L’Ensemble Vocal Les Nanas : entre légèreté et autodérision

Les demoiselles friandes d’harmonie lyrique de l’Ensemble Vocal Les Nanas ainsi que Jacques Lachapelle, directeur musical et co-fondateur de l’ensemble ont une complicité bien intégrée. Malgré le jeune âge de l’organisation montréalaise, Les Nanas et leur pôle masculin prennent en assurance, en qualité et en popularité, d’année en année.

Le groupe vocal donnait le samedi 14 mai dernier la première de deux représentations de leur quatrième concert annuel Ces petits riens, enchaînant tour à tour des succès jazz hispanophones et anglophones, mais surtout francophones, des années 40, 50 et 60.

Rien de plus, mais rien de moindre… car c’est devant une Sala Rossa bondée – dont on avait enlevé la majorité des tables qu’il y avait l’an passé à pareille date, pour accueillir plus de spectateurs – que Les Nanas ont fait leur entrée. S’enchaîne alors un répertoire jazz populaire éclectique, parfois interprété avec des influences de la musique gospel ou française, la majorité du temps sans soliste, mais toujours en légèreté.

 

Des chansons de Tina Turner, Pierre Lapointe, Ariane Moffatt, Aretha Franklin, The Eagles, Cole Porter, Catherine Major et Serge Gainsbourg ont entre autres été interprétées, de manière sobre et fidèle au répertoire de ces artistes. Quelques chansons ont néanmoins été réinterprétées et réarrangées par Jacques Lachapelle, Vincent Morel et Sylvain Bertrand, offrant au public une différente vision de ces classiques, parfois même… humoristique.

Le public se rappellera en effet longtemps de la réinvention de la chanson C’est beau un homme de Shirley Théroux, dont la majorité des paroles avait été réécrite par un Jacques Lachapelle désirant rendre hommage à son petit-ami, assis dans la salle, dont c’était l’anniversaire ce soir-là. « Il est beau mon homme, il est sexy mon homme…», l’a-t-on entendu affirmer, pendant le refrain de ce grand classique, au très grand d’un public visiblement très gay friendly.

Étant effectivement un être dont l’orientation sexuelle ne semble plus être un secret pour personne et dont l’ego semble aussi gros qu’un trou de souris, Jacques Lachapelle a fondé avec Sylvie Bourbonnière l’ensemble vocal dans la foulée des premiers (et derniers, doit-on souligner) Outgames mondiaux, à Montréal, en 2006. « Je suis très fier de cet ensemble, particulièrement parce qu’il répond à une clientèle moins visible dans la communauté gaie et lesbienne. Plusieurs bars pour hommes existent, plusieurs activités sont offertes aux hommes, mais peu aux femmes », affirme le directeur musical de l’ensemble. Bien que L’Ensemble Vocal Les Nanas a été fondé dans l’esprit d’offrir quelque chose à la communauté lesbienne montréalaise, ce dernier souligne toutefois que le « chœur se veut ouvert d’esprit et sans discrimination à l’égard des orientations sexuelles de chacune ». On aime ça!

L’ensemble rêve de se retrouver un beau jour au Festival de Jazz de Montréal. On leur souhaite !

Pour s’inscrire à l’ensemble vocal pour l’automne ou en apprendre davantage sur Les Nanas : www.lesnanas.org. Mention spéciale pour le site web qui est particulièrement très esthétique.

Le site officiel de la Sala rossa est hébergé par celui de la Casa Del Popolo, son voisin d’en face sur le boulevard Saint-Laurent : http://www.casadelpopolo.com/.

 

Crédits photos : James Sunderland

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