entrevues avec les artisans du film Menteur. A l’affiche depuis le 10 juillet.

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Menteur, ce film très attendu de l’été, d’Émile Gaudreault saura combler les amateurs de comédie, mais aussi les adeptes des films d’action, et ceux qui aiment être divertis par la folie, la fantaisie et l’originalité. Pour nous parler du film et de leur expérience de tournage Émile Gaudreault,  Éric K. Boulianne, Antoine Bertrand, Louis-José Houde, Catherine Chabot, Geneviève Schmidt et la productrice Denise Robert ont rencontré les médias à Québec en entrevue le 10 juillet dernier.

Voici mes entrevues avec eux et les photos de Réjeanne Bouchard, lors de leur passage dans la vieille capitale : https://www.flickr.com/photos/133521308@N05/albums/72157709589767366

Mon appréciation du film est disponible ici : http://info-culture.biz/2019/07/10/menteur-comedie-action-fantaisie-humanite/

Émile Gaudreault (réalisateur et scénariste), et Éric K. Boulianne (scénariste)

Émile Gaudreault (réalisateur et scénariste),  et Éric K. Boulianne (scénariste)Avec les succès d’été de vos films précédents, est-ce que la pression forte de produire une autre comédie à succès c’est stressant ou c’est un moteur? Écoutez Émile et Éric sur la : pression

On a souvent dit que ce film ressemblait à Liar, Liar de Jim Carey, mais finalement on voit bien que ce n’est pas du tout le cas, à part la prémisse de départ que c’est un menteur compulsif. Comment vous sont venues toutes ces idées et ces belles folies pour ce scénario?  Éric : «L’idée de départ vient d’Émile. Une phrase bien simple qui ouvre plein de possibilités. Un menteur compulsif qui voit ses mensonges se réaliser. Ensuite, les idées viennent de plusieurs séances de brainstrom, qu’on a commencé avant même la sortie de De père en flic 2.»

C’est quoi la recette pour faire une comédie d’été, car on voit bien que vous semblez l’avoir trouvé?  Émile : « La recette, je l’ai. La recette c’est que tu es profondément convaincu et conscient qu’il n’y en a pas de recette. Et qu’il n’y a pas de touche magique et qu’on doit travailler sans arrêt pour faire le meilleur film possible. Ce n’est pas parce qu’on a un excellent casting avec un Louis-José, Antoine… ou qu’on a une idée forte de scénario… Ça nous a pris une vingtaine de versions de scénario qu’on a révisé pour en arriver à ce film. Puis, il a fallu être exigeant dans la recherche de ce qui est vrai dans le jeu et être à la rechercher de la situation qui va faire rire. Car il faut se rappeler qu’il n’y a rien de garanti. On doit se fier à son instinct.  »

Éric «C’est sûr qu’il y a des éléments qui aident à faire un bon film de comédie, comme de s’avoir s’entourer des meilleurs des meilleurs, dans chacun des rôles, autant dans le jeu que dans la partie technique. Mais ce n’est pas garanti. Ensuite, il faut avoir une idée claire, donner le meilleur de soi-même au profit du film et avec Émile on peut être certain qu’il va être généreux, travaillant et exigeant. Il croit en son idée, en son film et il va tout faire pour rendre son film meilleur.  »

Vous avez des personnages savoureux dans ce film, interprétés par des acteurs et actrices de grands talents. Et il y a des scènes superbes comme celle avec Anne-Élisabeth Bossé où elle pleure et c’est hilarant. Est-ce que cela vient de votre idée ou si c’est elle qui l’a proposé ainsi? Écoutez ce qu’Émile dit sur cette scène avec : Ann_Elisabeth.

