Entrevues pour le film Starbuck

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Starbuck

J’ai vu, en grande première, sur invitation de presse, le film Starbuck, qui met en vedette Patrick Huard, Antoine Bertrand et Julie Le Breton. Le film prend l’affiche le 27 juillet prochain et mon appréciation du film se trouvera dans la section cinéma à partir du 25 juillet prochain.

Entrevues : C’est à Montréal que les journalistes ont rencontré l’équipe de promotion du film Starbuck, mardi le 19 juillet dernier. Pour l’occasion, je me suis entretenue avec les acteurs Antoine Bertrand, Julie LeBreton, Marc Bélanger, David Michaël, Patrick Martin,  Sarah-Jeanne Labrosse et David Giguère de même que les coscénaristes Martin Petit et Ken Scott (le réalisateur).

Synopsis

Tout juste au moment où David Wozniak apprend que sa copine Valérie est enceinte, cet éternel adolescent de 42 ans découvre qu’il est le géniteur de 533 enfants.  Dans la foulée, il apprend aussi que ses enfants se sont regroupés dans un recours collectif qui veut faire invalider la clause d’anonymat qu’il a signée lors de ses dons de sperme.  Parallèlement aux démarches judiciaires, pour tenter de convaincre leur géniteur de se révéler, le recours collectif envoie à David une enveloppe avec chacun de leurs profils.  Happé par une curiosité viscérale, David ne peut s’empêcher d’ouvrir l’enveloppe afin de découvrir qui sont ses enfants. Sans en parler à son avocat, incognito, David se met à les rencontrer.  Ceci donne lieu à des moments très intenses qui, chaque fois, révèlent à David une nouvelle facette de la paternité.

 

Antoine Bertrand

Questions pour Antoine Bertrand : Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce rôle?

Antoine : « Je n’ai pas joué énormément de père dans ma vie et c’est correct aussi, car j’ai juste 33 ans et j’ai un baby face. Mais faire un père monoparental de 4 enfants, de jouer un jeune fatigué aussi, un jeune de trente ans qui n’a plus de jus, comme si la vie l’avait amoché tout de suite en partant, cela me tentait, cette fatigue-là et ce cynisme que je n’avais pas vraiment exploité dans mes autres rôles. J’avais envie de travailler avec Ken aussi. Je savais qu’il était très sensible et savait raconter une histoire comme personne. Quand je suis sorti de l’audition, je me suis dit que je serais déçu de ne pas l’avoir. Moi qui d’habitude je n’ai pas d’attente pour quoi que ce soit.»

Question :  Parle-moi de ces scènes avec ceux qui jouent tes enfants. Je pense par exemple à la scène à 3 h du matin avec Starbuck et tes enfants qui viennent vous rejoindre dehors.

Antoine : « Cela a été drôle, mais j’ai une anecdote sur ce bout de tournage. J’ai fait pleurer un de ces jeunes enfants. Cela faisait trois jours que je tournais avec eux. J’avais bien du plaisir, même si leurs parents n’appréciaient pas toujours ce que je faisais avec eux. Les enfants m’adoraient, car je me chamaillais avec eux, je leur donnais du café, une cigarette (pas allumé bien sûr). Les parents capotaient, mais eux riaient. Donc arrive la scène dehors, avec le jeune qui dort sur moi. Il devait être 11 heures le soir et le jeune voulait plutôt déconner au lieu de dormir. On était sur la fin de journée et on devait terminer la scène. Alors comme j’ai déjà été dresseur de chiens, j’ai sorti ma vieille technique pour saisir, en prenant ma grosse voix : TU DORS!! Alors, on a attendu pour voir si cela fonctionnerait… Mais non, le jeune s’est mis à pleurer.»

Question : Est-ce que cela t’a donné le goût d’avoir des enfants?

Antoine : « Je vais te donner une réponse IKEA (À compléter à la maison). Chez moi, c’est encore ma mère qui ouvre mon courrier (mes enveloppes).  Alors, est-ce que cela te donne une idée du niveau de préparation à la paternité? Probablement que c’est ma mère qui changerait les couches aussi. »

Question : Dans Pillowman au théâtre tu étais excellent. Tu fais une superbe job comme animateur dans les Enfants de la télé et tu joues de beaux rôles à la télé et au cinéma. Qu’est-ce que tu préfères dans tout cela?

