Entrevue avec les artisans du film Vivre à 100 milles à l’heure de Louis Bélanger

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Dans le cadre du FCVQ, Louis Bélanger venait présenter, le 19 septembre dernier, son tout récent film Vivre à 100 milles à l’heure, au Diamant de Québec, en grande première. Il en a profité pour répondre aux questions des journalistes, avec les jeunes qui ont interprété Louis et ses amis, à divers âges et époques. Cette comédie dramatique pour tous, sur l’amitié et le passage de l’âge adulte à Québec dans les années 70-80, prendra l’affiche un peu partout au cinéma dès le 27 septembre 2019.  

Synopsis : Louis, Éric et Daniel sont inséparables. Ils sont jeunes, téméraires et vivent à 100 milles à l’heure. Rapidement, les jeux d’enfant prennent le chemin du petit crime désorganisé. Leur amitié sera mise à rude épreuve. Cette comédie dramatique pose un regard tendre et décalé sur la période à la fois trouble et enivrante du passage à l’âge adulte, avec la ville de Québec et ses années 1970 et 1980 en toile de fond.

Questions : pour Louis Bélanger le scénariste et réalisateur du film, ainsi que François Tremblay le producteur.

Qu’est-ce qui a été un gros défi sur ce film ? De tourner à plusieurs époques peut-être ? François : «Oui, il y a ça effectivement. Mais c’est surtout d’assurer la continuité qui était complexe. On a tourné un premier bloc de scènes extérieures à Québec en septembre dernier. Mais ensuite, il fallait pouvoir raccorder ces extérieurs avec des intérieurs qu’on a tournés ensuite à Montréal. Pour ce qui est de tourner des scènes d’époque, ce n’est pas simple, mais avec l’ère du numérique dans laquelle on est présentement, si l’on réussit à garder un peu de budgets à la fin du tournage, on peut corriger bien des incohérences en postproduction. Donc, on a pu effacer des choses qui n’existaient pas à l’époque, de manière numérique. »

Je regarde l’affiche et je me demande qui pense à faire de si belles affiches et comment vous décidez de ce qui apparaitra sur l’affiche ? Louis : « François et moi on est pas mal impliqué dans le processus du choix de l’affiche, mais c’est Karine Savard qui est la graphiste engagée par le distributeur qui nous a fait plusieurs propositions d’affiches. François et moi on en a éliminé plusieurs jusqu’à en arriver à deux ou trois qui nous plaisent plus. » Écoutez la suite : affiche

Comment est-ce de travailler avec beaucoup de jeunes, d’âges divers, qui incarnent tous le même rôle ? Louis : « Je me devais d’être le gardien de l’énergie, la gestuelle, la manière de s’exprimer de chacun des personnages, peu importe l’âge. Pour que cela fasse du sens que ces trois jeunes incarnent tous Daniel, par exemple, et qu’on y croit vraiment.»

 Bien qu’on voie les personnages à 3 âges différents, ce sont ceux de 14 à 17 ans que l’on retient le plus à la fin de projection, mais je ne sais pas trop pourquoi. Louis énonce une raison qui fait du sens :  cinephile

En plus des jeunes, on retrouve des personnages qui ont peu de scènes, mais dont les personnages sont marquants. Je pense entre autres au personnage de Tino, joué par Benoit MCginnis. Est-ce que c’est vous qui l’avez appelé pour ce rôle ou si c’est en audition qu’il l’a eu ? «Je savais que c’était un rôle pour Ben, dès le départ. Ben se fait souvent engager pour jouer des rôles intellectuels, mais moi, je m’amuse à lui donner des rôles de bum pas trop brillant (dans Route 132), ou encore comme ici, un dealer qui fait peur et qui parle de lui à la troisième personne. Il a amené cette proposition qui est excellente. Et il fallait que son rôle soit crédible, pas trop caricatural, car c’est à ce moment que ça se met à mal tourner pour les jeunes. Ce qu’ils faisaient comme un jeu, c’est à ce moment que ça devient sérieux et ils commencent à se mettre le bras dans le tordeur.»

 Parlez-moi de la musique qui est un personnage en soi dans votre film et qui est écrit magnifiquement par Guy Bélanger et Claude Fradette et même avec la voix de Nanette Workman dans la chanson du générique qui est fabuleuse et se doit d’être écouté jusqu’à la fin. Écoutez Louis parler de la complicité en  musique.

Dans le générique, j’ai vu qu’il y avait même une chanson de Nanette, durant le film qu’on entend. C’est quoi au juste ? « C’est une chanson qui été enregistrée expressément pour le film.» Écoutez la suite sur Nanette.

