Eye On Juliet (Regard sur Juliette) de Kim Nguyen, est étonnamment une belle histoire d’amour sur deux continents! Émouvant et magique!

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Eye On Juliet (Regard sur Juliette)

Après avoir été présenté dans plusieurs festivals en 2017, dont le TIFF, et remporté le prix du meilleur film de la Fédération des critiques de cinéma d’Europe et de la Méditerranée, au festival de Venise, le film Eye On Juliet (Regard sur Juliette) de Kim Nguyen, prend enfin l’affiche dans nos salles au Québec le 20 avril prochain, en version originale anglaise, en version originale avec sous-titres français et en version doublée en français.

Synopsis : Regard sur Juliette raconte l’histoire d’une rencontre improbable entre Gordon (Joe Cole), un opérateur d’hexapode, et Ayusha (Lina El Arabi), une jeune femme du Moyen-Orient. Gordon, gardien d’un pipeline dans cette région désertique, devient fasciné par Ayusha, alors qu’il pilote son araignée robotique de l’autre bout du monde, en Amérique. Ayusha est promise à un homme plus âgé qu’elle n’aime pas. Malgré la distance, leur peur mutuelle et leur interaction imparfaite, il fera tout en son pouvoir pour l’aider à échapper à son destin.

À l’ère de la robotique qui est de plus en plus présente dans nos vies, la bande-annonce de ce film me semblait annonciatrice d’un excellent film sur les différences culturelles, la puissance de la technologie, mais étrangement aussi une belle histoire d’amour en trame de fond. Pour une rare fois, la bande-annonce a su m’intriguer et a révélé juste assez d’infos pour m’intéresser. Au final, ce film s’est avéré être exactement ce que j’espérais, et même un peu plus.

Joe Cole

Ce film se doit d’être regardé sur grand écran, pour admirer les superbes paysages à couper le souffle de ce désert, entouré de villages modestes, dans lequel la majorité du film se passe. De plus, la musique qui accompagne ces paysages, et certaines scènes marquantes, est magnifiquement appropriée. Cette musique nous reste en tête bien longtemps après avoir vu le film. Également, ce long métrage vaut la peine d’être vu pour la performance de jeu de Joe Cole, dont je ne connaissais pas du tout l’existence, mais dont la sensibilité, la profondeur et la justesse de jeu m’ont littéralement jeté par terre.

Kim Nguyen est passé maitre dans l’art de faire ressortir l’humanité de ses personnages, de montrer à l’écran la communication complexe et parfois magique entre les humains.  Ce film est un véritable conte moderne sur la manière de communiquer, et la barrière des continents est brisée par cette robotique qui permet ainsi qu’un homme de Détroit aux États-Unis puisse entrer en contact avec une femme dans le désert de l’Afrique du Nord.

Lina El Arabi

Il y a plusieurs choses que j’aime dans ce film. D’abord, Kim Nguyen prend le temps de bien placer ses personnages principaux, pour qu’on comprenne le contexte dans lequel ils vivent. Et il le fait avec un minimum de mots et d’images. Ainsi, en quelques minutes, dès le début du film, on comprend que Gordon (joué magnifiquement, tout en nuance par Joe Cole) est un gars amoureux qui se fait laisser par sa copine et il en est dévasté, car il croyait qu’elle était son âme sœur. Il est un homme qui croit à l’Amour avec un grand A et n’est pas un fervent amateur des sorties sans lendemain. Avec l’utilisation de courtes scènes sans paroles et quelques-unes au ralenti, avec peu de mots, agrémentées de musique, on a vite compris de quoi il s’agit. Ensuite, c’est la même chose avec l’histoire de Ayusha (joué avec beaucoup de finesse et de sobriété par Lina El Arabi), on a quelques scènes-clés qui nous font comprendre qu’elle est promise à un riche héritier, alors qu’elle est amoureuse d’un homme de son âge, à l’insu de ses parents.

J’aime également qu’on nous présente la réalité de ces deux personnes, à l’autre bout du monde l’un de l’autre, qui ont des vies diamétralement opposées, avec des contraintes et réalités complètement différentes. Ces vies parallèles, on les suit avec intérêt, car on s’est attaché rapidement aux personnages. Ce drame est empreint d’ironie de la vie. On nous présente l’amour sous diverses formes. Gordon qui d’abord est désabusé par l’amour, ne semble plus croire à ses bienfaits. Il a perdu son âme sœur et croit que c’est fini pour lui l’Amour! Alors quand il voit cette jeune femme qui doit se battre pour sauver son amour à elle, Gordon se lance à la défense de cet amour et en fait sa propre quête de les réunir. Lors d’un indicent tragique, Gordon prend la décision de tout risquer dans sa vie pour la jeune femme dont, tout à coup, il semble s’être amouraché. Grâce à elle, il comprend qu’il peut croire encore à l’âme sœur. Cela peut sembler cucul, mais la manière dont Kim Nguyen amène cette histoire, nous la rend crédible et nous donne envie d’y croire, pourquoi pas, juste pour le plaisir du divertissement.