Antoine : « Je les aime tous. Ça me prend tout cela. La seule chose que je pourrais vivre sans, c’est l’animation, parce que ce n’est pas ma job de départ. De toute façon, on voit bien que je ne suis pas un animateur, je suis plutôt un déconneur. Je suis comme payé pour niaiser en classe. Parce qu’aussitôt que j’ai quelque chose à faire qui ressemble vraiment à de l’animation aux Enfants de la Télé, comme un retour de pause, ou un aller à la pause, à chaque fois j’échappe la balle. Et c’est Véronique, qui a mille détails à penser, qui me rappelle à l’ordre. Donc, je ne suis pas animateur dans l’âme. Mais pour le jeu, les trois médiums sont super. La base est la même, mais le métier est complètement différent. Pour le cinéma, j’apprivoise ce médium-là de plus en plus. Ce n’est pas le même niveau de jeu que les autres. C’est tellement gros l’écran que tous les petits détails, un regard, bouger la tête, le doigt, cela signifie quelque chose. Donc, je n’ai pas le choix de jouer en retenue.  Et en plus, l’avocat que je joue, c’est idéal pour tester cette forme de jeu tout en retenue extrême. » 

Antoine Bertrand et Julie Le Breton

Question :  Et comme tu es drôle naturellement et que tu aimes la scène, penserais-tu faire du stand-up comique un jour?

Antoine : « J’ai tâté le stand-up l’année passée avec un numéro que je préparais pour le gala à Louis Morrissette et Jean-François Mercier. Je suis allé le roder dans un bar, deux fois. Avec le temps qui me restait et le bout que j’avais rodé, j’ai décidé de tirer la plogue parce que je n’étais pas assez prêt. La journée que je vais le faire, je veux bien le faire. Et comme première expérience je voulais faire quelque chose qui me ressemblait, alors c’est moi qui avait écrit les trucs. Je n’ai vraiment pas fait un X là-dessus. Mais c’est sûr que dans la vie, quand ton but premier c’est de faire rire, il n’y a pas de meilleur job que le métier d’humoriste. Mais c’est une job et ce n’est pas parce que tu es drôle dans la vie que tu vas être drôle sur la scène. J’ai un énorme respect pour le travail qu’ils font. C’est un travail de précision et c’est de la dentelle. Quand j’aurai plus de temps, je vais retâter le terrain. Mais en attendant, je vais jouer des comédies au théâtre. »

Julie Le Breton

Questions pour Julie Le Breton : J’aimerais savoir ce qui t’attirait dans rôle-là? Ou dans ce film-là?

Julie : « J’ai d’abord eu un coup de cœur pour l’idée de génie que Martin et Ken ont eue, de partir de la prémisse d’un gars qui a trop donné de sperme et se retrouve avec 533 enfants. J’en revenais pas que personne n’ait pensé à cela avant. C’est un flash assez génial. Et ensuite, c’est ce qu’ils en ont fait. À la lecture du scénario, j’ai vraiment eu un coup de cœur pour la finesse avec laquelle c’est écrit. Car ce n’est pas évident d’écrire un film qui est sur une fine ligne qui bascule entre la comédie et le drame. Cela nous touche, nous fait rire, puis pleurer, des larmes de joies ou parce qu’on est ému. Ce n’est vraiment pas évident à faire. J’avais envie de participer à un film qui est sur cette fine ligne-là. »

Question :  En parlant justement de ligne fine entre la comédie et le drame, je ne peux m’empêcher de penser à cette scène où ton personnage apprend que Starbuck c’est ton chum et cela se passe dans la pouponnière où il ne faut pas faire de bruit et donc pas se chicaner tout haut.

Julie : « À cause du bébé justement, cela donnait le ton de la scène. Il m’annonce que c’est lui Starbuck, alors j’aurais juste voulu lui crier après. Mais, comme il y avait un bébé, il fallait qu’on chuchote et on ne pouvait pas se permettre de hausser le ton. Cela a donc donné une ambiance particulière à la scène. Et il fallait aussi que ce soit crédible que mon personnage soit si en colère contre lui et qu’après son speech, elle finisse par peut-être lui pardonner et lui donner la chance de prendre sa place de père qui lui revenait dans leur couple.»

Question : Et comment c’était de travailler avec Ken?

