulations inutiles, des sortes de jeux à contraintes absurdes qu’ils s’imposent dans la réalité, des montages compliqués avec écran et dispositifs musicaux pour un effet long de quelques secondes mais qui immanquablement fait rire par leur côté dérisoire.

Avec peu de moyens mais beaucoup d’imagination et une certaine poésie, les deux artistes mettent leur talent au service d’une œuvre qui veut surtout ne rien dire, pour laquelle il est impossible de faire la moindre interprétation. Inutile même d’essayer.

Ruminant Ruminant, c’est le titre, car il en fallait bien un. Tout au long du spectacle, deux toutes petites vaches en plastique sont bien éclairées en plein milieu de la scène et servent à une micro saynète encore loufoque de marionnettes tout à la fin. Voilà certes une manière de justifier le titre. Mais cette scène n’a pas plus de sens que les autres. Elle est là pour surprendre le spectateur, pour l’amuser, lui faire sentir qu’au fond rien n’est très sérieux dans la vie, qu’en tout cas, en y regardant de près, tout est si dérisoire et finalement dépourvu de sens que tout peut bien prêter à rire.

Ruminant Ruminant  © Sonya Stefan
Ruminant Ruminant © Sonya Stefan

Brice Noeser est un artiste à suivre, un clown de la vie quotidienne, un expert du futile et de l’inutile dans ce monde où tout se veut rationnel, efficace, important…

Ruminant Ruminant du 30 novembre au 5 décembre 2017 au théâtre La Chapelle à Montréal

Brice Noeser a eu des idées et en a discuté avec Karina Iraola qui incarne la pièce avec lui. Catherine Tardif est venue plusieurs fois les assister durant le processus de création. Sylvie Nobert, accompagnée par Vincent Santes, a conçu les éclairages en plus d’en faire la régie et la direction technique. Michel F. Côté a offert une assistance sonore, Annie Gélinas a conçu des accessoires, et Sonya Stefan s’occupe des captations vidéo.

Informations : http://lachapelle.org/fr/calendrier/ruminant-ruminant