On se demandait bien
si Friends of Crimson King et Primus
pouvaient attirer assez de gens pour remplir le site des
Plaines. Ce n’était pas plein à craquer,
mais il faut croire que les amateurs de musique technique
ou encore déjantée avaient soif de spectacle
! De nombreux macarons illuminaient même les butes
un peu plus loin, alors que le devant de la scène
offrait peu d’air aux spectateurs amassés.
The
Frequency












Après une première
partie du groupe américain The Frequency,
qui fait dans le rock aux accents progressifs et parfois
psychédéliques, The Friends of Crimson
King sont montés sur scène. Tout
d’abord, il faut dire que l’appellation «
Friends of Crimson King » est un peu trompeuse.
Tony Levin, Adrian Belew et Pat Mastelotto
sont d’abord à Québec pour divers
projets musicaux et ont décidé d’accepter
l’offre du festival de faire un spectacle ensemble.
Côté technique, personne n’a rien à
reprocher à la performance offerte, mais certains
fans auront sûrement été déçus
du spectacle. Ceux qui ont assisté au spectacle
du Adrien Belew Power Trio dimanche ont
pu remarquer que le choix des chansons étaient
presque le même et plusieurs autres ont aussi déploré
le fait que finalement, peu de chansons de King Crimson
ont été interprétées.
Malgré tout, leurs oreilles doivent être
comblées aujourd’hui par toute cette virtuosité
des trois principaux musiciens de la soirée, même
si le son n’a pas toujours été parfait.
On a surtout apprécié la finale où
les gars du California Guitar Trio et
ceux du Adrien Belew Power Trio ont joué
ensemble avec un son riche et puissant. Bonne performance,
mais peut-être un peu difficile pour les non-initiés
qui auront trouvé que ça ne bougeait pas
assez sur scène.
The
Friends of Crimson King














Avec environ vingt minutes
de retard, c’est au tour de Primus de
venir épater ses fans. Il faut dire qu’ils
étaient nombreux et jeunes, comparativement à
la moyenne d’âge de la partie précédente.
Avec sur scène deux astronautes géants,
Les Claypool est entré sur scène
masqué et coiffé d’un chapeau pour
offrir sa musique originale aux spectateurs. Avec le guitariste
Larry Lalonde et le batteur Tim Alexander,
Claypool fait une musique qui ne peut
laisser personne indifférent. Un mélange
de progressif, métal, alternatif avec quelques
moments que l’on pourrait qualifier de psychédélique.
Leur présence sur scène n’a rien de
très énergique, mais tout l’espace
est laissé à la musique et à l’ambiance
que crée cette musique. Les instrumentistes se
sont certes amusés sur la Scène Bell
en prolongeant de façon improvisée plusieurs
chansons de quelques minutes, parfois même d’une
dizaine. Les mordus auront adoré, certains auront
trouvé ça plutôt ennuyant et long.
Le chanteur bassiste possède un doigté impressionnant
et les musiciens en herbe ou même aguerris auront
pu apprécier son talent, mais la basse était
parfois trop présente comparativement aux autres
instruments ou encore à la voix. D’ailleurs,
cette dernière possède un timbre bien particulier,
nette, parfois haut perchée et quelque peu plaintive,
mais pas agressante, avec quelques incursions électroniques.
Le groupe a offert une performance appelant presque à
la transe et propice aux hallucinations ! Les fans de
Primus ont pu entendre “Jerry
Was a Race Car Driver”, “Here Comes the Bastards
American Life”, “My Name is Mud”, “Southbound
Pachyderm”, “John The Fisherman”, “Those
Damned Blue-Collar Tweekers” et “Wynona's
Big Brown Beaver”.
Primus

















Les festivaliers réunis
auront eu droit à une soirée haute en couleurs,
que ce soit par la virtuosité des musiciens ou
encore par leur originalité et leur façon
d’aborder la musique. Ce spectacle sortait un peu
des sentiers battus par le mélange des groupes
proposés, mais il y avait continuité dans
le style de l’expérimentation.