Julie :  « Ken c’est quelqu’un qui maitrise son univers. Il a une idée très précise de ce qu’il veut et il transmet très bien son idée. Il dirige comme un orfèvre. C’est très précis, à la réplique près. Chaque intention est très précise et en même temps, il nous donne la liberté paradoxalement. C’est bien intéressant. J’aime mieux travailler comme cela que d’être laissé à moi-même et là, je me sens un peu perdu et très insécure. Ken c’est quelqu’un de très doux, sensible. Il a joué aussi, alors il a une compréhension du langage des acteurs. Ken est comme un clown triste. Il est très drôle, mais avec un côté touchant en même temps. Dans son humour il y a beaucoup d’humanité aussi. »

Patrick Martin, David Michaël, Antoine Bertrand, Julie Le Breton, Sarah-Jeanne Labrosse, Martin Petit, Ken Scott, Marc Bélanger, André Rouleau

Questions pour Marc Bélanger : Tu joues le rôle du frère sympathique de David Wozniak. Comment s’est passé le tournage justement Patrick? Je pense à une scène entre autres, où la famille de David rencontre sa blonde (Julie Le Breton) pour la première fois.

Marc : « Patrick était très accessible, très généreux, très drôle, très professionnel, avec beaucoup de rigueur. En fait, j’ai découvert l’acteur. J’ai travaillé après sur ses capsules à Lib TV, où là je l’ai vu un peu son côté réalisateur. Mais en tant qu’acteur, ce n’était que du plaisir, du bonbon. Mais en même temps, c’était difficile de rester juste acteur, car il est tellement bon et drôle et touchant que, je me retrouvais souvent à devenir spectateur. Quand justement je l’ai vu la scène du souper familial, j’ai trouvé cela très touchant le discours du père. Mais aussi, j’avais l’impression d’être voyeur dans cette scène-là. C’était très naturel, pas surjoué. Et Ken aussi, le réalisateur, il est très subtil. Ses indications sont claires tout de suite, tout en laissant beaucoup de liberté. Cela nous permet d’oublier que l’on joue pour pouvoir juste ÊTRE, le plus vrai possible. Une de ses grandes qualités à Ken, c’est justement de rester dans la vérité. »

Question : Que pensez-vous du film, après son visionnement?

Marc : «Quand j’ai vu le film pour la première fois, je me disais qu’on allait beaucoup rire, que ce serait une grosse comédie. Finalement, on rit beaucoup, mais c’est surtout très touchant. Un beau film sur la paternité. Et avec ce que je vivais dans ma vie personnelle au moment du tournage (je venais de perdre mon père), on dirait que cela a donné une autre dimension au visionnement. Et je suis devenu père dans la même année aussi.  C’est drôle, car tous les rôles que j’ai ces temps-ci ont rapport à la paternité. C’est un beau mélange de moments personnels et professionnels en même temps.»

Question : Et maintenant, quels sont vos projets en cours?

Marc : «Je suis toujours dans la Promesse à TVA qui parle d’une huitième année. Mon personnage prend de plus en plus d’espace pour la prochaine année. On est dans un post-partum mur à mur avec Florence. J’ai fait aussi Lib TV et j’ai mon jeune bébé qui nécessite mon attention.»

David Giguère, David Michaël, Sarah-Jeanne Labrosse, Patrick Martin

Questions pour David Michaël : Tu joues le rôle d’un des enfants de Starbuck, celui qui vient habiter chez lui pendant quelque temps. Parle-moi un peu de ton expérience sur le plateau de tournage. 

David : « Cela a été vraiment une expérience extraordinaire, dès les auditions. J’ai lu le personnage et j’ai eu vraiment l’impression que c’était pour moi. Je l’ai vraiment abordé de façon très humaine, je pense, par rapport au fait qu’il est très coloré en plus. Cela m’inspirait beaucoup. À l’audition, Ken a aimé la proposition que j’avais faite. Ensuite, sur le plateau cela a été facile et respectueux. Toutes mes scènes ou presque sont avec Patrick. On a vraiment bâti une relation de confiance, de respect et d’entraide. Je suis resté surpris de la générosité de Patrick face à nous tous, jeunes acteurs. Et Ken est un directeur d’acteurs extraordinaire. Ce n’est pas juste un réalisateur. Il sait aller chercher la bonne phrase, la bonne ligne, le bon commentaire après la prise.»

Question : Je repense à la scène de soccer, où tu essaies de jouer avec ton père. Cela a dû être assez long et difficile à tourner?