«C’est la même chose pour Geneviève Schmidt. Son personnage doit être saoul, et elle danse dans son bureau. Et là, elle me demande si elle peut twerker dans la fenêtre. J’ai dit oui et c’est un des moments les plus drôles du film. Je n’aurais jamais demandé moi-même à une actrice de twerker dans la fenêtre, parce que je ne voudrais jamais lui manquer de respect. Mais là, elle le propose et elle y va à fond. Et c’est comme ça avec tous ces acteurs… Louis-José, c’est pareil, on trouvait qu’il lui manquait une scène où il serait dépassé par les événements et on a pensé à la danse jazz. Louis-José a tenu à le faire lui-même, sans doublure et il l’a répété pendant 3 semaines. Et c’est lui qui l’a créé cette danse, à partir d’idées et de vidéos que je lui avais envoyés pour lui donner le ton. »

Et Denise Filiatrault, elle a même un petit rôle succulent dans le film. Comment est-ce arrivé ? Émile : «Denise est une bonne amie de la productrice Denise Robert…» Écoutez la suite avec : Denise-Filiatrault

Et à la fin du film (qu’on ne dira pas), est-ce que cela ouvre la porte à un deuxième film? Ou si vous vouliez tout simplement finir avec un punch? Émile : «On voulait vraiment finir sur un petit punch qu’on a trouvé 2 semaines avant la fin du montage. Mais c’est sûr qu’après, quand on y pense, cela pourrait ouvrir à un deuxième film. Menteuse? Ce serait intéressant, parce que c’est un autre genre de mensonge. Parce que le mensonge au féminin est probablement bien différent. C’est certain qu’il y a beaucoup de terrain qui n’a pas été exploité. Mais pour l’instant, on a plein d’autres projets qu’on veut réaliser.  »

Antoine Bertrand et Louis-José Houde

Louis-José Houde (Simon)Quatrième film avec Émile Gaudreault.  Après dix ans de votre premier tournage avec Émile, comment êtes-vous différent comme acteur, comment avez-vous évolué? Écoutez-le parler de : le_jeu

Et qu’est-ce qui fait que ça marche si bien avec Émile? « J’ai une grande passion pour l’efficacité comique et l’économie de mots pour un maximum d’effets. Émile est de cette même école-là. Il a fait de la scène avec le groupe sanguin à l’époque et il a cette même quête-là d’efficacité comique et d’émotions en même temps. Et on dirait qu’on parle le même langage comique. Je comprends ce qu’il veut et il sait quoi me dire pour que j’y arrive aussi. C’est clair la communication entre nous. Faire rire sur une scène ou faire rire dans une comédie à l’écran, c’est différent, mais les ingrédients pour y arriver ne sont pas si différents que ça finalement. »

Quels ont été les défis pour vous sur ce tournage? La scène de danse de jazz? Où le flot de paroles à apprendre et à livrer dans toutes les scènes ? Écoutez-le raconter ses : deux_défis.

Antoine Bertrand, (Phil) Antoine est arrivé pour la journée d’entrevues avec un diachylon sur le front, signe d’un accident arrivé juste avant de venir pour la promo. Explication : « Contrairement à Phil, mon personnage, je dis souvent que je suis l’homme le plus chanceux au monde. C’est vrai, j’ai une super chance. Plein de belles choses m’arrivent. Je me dis toujours qu’il y a un Bon Dieu pour les imbéciles (comme moi). Étonnamment, c’est drôle que pour la promo, je me suis fait mal, juste avant, comme si c’était un stunt publicitaire… eh pourtant non! »

Et c’est comment de jouer celui à qui la malchance arrive et que tout va mal pour lui? «Physiquement c’est drainant. Parce que t’es toujours en grosse tension, dans le cou, les épaules. Je m’abandonne, quand on fait des scènes, parce qu’il faut se croire. Donc, j’avais des torticolis, le dos et le cou qui craquaient, parce que j’étais tendu. Tout cela a disparu quand le tournage a arrêté. »

Et de jouer avec Louis-José et avec Émile Gaudreault, pour une première fois c’était comment? Écoutez-le parler du : tournage_avec-Louis-José-et-Emile

Est-ce que vous aviez un défi particulier ou une crainte sur ce tournage? « Pas vraiment, mais je dirais que dans une comédie, il faut rester vrai, toujours. Et c’est facile, dans une comédie plus fantaisiste où les situations sont plus grosses, de perdre de vue la vérité. Car si on est accoté sur une situation vraie, même si ce qu’on joue est énorme, les gens vont continuer d’y croire et d’en rire. La ligne est vraiment mince entre jouer trop gros, pas assez et juste sur notre X. Et c’est pour ça que ça prend un leader, comme Émile pour nous montrer comment ne pas déborder de cette mince ligne en humour. »

