Catherine Deneuve recevra un hommage lors du 35e FFM

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Le 35e festival des films du monde se déroule du 18 au 28 août 2011.

Icône du cinéma français, star internationale, Catherine Deneuve recevra un Grand Prix spécial des Amériques lors du 35e Festival des films du monde. « Parmi les plus grandes actrices du 7e Art, Catherine Deneuve occupe une place tout à fait à part. Elle a travaillé avec les plus grands cinéastes et a conquis le monde grâce à son immense talent. Nous sommes particulièrement heureux de lui rendre hommage lors du prochain FFM » a déclaré Serge Losique, Président du FFM.

Issue d’une famille de comédiens -une grand-mère souffleuse à l’Odéon, une mère actrice de théâtre et un père directeur de doublage à la Paramount-, la petite Catherine ne rêve pourtant pas d’une carrière dans le cinéma, contrairement à sa soeur Françoise, l’aînée des quatre filles Dorléac. Elle fait cependant sa première apparition à l’écran dès 1957 dans Les Collégiennes puis tourne, alors qu’elle est encore lycéenne, Les Portes claquent. À 16 ans, celle qui s’appelle désormais Deneuve – le nom de jeune fille de sa mère – quitte le foyer familial pour travailler avec Roger Vadim. Père de son fils Christian, le cinéaste lui offre un rôle dans Le Vice et la vertu en 1963.

En 1964, Catherine Deneuve est l’héroïne des Parapluies de Cherbourg, de Jacques Demy, succès public et Palme d’or à Cannes. Désormais, elle prend son métier d’actrice au sérieux, et fait des choix qui témoignent d’un goût très sûr et d’une certaine audace. Loin de son image de jeune fille romantique, que favorisent sa beauté classique et ses cheveux blonds, elle incarne une schizophrène dans Répulsion de Polanski, puis une épouse sage devenue pensionnaire d’une maison close dans Belle de jour (1966) de Buñuel, avec qui elle tournera le non moins troublant Tristana. Dans La Vie de château puis Le Sauvage, Rappeneau exploite sa fantaisie et son sens du rythme, qualités qu’on retrouve dans Les Demoiselles de Rochefort, comédie musicale qui la voit donner la réplique à sa soeur Françoise, quelques mois avant le décès accidentel de celle-ci en 1967.

Hollywood fait alors les yeux doux à Catherine Deneuve, qui tourne aux côtés de Jack Lemmon (The April Fools de Stuart Rosenberg – 1969) et Burt Reynolds (Hustle de Robert Aldrich – 1975) et devient l’image de Chanel aux Etats-Unis. Dirigée par de grands Italiens comme Bolognini et Ferreri (Liza avec Marcello Mastroianni, père de sa fille Chiara), l’actrice rencontre en 1969 François Truffaut, qui fait d’elle sa Sirène du Mississippi. Cette adaptation d’un polar d’Irish déconcerte le public, mais le cinéaste offre en 1980 à Deneuve un de ses plus beaux rôles, celui d’une comédienne au tempérament passionné dans Le Dernier Metro. Le film est un triomphe, et vaut à l’actrice un César en 1981. La même année, dans Hôtel des Amériques, elle est Hélène, premier des cinq personnages de femmes que lui écrira Techiné, son nouveau réalisateur fétiche (Ma saison préférée, Les Temps qui changent).

Sa participation à de grandes fresques populaires, comme Indochine de Wargnier (avec à la clé un nouveau César en 1992 et une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice) et à une comédie comme Belle Maman assoit son statut de star, mais, cinéphile, Deneuve travaille aussi avec les talents les plus singuliers du cinéma français, de Carax à Desplechin en passant par Ozon (8 femmes en 2002), et même international (Oliveira, von Trier). Mettant régulièrement à mal son image de femme sophistiquée, elle campe l’héroïne suicidaire du Vent de la nuit de Garrel, et celle, alcoolique, de Place Vendôme, une prestation qui lui vaut le Prix d’interprétation à Venise en 1998.

Loin de se reposer sur les lauriers, Catherine Deneuve prend part aux projets les plus variés : du film choral et glamour à la française (Le Héros de la famille) au dessin animé novateur (elle prête sa voix à la mère de l’héroïne de Persepolis en 2007), de la comédie décalée (Palais royal ! en 2004) au film conceptuel (Je veux voir, tourné dans un Liban en ruines), du jeune cinéma d’auteur (elle porte de bout en bout Après lui de Gaël Morel) à la superproduction (Le Concile de pierre). Au fil d’un parcours riche en nouvelles rencontres, elle retrouve régulièrement des cinéastes repères, comme André Téchiné (La Fille du RER, 2009) ou Arnaud Desplechin (Un conte de Noël). Elle fait partie de la distribution de Versailles rive droite de Bruno Podalydès, et campe la mère de Marina Hands dans Mères et filles (2009) avant de jouer celle de substitution de Romain Duris, dans L’ Homme qui voulait vivre sa vie. En 2010, elle retrouve l’oeil avisé de François Ozon qui la métamorphose dans Potiche, comédie de boulevard dans laquelle elle interprète une épouse effacée, muée en femme d’affaires plus combative que jamais. Elle enchaîne deux films en 2011 : Les Yeux de sa mère de Thierry Klifa et Les Bien-Aimés de Christophe Honoré dans lequel elle partage un rôle avec sa fille Chiara Mastroianni. En 2012 elle sera « la Reine » du nouveau  Asterix et Obelix : God save Britannia réalisé par Laurent Tirard.

En 1999, l’UNESCO la choisit comme ambassadrice à la préservation du patrimoine cinématographique. Elle a également eu une carrière de chanteuse en particulier avec Gainsbourg qui lui compose le tube Dieu est un fumeur de Havanes, qu’ils chantent ensemble.

Le 35e festival des films du monde se déroule du 18 au 28 août 2011.