David : « Oui, cela a été assez long en fait pour avoir ces deux minutes de soccer dans le film. Ce fut une soirée de huit heures de tournage. Mais cela a été extraordinaire. Pour arriver à être aussi mauvais, j’ai dû être entrainé par des joueurs de l’équipe de soccer de l’Impact. Ils m’ont appris comment mal botter, comment bien tomber. C’est sûr que ce sont des choses qu’on apprend aussi à l’école National de Théâtre, dans les cours de cascade. Mais d’arriver à le faire pour vrai et de ne pas se blesser surtout, c’est tout un travail. Et en plus, je ne dois pas tant jouer à être mauvais au soccer, je me dois d’être vraiment mauvais pour que les gens y croient. Le niveau d’humour était assez serré dans cette scène-là pour que ce ne soit pas trop gros, ou pas assez. Ce fut une belle soirée et j’ai hérité d’un beau bleu sur la hanche. Je l’ai porté comme une médaille de ce tournage. »

Questions pour Patrick Martin : Tu joues le rôle d’Étienne, un des fils de Starbuck, qui est un acteur de la relève et a de la misère à décrocher son premier rôle. Il travaille comme barman en attendant mieux. Comment as-tu trouvé ton expérience de tournage?

Patrick : « C’était vraiment une belle expérience. Mon coup de cœur sur ce plateau c’est Ken, le réalisateur. C’est quelqu’un qui me ressemble un peu dans le travail. Il est profondément intelligent, mais toujours avec une pointe d’humour dans l’œil. Il est très concentré et respectueux des idées des autres aussi. Il est très sensible aux autres et il me fait rire profondément, car il est quelqu’un de pince-sans-rire et j’aime cela. »

Question : Et les jeunes de la relève qui ont joué avec toi les enfants, est-ce que tu les connaissais et comment c’était avec eux. ?

Patrick :  « J’en connaissais quelques-uns, dont David, avec qui j’ai déjà travaillé. Mais on se connaissait de vue pour d’autres. On a eu beaucoup de scènes ensemble, on s’est côtoyés et on a développé de belles amitiés. Et même avec les figurants, il y en avait une bonne centaine dans les grosses scènes. Et ils revenaient tous les jours et c’était le fun d’avoir cette chimie-là avec tout le monde. Ce fut vraiment un beau plateau.»

Question : « Et avec Patrick Huard, comment c’était? »

Patrick : « Je comprends pourquoi il travaille autant. Non seulement il a du talent, mais il est capable de saisir à quel moment il peut niaiser (rigoler) avec les autres comédiens. Par exemple, ma première grosse journée de tournage c’était juste avec lui. Et c’était de grosses scènes. J’avais besoin de concentration et il m’a laissé faire avec mes trucs, il ne m’a pas dérangé pour faire des blagues. Et quand la journée a été bien entamée et que j’ai été moins stressé, alors là il s’est senti bien à l’aise de faire des blagues et de pouvoir détendre l’atmosphère. C’est vraiment quelqu’un de très professionnel. »

Questions pour David Giguère : Tu joues le rôle du porte-parole des jeunes dans leur recours collectif pour connaître l’identité de votre père, Starbuck. Comment as-tu trouvé ton expérience sur le plateau?

David : « Ce fut formidable. J’ai terminé l’école de théâtre en juin passé (2010) et j’ai décroché ce contrat-là un mois après. Je fais aussi également de la musique. Cela a été une belle opportunité pour moi et je me sentais vraiment choyé d’avoir ce film comme première expérience de cinéma. Un grand plateau avec autant d’amour et autant de soutien entre les gens. Et Ken, il était super à l’écoute. On était beaucoup de figurants en même temps et il a toujours pris le temps, lui et Patrick, de s’occuper de nous convenablement. Patrick était vraiment généreux. Même si on était beaucoup de monde avec lui dans une scène, il prenait le temps d’être dans sa bulle un moment et quand c’était le moment d’interagir, il était disponible. J’ai trouvé qu’il avait une méthode de travail impeccable.»

Question : Et comme tu viens juste de sortir de l’École de théâtre, est-ce que c’est vraiment ce que tu pensais que ce serait la vie de comédien?

David :  « Jusqu’à maintenant, je suis content en tabarnouche. En sortant de l’école, je voulais faire de la musique et du jeu. J’ai joué au théâtre, fait un peu de télé et ce film. Et maintenant je suis en studio pour faire mon premier album. J’y vais là, après les entrevues. Je veux faire les deux, jouer et faire de la musique et je pense que je peux y arriver, les deux en même temps. Il s’agit d’y aller par projet. Je me donne complètement quand je suis dans un truc, mais je veux pouvoir continuer à faire les deux. »

Question : Est-ce que tu connaissais les autres comédiens avec toi qui jouaient les enfants de Starbuck?

