Laurel et Hardy, à la salle Albert-Rousseau, un hommage réussi. Une belle complicité entre André Robitaille et Louis Champagne.

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André Robitaille et Louis Champagne

Du 6 au 9 février, la salle Albert-Rousseau accueille la production Laurel et Hardy avec André Robitaille et Louis Champagne dans les rôles principaux.  Après avoir été à l’affiche au Théâtre Hector-Charland, à L’Assomption, l’été dernier, c’est maintenant en tournée à travers le Québec que la pièce va être présentée au public nostalgique de ce duo comique.

Résumé : Le monde entier connait les mythiques Laurel et Hardy. Ce duo comique qui a fait les 400 coups aux grands écrans dans les années 30, 40 et 50. Toutefois, peu de gens connaissent Stan et Oliver, les deux hommes qui se cachent derrière ces deux personnages immortels. Cette œuvre théâtrale marie humour et sensibilité, à l’image des deux hommes. Elle lève le voile sur la face cachée du duo en donnant accès tant aux coulisses de leurs nombreux films qu’aux moments charnières qui ont façonnés leur vie. Au fil des scènes, on découvre leur génie, leur indéniable complicité, mais également leurs démons, leurs obsessions et leurs histoires d’amour dignes des grands Feydeau! Autant que leurs personnages étaient minutieusement définis et joyeusement prévisibles, autant que Stan et Oliver s’avèrent complexes et intrigants. Au-delà des succès et des échecs, dans leur vie professionnelle et personnelle, Laurel et Hardy raconte d’abord et avant tout une magnifique et touchante histoire d’amitié.

Pour rendre hommage à ce duo comique légendaire du cinéma muet, l’équipe de production a opté pour une reconstitution des moments charnières de leurs vies professionnelles, mais aussi personnelles. Pour se faire, il y a eu l’apport d’un journaliste, interprété efficacement par Stéphane Archambault qui s’adresse à l’occasion au public et qui raconte à plusieurs moments, les événements marquants de ce duo, un peu comme si on était dans un reportage documentaire. C’est intéressant comme idée, par contre, ce fut parfois aussi un peu agaçant.

Personnellement, je n’avais pas nécessairement envie d’en apprendre autant sur les multiples problèmes conjugaux de Stan Laurel et ses cinq mariages. Il y a une scène en particulier, dans le salon chez Stan, où il reçoit Oliver avec son épouse, alors qu’on a l’impression de regarder une pièce de théâtre d’été burlesque avec claquements de portes. Brigitte Lafleur a une fougue et une énergie débordante, mais à quelques moments, elle en fait un peu trop pour mon goût.

Au-delà de ce moment plus ou moins intéressant pour moi, je dois dire que le reste de la pièce m’a séduite et comblée. Mes moments favoris demeurent les scènes où sont reproduites des séquences légendaires d’humour de ce duo comique. On y retrouve entre autres, la fameuse chanson avec sa petite chorégraphie «C’est moi Laurel, c’est toi Hardy». On a aussi une séquence dans un escalier avec un piano à monter, et une poussette à descendre. C’est très drôle de les voir dans ce jeu d’humour physique.

Ma scène préférée demeure celle où on est sur le plateau de tournage du film Vive la Liberté, à la fin des années 20. Avec un savant procédé utilisé en cinéma, où on pose au sol un écran vert (ou bleu dans ce cas-ci), et les acteurs se couchent au sol près de la poutre qui y est installée et ils font leurs prouesses. La caméra les filme en plongée et les images sont retransmises sur un écran géant face au public, avec en arrière-scène, la ville et on a l’impression que le duo est juché entre ciel et terre sur une poutre alors qu’ils sont poursuivis par la police. C’est tellement ingénieux et efficace. J’en aurai pris plus de ce genre de scène.

Les 9 comédiens

J’aime aussi les chorégraphies qu’il y a entre les changements de décor, qui sont faits par les 7 autres acteurs de la pièce. Tour à tour, ils font des pas de danse, tout en déplaçant les décors sur roulette. C’est efficace et cela évite les temps morts.

Je dois souligner l’excellent travail des sept comédiens Bernard Fortin, Stéphane Archambault, Brigitte Lafleur, Myriam Leblanc, Alexandre Bergeron, Marie-Ève Soulard-La Ferrière et Martin Héroux, qui tour à tour incarnent une panoplie de personnages, avec changement de costumes, en plus de danser et de déplacer le décor. C’est tout un exploit de gérer tous ces mouvements.

Et que dire du duo, Laurel et Hardy, avec André Robitaille et Louis Champagne. Ils ont le physique, ça se voit, mais ils ont aussi les mimiques et la gestuelle que l’on reconnaît si rapidement de ce duo. André Robitaille est très athlétique dans cette performance. Il m’a clairement épaté. Louis Champagne a un jeu plus sobre, impose par sa stature, et fait preuve de grande flexibilité quand même. Chapeau à ce duo très crédible et attachant.

Finalement, je dois mentionner aussi les costumes qui sont superbes et nous amène une certaine nostalgie des années 20 et 30. On peut dire que cet hommage à ce duo légendaire est réussi et en vaut le déplacement!

La pièce est présentée à nouveau à 20h, les 8 et 9 février à la Salle Albert-Rousseau ainsi qu’un peu partout au Québec en tournée par la suite, au courant de l’année 2019

Mise en scène Normand Chouinard et Carl Béchard

Texte Patrice Dubois et Luc Michaud

Avec André Robitaille, Louis Champagne, Bernard Fortin, Stéphane Archambault, Brigitte Lafleur, Myriam Leblanc, Alexandre Bergeron, Marie-Ève Soulard-La Ferrière et Martin Héroux

Producteur
Monarque Productions

Agent tourneur
Productions KOSCÈNE inc.

https://www.sallealbertrousseau.com/

http://www.koscene.ca/spectacle/laurel-et-hardy/

crédit photos : Courtoisie Productions KOSCÈNE inc