Le charme des après-midi sans fin

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Maxime Plamondon

Le charme des après-midi sans fin [1]

Dimanche dernier, 21 juillet, s’ouvrait la deuxième édition des Contes sur le parvis à la Maison de la littérature. Après une matinée teintée de gris, les rayons de soleil se sont finalement faufilés doucement en début d’après-midi. Si vous n’êtes jamais entrés dans ce lieu mythique qui se distingue par sa blancheur et sa splendeur, dépêchez-vous de l’ajouter à votre agenda estival ! Les Contes sur le parvis sont en quelque sorte une superbe porte d’entrée afin de découvrir cette belle maison de culture qu’est la Maison de la littérature, à la fois bibliothèque et joyau culturel niché dans le Vieux-Québec.

Maxime Plamondon, conteur, Maison de la littérature

Maxime Plamondon, jeune conteur de la fin vingtaine, exerçant son art depuis quand même plus de 10 ans, avait le mandat d’être le premier à s’illustrer sur le parvis. Il a très bien rempli sa mission, performant avec fougue et conviction devant un public conquis, quoique timide. Nous étions une trentaine de convives à s’être déplacés à ce premier banquet de contes de cette année. Amoureux des mots, passionnés de littérature et de parole vivante, simples curieux et passants invités à prendre place sur les jolies chaises installées sur le parvis, petites familles, des trentenaires jusqu’aux septuagénaires, tout ce public hétérogène était captif et attentif.

Le conteur, très gestuel, a pris place dans les marches qui mènent à la Maison de la littérature, sans artifices. Les passants entraient et sortaient librement de la Maison, contournant le conteur, chargés de livres empruntés à la bibliothèque. Le livre n’est pas mort, dedans comme dehors, vivant dans les manuscrits et dans la littérature orale.

Maxime Plamondon

Chemise blanche et jeans bleus, livre à la main comme simple accessoire, Maxime Plamondon a entremêlé langue châtiée et familière, représentative du peuple qu’il incarnait dans ses histoires, morceaux plus doux et imagés et vers poétiques à la Jacques Ferron pendant les trente minutes qu’a duré sa performance. L’auditoire a même été interpelé afin de réciter une formule magique afin de dénouer une impasse dans le conte qui a pris des airs de prière. À ce moment, nous nous sentions véritablement comme sur un parvis d’église d’une autre époque. Il y avait quelque chose de franchement beau et de solennel dans ce moment de communion entre le conteur et son public. L’idée de présenter des contes en plein air revêt assurément un cachet unique et ajoute beaucoup de charme aux après-midi d’été.

Ses contes, teintés d’un univers futuriste et onirique, parlent d’oiseaux partis pour la Lune, de ciel délavé et de perforation de la voûte céleste. Il nous fait voyager dans les années soixante entre les Halles Fleur de Lys, la Chasse-galerie, les autobus du RTC et les bancs des innocents et d’autres aventures éparses. Nous faisons la navette entre Sillery, Limoilou, Stoneham, l’Île d’Orléans, Sainte-Foy et Charlesbourg. Un itinéraire à la fois enivrant et essoufflant qui met en valeur les grandes qualités du conteur !

Maxime Plamondon

Après sa prestation, Maxime Plamondon s’est prêté aux quelques questions des gens présents. Nous avons appris qu’il a commencé à raconter des histoires un peu par hasard. Dès son plus jeune âge, à la garderie, on lui plaçait une chaise berçante et il avait pour mission de calmer les enfants plus turbulents avec ses contes.  C’est au fil de ses présences au Marché de Noël de Stoneham, aux Fêtes de la Nouvelle-France et au gré de quelques contrats et festivals ici et là qu’il a pu perfectionner son art.

Les Contes sur le parvis se poursuivent ce dimanche 28 juillet avec le retour de Maxime Plamondon pour un deuxième dimanche consécutif et ils élisent maison jusqu’au 25 août, et ce, en plein air. En cas de pluie, l’activité se déroulera à l’intérieur de la Maison. Quatre représentations de 30 minutes occupent le parvis de la Maison de la littérature (40, rue Saint-Stanislas) par après-midi, soit à 13 h 30, 14 h 15, 15 h et 15 h 45. Le même conteur reproduit le même spectacle aux quatre moments ciblés. Le 4 août, ce sera au tour de Francis Désilets d’occuper l’espace, ensuite Marc-André Fortin sera le conteur en résidence le 11 et le 25 août et finalement, Véronique Béchard prendra place sur le parvis le 18 août. L’activité est gratuite pour tous.

Mission accomplie à Maxime Plamondon pour cette première occurrence ! La saison est maintenant lancée ! La littérature orale se transmet de bouche à oreille ! Propagez la bonne nouvelle et laissez les conteurs vous en comptez des bonnes ! Ajoutez la parole conteuse à vos après-midi sans fin ! Bonnes découvertes culturelles !

[1] J’emprunte mon titre à la très belle œuvre de Dany Laferrière, Le charme des après-midi sans fin, un manifeste d’amour adressé par l’auteur à sa grand-mère. Je vous invite à l’ajouter à vos lectures d’été.