On vous jumelle souvent avec un humoriste comme duo dans les films. Avec Patrick Huard, Omar Sy, Louis Morissette et Louis-José. Pourquoi pensez-vous que ça fonctionne ces duos? « C’est dur à dire. La chimie c’est des intuitions. D’emblée je m’entends bien avec tout le monde. Et je dois dire que j’ai été chanceux d’avoir eu de belles énergies et de la belle chimie avec mes partenaires de jeu. Je ne sais pas pourquoi. Et étonnamment, j’ai travaillé avec des humoristes qui aiment travailler en équipe et qui avaient cette générosité de travailler en équipe. J’avais peut-être un préjugé défavorable par rapport à ceux qui faisaient de l’humour. Vu qu’ils travaillent seuls, je ne pensais pas qu’ils pouvaient être des teams players. Mais force est d’admettre qu’ils le sont pour la plupart. Jusqu’à date, c’est 4 en 4. »

Louis-José dit qu’il aime pouvoir répéter ses lignes des centaines de fois pour être meilleur chaque fois. Pourtant, en général, c’est l’opposé pour un acteur comme vous, je crois. Vous voulez le jouer le moins souvent possible pour être plus vrai et spontané. Comment avez-vous réussi à bien vous entendre sur ce sujet avec Louis-José. «C’est exactement comme vous le dites. » Écoutez la suite de : methode_de_travail

Catherine Chabot, Geneviève Schmidt, Denise Robert

Catherine Chabot (l’interprète Russe) La première question qu’on se pose tous c’est connaissiez-vous le russe avant le tournage? «Non. Cela a vraiment été un beau défi, dans lequel j’ai plongé avec beaucoup de bonheur. Je l’ai appris phonétiquement. Je ne parle pas un mot de russe à part le mot pour dire merci. J’ai eu la chance d’être coaché par Vitali Makarov qui joue le délégué russe dans le film. Il s’est assuré de rectifier mon accent. Je me devais de sonner vrai pour qu’on y croie. »

Denise Robert mentionne que lors de la première à Montréal, il y avait un russe qui lui a demandé si elle était russe pour parler aussi bien le russe. Il ne croyait pas que cela avait été appris phonétiquement, car il a dit qu’elle avait l’accent et la musicalité parfaite pour cette langue.

Premier grand rôle au cinéma. C’est sûrement bien différent du théâtre. Racontez-moi votre expérience de tournage. Écoutez son : experience_tournage «Je suis reconnaissante que Denise et Émile prennent le risque de me prendre pour un grand rôle.»

Geneviève Schmidt

Geneviève Schmidt (la patrone) Vous pouvez jouer autant le drame que la comédie. Qu’est-ce qui vous plait le plus dans les deux? «Je ne peux pas choisir. » Écoutez ce qu’elle aime entre : drame-ou-comédie

Votre personnage passe de très sobre et sérieuse à party animal et très extravertie. Et votre look change du tout au tout dans cette vie parallèle. Comment le CCM (costume, coiffure, maquillage) vous aide à changer de registre de jeu? « C’est fou comment juste le look, ça change et ça t’aide à créer ton personnage. Juste un bijou parfois ça va parler pour l’acteur. Chaque élément de notre costume, notre coiffure, nos accessoires, nous parle. Donc, dans le look de la femme sérieuse, j’avais les cheveux très lisses. Mais ensuite, on me transforme avec des fluffy, mon petit champignon, sur le dessus. Le matin, quand le CCM me disait qu’il me préparait pour mes scènes plus olé,olé, c’est sûr qu’avec un toupet gonflé de 4 pouces, déjà, là, je me trouvais bien drôle. Donc, dès le changement de look, je me sens comme mon autre personnage. Ils sont vraiment la crème de la crème du CCM. Ils savent ne pas trop en mettre non plus. Car c’est toujours ça le danger dans le jeu et le visuel, il ne faut pas en mettre trop pour que ce soit comique, sinon on vire dans le burlesque, et c’est moins drôle, car c’est moins vrai.»