Dans le cadre du FCVQ, on rend hommage à votre carrière, en plus de présenter quelques-uns de vos films, dont Post Mortem de 1999, qui a été restauré par Éléphant : mémoire du cinéma québécois. Qu’est-ce que ça vous fait tous ces honneurs ? « C’est flatteur, mais en même temps c’est troublant, car on commence à rendre hommage à quelqu’un lorsqu’il vieillit. Haha! Sans blague, je ne suis pas une personne qui s’arrête pour réfléchir à ma carrière. J’ai un rapport très ouvrier avec ma carrière, je le vis au moment présent. Alors cet hommage me permet de me retourner et être surpris de voir tout le chemin que j’ai fait en cinéma. Ça me fait tout drôle de penser que ça fait 20 ans que j’ai écrit et réalisé mon premier film, et que même avant j’ai aussi 10 ans de courts-métrages et de travail technique en cinéma. Donc, avec mes trente ans d’expérience, je me souviens du temps où, au début, j’avais le syndrome de l’imposteur. Et malgré tous les prix gagnés par mon premier film, je me demandais si tout cela n’était pas juste un coup de chance et si j’étais capable de durer. »

Et pour la première fois, un film sera présenté dans le nouveau complexe, le Diamant, et ce film c’est le votre, Vivre à 100 milles à l’heure, en grande première. C’est tout un événement. « Je suis vraiment flatté que ce soit mon film qui y soit présenté en premier. Et je dois dire que c’est grâce à Ian Gailer, responsable du FCVQ, que j’ai rencontré l’an passé, durant le festival justement, alors que nous étions en repérage pour le tournage. Il me disait justement qu’il voulait que mon prochain film soit au festival cette année et qu’on pourrait probablement le présenter au Diamant, qui était alors en construction. Cela faisait bien des Si ,car mon film n’était pas encore tourné non plus, mais l’idée me plaisait vraiment. Alors c’est formidable que cela ait pu se concrétiser. »

Questions 3 des jeunes qui incarnent les personnages à 18 ans et plus:Antoine L’Écuyer Daniel Guérette (18 ans et plus)

Félix Antoine Cantin, Éric Langevin (18 ans et +) 

Sandrine Poirier-AllardFélix  Nathalie Tremblay (18 ans et +)

Comment êtes-vous arrivé sur le projet ? Par audition ? Antoine : «On m’a envoyé le scénario et on m’a demandé si j’étais intéressé par ce projet. J’ai dit oui rapidement, car en plus du scénario que je trouvais très intéressant, ça faisait longtemps que je voulais travailler avec Louis Bélanger comme réalisateur. »

Félix : « Moi, j’ai passé trois auditions et j’étais jumelé avec Dylan qui incarnait le même personnage que moi plus jeune. Comme on a un visage assez similaire, cela nous a aidés à obtenir le rôle. »

Sandrine : écoutez-la raconter son audition de dernière minute : audition_Sandrine

Vous êtes-vous rencontré les jeunes ensembles, pour travailler votre personnage pour le rendre plus crédible? Antoine : « Moi oui, on a travaillé ensemble la gestuelle, la démarche et même les petits tics que notre personnage pouvait avoir. Ensuite, pour ressembler au personnage, ils m’ont teint les cheveux et mis des verres de contact bleus pour ajouter à la crédibilité. »

Félix : « Moi, j’avais rencontré Dylan aux auditions et ensuite par-ci, par-là, mais jamais vraiment dans le cadre du jeu. Alors j’ai dû me fier aux rushs de ce qu’il avait déjà tourné pour adapter ma démarche, mon énergie, mon style à celui de Dylan. »

 Comment c’était d’être dirigé par Louis Bélanger ? Ils sont unanimes pour dire qu’il est fantastique.

Antoine : « Je pense que c’est parmi les directions d’acteur les plus simples que j’ai eu à suivre. Louis te faisait un petit signe Tumbs up et tu comprenais que tu avais fait ce qu’il voulait. Un homme de très peu de mots aussi »

Sandrine renchérit : « Homme de très peu de mots dans le sens qu’il est efficace. Il sait ce qu’il veut et il l’exprime clairement, simplement, en peu de mots. »

 Est-ce qu’il y a eu des scènes plus difficiles à jouer, ou complexes ? Antoine « Il y a eu plusieurs scènes de chorégraphie à respecter qui ont été assez chargées, comme à la fin du film, mais dont on ne parlera pas trop. Il y a aussi la scène de ski bottine, qui était le fun à faire, mais pas nécessairement simple. »

Vous apparaissez seulement dans la deuxième moitié du film. Qu’avez-vous pensé du film quand vous l’avez vu ? Félix : « C’était plein de belles surprises. J’avais quand même le scénario en tête, et toutes les scènes qui m’avaient marqué à la première lecture, je les voyais enfin et je dois dire que c’est mieux que ce que j’avais imaginé. Et de voir les jeunes à l’œuvre c’était très agréable. »

Louis Bélanger dit que ce film inspiré de sa vie c’est « un grand mensonge inspiré par un fond de vérité.?» Est-ce que les personnages que vous incarnez sont réels ou inspirés d’un amalgame de personnes qu’il a côtoyé ? « C’est vraiment un mélange de personnes qu’il a côtoyé dans sa vie qui a influencé nos personnages. Il n’y a pas eu de Daniel ou d’Éric, ce sont des personnages fictifs, mais inspirés de ses amis. Et nous, on l’a abordé comme un scénario d’une histoire fictive, et non pas de la vie de Louis. »

Avez-vous d’autres projets sur lesquels vous travaillez et dont vous pouvez me parler ?

