Théâtre
du Nouveau Monde
84 rue Ste-Catherine Ouest
Montréal, Québec
H2X 1Z6
Tél. : 514-878-7878
www.tnm.qc.ca
Une saison
qui se termine en beauté ! Le
Théâtre du Nouveau Monde
présente, du 15 avril au 11 mai prochain,
une magnifique comédie de Carlo
Goldoni : L’imprésario
de Smyrne. Un vrai délice pour
les véritables amateurs de burlesque
et de Commedia dell’arte. Des tableaux
d’une rare beauté, entrecoupés
d’interludes envoûtants. Des personnages
maniérés aux ambitions démesurées.
Trois cantatrices détestables et sournoises,
au talent médiocre, qui se disputent
le rôle de la prima donna. Un mécène
rusé, le comte Lascar, qui se joue
de tous en orchestrant une rencontre entre
les chanteurs vénitiens et un imprésario
turc. Le tout interprété par
une palette de comédiens talentueux
dans une mise en scène de Carl
Béchard. C’est bien
simple, le résultat est tout simplement
exquis !

Encore une
fois, le TNM nous prouve
que les pièces et l’humour de
Carlo Goldoni ont résisté
au passage du temps. Le grand maître
du théâtre italien demeure bel
et bien d’actualité. Ce qui fait
la jeunesse de Goldoni, c’est
ce regard lucide et intelligent qu’il
porte sur la société de son
époque et sur l’univers théâtral
de l’opéra vénitien. Cet
univers décadent et libertin de la
Venise du milieu du XVIIIe siècle…
Cette époque instable où les
valeurs et les certitudes sont renversées,
où les lois du corps et des apparences
triomphent… Tout ce désordre
a quelque chose d’étrangement
contemporain !
Ce vent
de fraîcheur, c’est aussi la magnifique
traduction que Marco Micone
a faite de L’imprésario de
Smyrne. A la fois auteur et traducteur,
Micone reprend le texte en
refusant d’en faire une traduction littérale.
Il ajoute des phrases, des apartés
en turc et en italien, met l’accent
sur les différences culturelles et
le caractère humain des personnages.
Il atténue l’aspect caricatural
de l’imprésario en lui donnant
un peu plus de profondeur. De petites modifications
qui redonnent au texte toute sa vigueur. Cette
vivacité, on la doit également
à la musique du compositeur Yves
Morin. Inspirée de l’opéra
italien du 19e siècle et accompagnée
par la voix magnifique de la mezzo-soprano
Catherine B. Lavoie, cette
musique somptueuse redonne à la pièce
un éclat inouï. Des petits airs
d’opéra en interludes qui font
rêver le grand public. Cette beauté
saisissante, c’est aussi le décor,
les costumes et les perruques. Le mouvement
de tous ces corps qui habitent l’espace
et en prennent possession. Mouvements qui
hypnotisent, séduisent et surprennent
et ce, jusqu’à provoquer l’éclat
de nos rires. Ce qui fait le charme incontestable
de L’imprésario de Smyrne, c’est
tout cela.
Une fois de plus, Carl Béchard,
avec son talent exceptionnel, ravit son public.
Entouré d’une solide équipe
de créateurs et de comédiens
hors pair, il redonne à l’œuvre
de Carlo Goldoni le rayonnement
qu’elle mérite. Goldoni,
ce dramaturge innovateur, qui fait tomber
les masques pour nous montrer à quel
point des personnages narcissiques et ambitieux,
à l’ego démesuré,
sont également fragiles et humains.
Sous leurs attitudes prétentieuses
et désinvoltes se cache un immense
besoin de reconnaissance et de sécurité.
Une folle envie de plaire ! Une pièce
tout simplement irrésistible. Une célébration
des sens et de l’intelligence. Laissez-vous
séduire par cette ambiance carnavalesque
de l’opéra vénitien. Par
cet univers baroque aux personnages loufoques.
Par leur excentricité monochrome !
L’imprésario de Smyrne :
une belle satire qu’il faut absolument
voir !
Traduction
: Marco Micone
Mise en scène : Carl
Béchard
Distribution : François
Arnaud, Emmanuel Bilodeau, Catherine B. Lavoie,
Sophie Cadieux, Pierre Chagnon, David-Alexandre
Després, Sébastien Dodge, Sylvie
Drapeau, Robert Lalonde, Rénald Laurin,
Pascale Montpetit et Alain Zouvi.