Peu de festivaliers
se sont déplacés du côté de
l’Impérial en ce beau mercredi soir. Peut-être
est-ce dû à la présence de Dennis
DeYoung sur les Plaines et de Dumas à
la scène Molson Dry ayant sûrement attiré
les foules. Ou encore est-ce le fait que les deux groupes
présents avaient déjà joué
à la Scène Metro quelques jours plus tôt.
Peu importe la raison, plusieurs ont manqué une
performance mémorable.
Las
Ondas Marteles



À peine une soixantaine
de personnes étaient présentes pour cette
soirée débutant par le trio français
Las Ondas Marteles. Composé des
frères Sébastien et Nicolas
Martel et de la contrebassiste Sarah
Murcia, le groupe revisite le « rockabilly
» et le genre latin. L’ensemble est somme
toute assez minimaliste, nous sommes loin du rock’n’roll
traditionnel, et ce retour à une musique «
simplifiée » surprend agréablement.
De plus, les chansons sont assez variées entre
une pièce typiquement espagnole tirée de
l’univers du poète Miguel Angel Ruiz
et une pièce plus rock avec une touche de synthétiseur
aux accents presqu’électro ou encore une
autre aux influences de la chanson française. Le
tout s’amalgame bien et est rehaussé par
une interprétation intéressante de la part
de Nicolas, chanteur et « percussionniste
» (avec ses mains, des cuillers, des claves
ou même un sifflement). Sa voix n’est
pas toujours juste, mais toujours touchante. On apprécie
également le petit côté humoristique
du groupe et leur charisme, qui malheureusement n’a
pas semblé assez fort pour faire danser les gens
du public. Un seul couple courageux s’est exécuté…
El Vez




El Vez,
le Elvis mexicain, s’exécute ensuite
devant une foule aussi mince. Son style coloré,
humoristique et ironique sur la culture américaine
charme les spectateurs en quelques minutes seulement.
El Vez, alias Robert Lopez,
entre sur scène costumé en oncle Sam et
exécute une petite chanson presque patriotique
sur les États-Unis. À la manière
d’un candidat à la présidence, il
vend sa salade et répond même à des
questions sur l’avenir de l’immigration dans
le pays pendant le spectacle. On se rend vite compte qu’il
est en vérité cynique et plus le spectacle
avance et plus le chanteur se transforme en rockeur rebelle
à la Elvis. Il est très énergique
et les pièces très rock’n’roll
incitent les gens à se déhancher un peu.
Accompagner de deux choristes, les El Vettes,
et d’un guitariste, d’un bassiste et d’un
batteur, Lopez réussit aisément à
faire embarquer les gens. Il s’amuse dans le répertoire
connu avec plusieurs modifications parolières qui
illustrent bien sa vision de l’Amérique,
de l’immigration et de l’american dream. Une
pièce très éloquente : la reprise
de "You ain't Nothing but a Hound Dog"
en "You ain't Nothing but a Chihuahua"
dédiée au président Bush. Une véritable
bombe drôle, satirique, divertissante, engagée
et intelligente qui nous amène dans un univers
tout à fait inusité. El Vez n’aurait
aucun mal à vous faire adorer les États-Unis
s’il en devenait le président ! À
revoir absolument s’il repasse par Québec
ou sinon à écouter sur disque, quoique ce
doit être un peu moins percutant qu’en spectacle.

Deux
univers, deux groupes plutôt différents en
ce mercredi soir à l’Impérial qui
n’auront pas fait courir les foules. Pourtant un
des spectacles les plus divertissants du Festival d’été
2008… Mordez-vous en les doigts !
Crédit
photos: Josianne Daigle
Liens:
Las Ondas Marteles:
http://www.label-bleu.com
El vez:
http://www.elvez.net/
Festival:
http://www.infofestival.com