La Terre de William Bates de Roger Gariépy, une captivante saga criminelle inspirée de quelques faits vécus!

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La Terre de William Bates,

Après La ville oubliée, paru en 2012,  Roger Gariépy publie son deuxième roman, La Terre de William Bates, aux éditions Hurtubise, cette fois-ci. Un roman qui se passe dans le Haut-Canada, dans les années 1830, et qui mélange des faits historiques à une histoire de fiction. Une captivante saga criminelle inspirée de quelques faits vécus! 

Résumé

Kingston, Haut-Canada, années 1830. Le paysan William Bates fait scandale, tant par son comportement volage avec Nakeena, une Indienne Mississauga, que pour son penchant pour la bouteille. Un avocat véreux convoitant sa terre et un pasteur anglican désirant son épouse forment une alliance machiavélique contre lui. Bates entend se défendre. Arrivera-t-il à échapper à leurs manigances? Un retentissant procès viendra alors bouleverser la population de Kingston.  Au même moment, les Mississaugas sont de plus en plus refoulés par les Blancs et songent à partir. La jeune Nakeena, amoureuse de William, réussira-t-elle à composer avec les passions de son coeur ? 

Sans nécessairement savoir exactement quelle est la part de fiction et quels sont les éléments historiques réels dans ce roman, il est certain que Roger Gariépy s’est très bien renseigné sur cette époque, les mœurs, la culture, la vie au quotidien ainsi que la relation qui existait entre les blancs et les Indiens qui se partageaient le territoire.

On peut dire qu’il y a deux histoires distinctes qui sont présentées dans ce roman. Il y a le récit principal, concernant William Bates et toute l’affaire judiciaire qui a entouré la bataille pour sa Terre. Et il y a l’histoire secondaire qui raconte en partie la vie des Amérindiens Mississaugas de la rivière Cataraqui.

Les déboires de William Bates, son gros penchant pour les beuveries,  ses problèmes conjugaux, et ses démêlés avec un avocat malhonnête et sans scrupule et un pasteur perfide et fourbe, sont lourds parfois à lire et déprimants de voir autant de méchanceté humaine dans un même village. C’est comme s’il n’y avait que des personnes mal attentionnées dans ce coin de pays. Ceci est dommage. Il aurait pu y avoir quelques bonnes personnes, cela nous aurait donné le goût de poursuivre notre lecture avec plus d’enthousiasme.

Cependant, la seconde histoire qui est racontée est plus lumineuse. On apprend à connaître les rituels, le style de vie, les valeurs et principes de vie tout en sagesse des Mississaugas. On voit comment ils sont injustement traités par les blancs, comment ils sont dépossédés de leur territoire et obligés de se déplacer. On les incite à assimiler le monde des blancs plutôt que de garder leur mode de vie traditionnel. Ce sont ces passages dans le roman qui m’ont le plus touché et inspiré. Ce sont ces personnages auxquels je me suis attaché, Keawe et Nakeena.

Je trouve déplorable que le personnage principal du roman, William Bates soit si peu sympathique et même plutôt pathétique, si bien qu’on se soucie peu de ce qui lui arrive. En fait, on a plutôt l’impression qu’il mérite ce qui lui arrive. Je crois que l’auteur aurait eu intérêt à rendre ce personnage un peu moins antipathique ou encore à mettre plus à l’avant-plan l’histoire des Amérindiens.

Roger Gariépy a une plume simple, limpide, facile à lire. Ses descriptions sont bien imagées et ses dialogues crédibles.  Il sait également nous donner une bonne vision de l’ambiance qui régnait à cette époque.  Il y a un très grand souci du détail et de précision.

Roger Gariépy

Né et vivant à Prévost, dans les Laurentides, Roger Gariépy a toujours cultivé la passion de l’histoire. Longtemps propriétaire d’un atelier de fabrication de canots de bois, il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

Genre : Roman historique

Nombre de pages : 366
Prix : 24,95 $
Parution le : 2017-11-16

Éditeur : Éditions Hurtubise inc.

http://www.editionshurtubise.com/

Article sur le premier roman de Roger Gariépy, la ville oubliée :

http://info-culture.biz/2012/03/25/la-ville-oubliee/