Vous avez vu le film en grande première à Montréal, qu’en avez-vous pensez ? « Quand j’ai vu le film, je me suis dit que c’était égal au grand talent d’Émile. Disons que l’avoir vu hier, sans avoir pu y participer, j’aurais été un peu jalouse de ne pas en avoir fait partie. Je suis contente aussi qu’Émile et Denise, la productrice, choisissent une fille qui n’était pas connue du public (Catherine) pour un des rôles principaux. C’est audacieux. Catherine était la fille parfaite pour ce rôle. Aussi, j’ai remarqué lors du visionnement, qu’autant les gens dans la vingtaine que les gens plus âgés ont ri beaucoup. Cela touche tout le monde. L’histoire est tellement bien ficelée que tout le monde s’y accroche. »

Denise Robert (productrice) Parlez-moi de cette collaboration avec Émile à nouveau. «C’est notre 9e film que l’on fait ensemble. Cette proposition, je l’ai adoré tout de suite, car qui n’a pas menti un jour dans sa vie? Et on s’est même mis à penser à notre tout premier mensonge. Et moi je me souviens que c’était à la confession et on te disait dans tes classes de catéchèse que c’était impossible que tu n’aies pas péché durant la semaine, alors on inventait des péchés pour la confession. »

Une production de 7 millions $, qui a nécessité 45 jours de tournage sur trois mois. Il y a beaucoup d’action pour un film qui est en soit une comédie vous ne trouvez pas? « Ça fait longtemps que je fais du cinéma et je dois dire que Menteur est le film qui a le plus d’effets spéciaux,  digne d’un film américain. On n’a rien à envier aux spidermans. Avec Menteur, les gens vont apprécier autant sinon plus, avec des acteurs qui sont de grands virtuoses et l’histoire qui est très drôle, avec beaucoup d’action en plus. »

C’est quand même une grosse distribution, plusieurs acteurs de renom.  Parlez-moi de ces choix d’actrices pour les divers rôles. «Pour faire de la comédie, il faut des virtuoses. C’est un talent, et tu l’as ou tu ne l’as pas. Donc, on ne s’est pas gêné pour aller chercher les meilleurs dans ça. Et Émile les amène dans une vérité et ce sont les situations qui sont drôles. Choisir Catherine Chabot pour un premier rôle, c’était un risque calculé. On l’avait vu au théâtre et on savait qu’elle était une grande actrice. Elle a aussi écrit une pièce de théâtre qui s’appelle ligne de fuite, et elle est formidable dedans. On savait dès notre rencontre avec elle, qu’elle serait capable de donner la texture et l’âme de ce personnage. Tout comme Geneviève d’ailleurs, qui réussit à jouer deux extrêmes dans des mondes parallèles, de passer d’un rôle où elle est très sérieuse, et l’autre où elle est hors contrôle. Elle se fout de tout, des conventions. Pour Denise Filiatrault, je suis contente que cette grande actrice ait eu la générosité de venir faire une scène. Ma fille de 23 ans, pour elle, c’est sa scène préférée du film. C’est une scène d’anthologie. »

Le film Menteur prend l’affiche au cinéma, dont le cinéma Le Clap, dès le 10 juillet 2019. Mes entrevues avec les artisans du film seront disponibles dès vendredi le 12 juillet sur ce site.

DISTRIBUTION

Louis-José Houde SIMON AUBERT

Antoine Bertrand PHIL AUBERT

Catherine Chabot CHLOÉ THERRIEN

Anne-Élisabeth Bossé VIRGINIE

Geneviève Schmidt FRANCE GAUTHIER

Véronique Le Flaguais CLAIRE AUBERT

Luc Senay GEORGES AUBERT

Patrice Coquereau ROBIN

Marie-Lise Pilote SANDRA

Sonia Vachon MARTINE

Didier Lucien DOMINIC DUFOUR

Vitali Makarov OLEG

Denise Filiatrault CHAUFFEUSE UBER

Michel Laperrière PAUL (LE VOISIN)

ÉQUIPE

Réalisé par Émile Gaudreault

Produit par Denise Robert et Émile Gaudreault

Scénario de Émile Gaudreault Éric K. Boulianne Sébastien Ravary

Direction photo Steve Asselin

Direction artistique Christian Legaré

Costumes Anne-Karine Gauthier

Monteur Arthur Tarnowski, ACE

Musique originale FM LeSieur

Création sonore Marie-Claude Gagné

Son Martin Desmarais Bernard Gariépy Strobl

Effets visuels Jean-François Ferland

Distribution des rôles Brigitte Viau Isabelle Thez-Axelrad

Assistante réalisateur Karine Perron

Visitez menteur-lefilm.com

Crédit photos : Réjeanne Bouchard