David : « Dans le film, il y a deux autres comédiens qui étaient dans ma classe. Donc, même si je ne connaissais pas tout le monde, il y en avait plusieurs que j’avais déjà vus. Et ensuite les liens se sont resserrés entre nous. »

Questions pour Sarah-Jeanne Labrosse : Tu interprètes Julie, une des nombreuses filles de Starbuck, mais la seule que l’on rencontre intimement. Julie, c’est une adolescente qui vit une période déstabilisante. Finalement, son père va l’aider beaucoup sans qu’elle sache que c’est son père. Comment as-tu aimé ton expérience de plateau?

Sarah-Jeanne : « J’ai adoré. C’est la deuxième fois que je faisais la fille de Patrick Huard (l’autre fois c’était dans Bon Cop Bad Cop). On se connaissait déjà, alors c’était super cool de tourner ensemble. Et l’équipe était merveilleuse. C’était la première fois que je travaillais avec Ken et j’ai vraiment adoré sa façon de travailler. Il sait ce qu’il veut et il va y arriver sans rien brusquer. Il est d’un calme très apprécié. »

Question : Et les autres jeunes de la relève avec toi, est-ce que tu les connaissais?

Sarah-Jeanne : « Il y en avait beaucoup d’entre eux qui se connaissaient parce qu’ils venaient des mêmes écoles, mais moi, je ne connaissais personne parce que je n’ai pas fait les écoles ni de formation. Cela m’a permis de rencontrer une belle gang et il y en a plusieurs que je continue de voir fréquemment. Je me suis trouvé des amis. »

Question : « Quels sont tes projets en cours? »

Sarah-Jeanne : « J’ai la deuxième saison du Gentleman qui va commencer en septembre à TVA, dans laquelle je joue un rôle qui sera récurrent dans les 8 épisodes de la saison. Je joue la fille d’une Libanaise et j’aurai les cheveux noirs. Sinon, je joue aussi dans Yamaska.»

Martin Petit

Questions pour Martin Petit : D’où vient cette idée saugrenue d’un recours collectif de 142 enfants pour retrouver l’identité de leur père?

 

Martin : « Les bonnes idées viennent souvent d’un mélange de choses qui nous arrivent dans la vie. Ken et moi, on connaît des gars qui ont appris qu’ils étaient pères, des années après l’évènement. Ceci est quelque chose que juste un homme peut vivre. Une femme, si elle accouche, elle s’en rappelle (hihi). Aussi, moi, lorsque j’ai eu mes enfants je me suis dit que c’est tellement précieux et magnifique, je ne pouvais pas m’imaginer que cela m’arrive à moi de me découvrir des paternités accidentelles sur le tard.  De fil en aiguille, on a ajouté à cela l’histoire de Starbuck, le bœuf, qui a pris sa retraite après avoir été le père de toutes les vaches laitières en Amérique et qui était tout seul dans son champ. Il y a quelque chose de triste dans Starbuck, un fond triste, lorsque Starbuck découvre ce que c’est d’avoir un enfant et il se rend compte de tout ce qu’il a manqué. En même temps c’est une comédie, car je ne pense pas que Starbuck se peut sans humour. On a pris une situation à l’apparence pas possible pour essayer de la rendre la plus plausible possible, pour que les gens s’identifient à ces personnages. Car il ne faut pas l’oublier, tous les gars, à 17 ans quand ils apprennent que les gens paient pour avoir du sperme, ils ont la réflexion de se dire que, donner du sperme c’est un de leur top trois dans leurs talents. Ils ont peut-être une business entre les mains (hihi). »

Question : Comment on fait pour écrire à deux? C’est quoi le processus?