Eye on Juliet
photos: Sébastien Raymond.
seb©sebray.com

Il y a plusieurs beaux moments dans le film, qui nous émeut, nous chavire même parfois. Comme ce moment où un homme aveugle s’est égaré dans le désert et Gordon, avec l’aide du robot, va le ramener à la route. Durant cette promenade dans le désert, Gordon et l’aveugle vont vivre un moment magique de communication. La sagesse de ce vieil homme touchera des cordes sensibles chez Gordon.

On découvre aussi la réalité de ce peuple, cette religion qui fait en sorte que les parents ont main mise sur l’avenir de leurs enfants, en les promettant dans des mariages arrangés. On voit ainsi comment vivent ces gens à l’opposé de nous.

J’aime aussi découvrir comment cela fonctionne cette technologie, cette robotique qui permet de surveiller un grand champ de pipeline d’huile, à l’autre bout du monde. C’est fascinant!

Au final, c’est hallucinant de voir comment on peut se laisser emporter par une histoire d’amour, ou les deux protagonistes parlent des langues différentes, ne se voient jamais face à face, ont des vies et des réalités totalement opposées, mais qui sont réunies par un drone et un écran de télé, mais surtout par des sentiments forts qui peuvent traverser des continents.  Avec une fin un peu utopique, mais ouverte, on peut se laisser imaginer la suite de cette histoire, à notre goût et nos préférences.

Distribué par Les Films Séville, une filiale d’eOne, et produit par Item 7, Eye On Juliet (Regard sur Juliette) prend l’affiche le 20 avril 2018.

PRIX

2017 – FEDEORA PRIZES MEILLEUR FILM Venice Days – Giornate degli Autori

CANADA

Toronto International Film Festival – Special Presentations (2017)

FIN Atlantic International Film Festival (2017)

Festival du Nouveau Cinéma (2017)

Cinefest Sudbury Film Festival (2017)

Calgary International Film Festival (2017)

Vancouver International Film Festival (2017) 

MONDE

Venice Days – Giornate degli Autori – VENICE DAYS (2017) FEDEORA PRIZES BEST FILM

Warsaw Film Festival (2017)

International Film Festival of India Goa (2017)

Palm Springs International Film Festival (2018)

Bengaluru Film Festival in India (2018)

Beijing Film Festival (2018)

Genre : Drame

Version Originale: Anglais et Arabe avec Sous-titres anglais

Autres versions : Doublée en Français, Arabe avec sous-titres français.

Durée : 90 minutes

Lieux de Tournage : Ouarzazate, Maroc et Montréal

Distribution

Gordon Joe Cole

Peter Brent Skagford

Ayusha Lina El Arabi

Karim Fayçal Zeglat

Homme aveugle Mohammed Sakhi

Naomi Ayisha Issa

Bess Sinem Kara

Abbey Kelly Craig

Jeanine Alexia Fast

Mr. Al Qasim Mbarek Mahmoudi

Mrs. Al. Quasim Amal Ayouch

Ridha Hatim Saddiki

Bassam Mansour Badri

Travis Christian Jadah

Marion Marianne Farley

Superviseur de jour Ralph Prosper

Commis transfert d’argent Paul Hopkins

Videur club Andrew Farmer

Barista Franco Decrescentis

Collègue de Gordon #1 Alain Bastien

Réalisateur/ Scénariste Kim Nguyen

Producteur Pierre Even

Producteurs exécutifs Jeff Sackman,Sébastien Beffa, Nicolas Brigaud-Robert

Valéry Guibal, François Yon, Patrick Roy, Mark Slone, Marie-Claude Poulin

Directeur de production Yannick Savard

Productrice associée Jeannette Garcia

Directeur photo Christophe Collette

1ers Assistants réalisateurs Jérémy Peter Allen (Canada)

Pierre Magny (Maroc)

Concepteur artistique Emmanuel Fréchette

Monteur Richard Comeau

Costumes Valérie Bélègou (Canada)

Meriem Laraki (Maroc)

Maquillage Brigitte Bilodeau (Canada)

Sonia Akouz (Maroc)

Coiffure Maha Akouz (Maroc)

Distribution Lucie Robitaille (Canada), Aziza Marzak (Maroc), Mathilde Snodgrass (France), Margery Simkin (USA)

Directeur de postproduction Erik Daniel

Production de service (Maroc) Agora Films

Photographe de plateau Sébastien Raymond

Distributeur Canada Les Films Séville / Entertainment One (eOne) 

regardsurjuliette-lefilm.com

crédit photo courtoisie des Films Séville : Sébastien Raymond. seb©sebray.com