Antoine vient de terminer le tournage d’une série qui va s’appeler Mon fils, qui va parler de la schizophrénie. Ce sera six épisodes d’une heure. Il sera au théâtre aussi cet hiver, mais il est trop tôt pour en parler.  Sandrine travaille sur une série présentement, mais il est aussi trop tôt pour en parler. Félix pour sa part vient de tourner la deuxième saison de Clash, qui sera présenté dès janvier à la télé.   

Questions pour les 4 jeunes de 14 à 17 ans : Elijah Patrice-Baudelot :  Louis Jacques (14 à 17 ans), 

Cassandra Latreille : Nathalie Tremblay (13 à 16 ans)

Zakary Methot : Daniel Guérette (14 à 17 ans),

Dylan Walsh, Éric Langevin (14 à 17 ans) :

De revenir ainsi sur les lieux du tournage, un an après, vous vivez cela comment ? «C’est vraiment le fun. » Dylan : «Je suis vraiment heureux de revoir la gang, mais en même temps, je trouve ça bizarre de penser qu’on était ici en tournage à Québec. C’est presque surréaliste.»

Zakary : «On a comme un sentiment de nostalgie de revenir sur les lieux de tournage, mais aussi, on est heureux de pouvoir enfin voir le résultat.»

Elijah : «Aussi, quand on se promenait dans les rues, on se rappelait les conversations qu’on avait eues et les scènes qu’on avait tournées à ces endroits précis. »

Pour chacun de vous, c’est un premier grand rôle au cinéma n’est-ce pas ? Cassandra : «Pour moi, c’est le premier rôle que j’ai décroché. Je n’avais jamais tourné avant. Cela a super bien commencé ma carrière je dirais.»

Elijah : «Pour moi aussi, c’est un premier grand rôle et on a tout un privilège de débuter avec un réalisateur aussi expérimenté que Louis, et qui te laisse autant de liberté à ton premier tournage. »

Tous les quatre ont mentionné que ce film leur a donné la piqûre de continuer le métier d’acteur et certains ont même déjà travaillé sur d’autres projets depuis.

Est-ce qu’il y a des scènes que vous avez tourné qui ont été difficiles à faire ? Comme des scènes de bagarres ? Écoutez-les raconter: les bagarres .

Comment aimez-vous tourner un film qui se passe dans les années 80 ? Dylan : «J’ai trouvé ça assez trippant, car cela m’a permis de voir à quoi ça ressemblait les jeunes à cette époque. »

Elijah : «Aussi, toute l’ambiance, les habits, les accessoires me faisaient vraiment croire que je vivais à cette époque. Et je ne crois pas que j’aurais aimé autant faire ce film, s’il s’était passé aujourd’hui. Un des attraits du film, c’est que ça se passe dans les années 70-80-90.»

Zakary : «On nous a plongés dans un univers où on ne pensait même plus à prendre nos téléphones cellulaires. On allait dehors et on profitait de la vie, comme ces jeunes dans ce temps-là.»

Qu’en pensez-vous du film ? Est-ce un film que vous aimeriez voir, si vous ne jouiez pas dedans ? Ils sont unanimes pour me dire que ce film est pour tous. Pas seulement les adultes qui y verront la nostalgie des années passées, mais aussi les jeunes qui vont se reconnaître dans cette histoire d’amitié.

Liste artistique

Louis (18 ans et +) Rémi Goulet

(14 à 17 ans) Elijah Patrice-Baudelot

(10 à 14 ans) Matt Hébert

Daniel (18 ans et +) Antoine L’Écuyer

(14 à 17 ans) Zakary Methot

(10 à 14 ans) Nicolas Guay

Éric (18 ans et +) Félix-Antoine Cantin

(14 à 17 ans) Dylan Walsh

Nathalie (18 ans et +) Sandrine Poirier-Allard

(13 à 16 ans) Cassandra Latreille

(10 à 14 ans) Anais Gonzalez

Pérusse  Maxime Dumontier

Tino  Benoît McGinnis

Mère de Louis  Marie-Hélène Thibault

Liste Technique

Scénariste et réalisateur Louis Bélanger

Producteur  François Tremblay

Productrices exécutives Lyse Lafontaine   Nathalie Brunet

Directeur de production Alexandre Frigon

Directeur de la photographie Pierre Mignot

Concepteur artistique Mario Hervieux

Casting  Nathalie Boutrie, A.D.C.Q.   Emanuelle Beaugrand-Champagne, A.D.C.Q.

Costumes  Brigitte Desroches

Maquillage  Kathryn Casault

Coiffure  France Latreille

Directeur de postproduction Pierre Thériault

Monteur  Claude Palardy

Photographe de plateau Véro Boncompagni

Musique  Guy Bélanger et Claude Fradette

Durée du film  1hre 43minutes

Crédit photos : Shirley Noel