Martin :  « Dans un duo, cela prend un capitaine. Alors, Ken en étant le réalisateur, il en est devenu le capitaine. Et comme j’avais l’habitude d’écrire pour mes spectacles, mais je n’avais pas écrit de film au complet comme lui, c’était clair que j’étais le jeune Jedi et Ken c’était le gars d’expérience. On a navigué là-dedans en utilisant nos forces à tous les deux. Ken n’a pas besoin de personne pour écrire un film, mais j’ai mis ma couleur dans cette histoire-là.  Et plusieurs personnes pourraient penser que certaines répliques ou scènes drôles sont de moi, alors qu’en fait elles viennent de Ken. Et même, je te raconte, un moment donné, durant un visionnement, les gens pleuraient autour de moi. C’était un moment très prenant et je me suis dit wow, c’est moi qui l’ai écrit ce bout-là et pour la première fois de ma carrière (car je n’en fais pas sur scène des moments d’émotions), je me paie ce fantasme-là de faire pleurer les gens. Donc, nos contributions dans le film ne sont pas nécessairement où les gens pensent. C’est un très beau mélange entre les deux. »

Ken Scott et Martin Petit

Question : Tu fais un caméo dans le film. As-tu pensé avoir un plus grand rôle au cinéma, ou même te lancer à faire un film au complet, pas seulement le scénario?

Martin : « J’avais un rôle dans les Boys II et j’ai trouvé cela exigeant de jouer ce rôle. Comme je sais que c’est exigeant d’être comédien et au moment du tournage du film Starbuck, j’en étais à un mois du début de mon spectacle Micro de feu, dans mes préparatifs, ce n’était pas logique de m’imposer ces deux choses-là en même temps. Je ne veux pas mélanger deux projets exigeants en même temps. Je n’aurais pas voulu avec de moins bonnes critiques pour mon spectacle, parce que j’aurais passé du temps à jouer un rôle dans un film. Les deux projets sont beaux et bien faits et c’est parce que je n’ai pas essayé de tout faire.  Pour ce qui est de faire un film au complet, cela pourrait être un défi. Avant d’embarquer dans un projet, je me demande toujours ce que je vais apprendre avec ce projet. C’est sûr, j’écris moi-même mes propres textes pour mes spectacles, alors écrire un scénario, je suis pas mal rassasié. Mais si c’est un défi de faire le scénario tout seul, je ne ferme pas la porte à rien. Ce qui m’intéresse c’est de produire quelque chose de différent. » 

Question : Une fois le scénario complété, est-ce que tu es allé sur le plateau de tournage?

Martin : « Pourquoi? Pour aller déranger Ken? Non. J’ai eu l’intelligence de ne pas le faire. Je ne voulais pas faire mon fatigant sur le plateau. La dernière personne que Ken veut voir sur un plateau, une fois le scénario terminé, c’est moi. Je n’aurais jamais dit un mot non plus, cela n’aurait rien servi. Ken maitrise tellement la comédie dramatique, que je suis en entière confiance. Et le résultat est fantastique. C’est le scénario qu’on a écrit qu’il a mis dans le film, mais en meilleur. Les jeunes ont un charme fou. Ken a choisi des jeunes très charismatiques et attachants. Cela donne un charme au film qu’on ne pouvait pas voir juste avec le scénario. » 

Ken Scott

Questions pour Ken Scott : Travailler avec son grand copain de longue date, est-ce comme retrouver de vieilles chaussettes?

Ken : « Absolument. On se connaît depuis tellement longtemps, depuis la fin de l’adolescence, 17-18 ans, donc oui, c’est retrouver un vieux copain. C’est facile de travailler ensemble, on se complète bien. »

Question : J’ai remarqué dans le film la prédominance de la couleur rouge dans le film. Pourquoi?

Ken :  « Les couleurs ont vraiment été inspirées d’un quartier, le Mile-End, où on a basé la boucherie où David travaille. On a voulu un rouge qui soit très présent. On voulait un rouge qui nous amène dans une image vintage, qui est un peu vieilli, pour donner un univers particulier au film. »

Question : Quels ont été les défis les plus difficiles à surmonter dans le film?

Ken : « Évidemment c’est la quantité d’enfants à gérer, pas juste pour Starbuck, mais aussi pour un réalisateur, de gérer autant de jeunes acteurs, de figurants et de réussir à bien montrer le tout à l’écran. Alors, je pense que cela a été le plus grand défi. Et le deuxième je dirais de garder le bon degré d’humour versus le drame. Je voulais qu’ils soient présents tous les deux.» 

Question : Pour le choix de Patrick Huard dans le rôle de Starbuck c’est venu dès le début?

Ken : « Depuis très longtemps, j’avais envie de jouer avec Patrick. Quand on a commencé à écrire l’histoire, je me suis dit que ce serait bon pour Patrick. J’étais certain qu’il serait capable d’amener le bon dosage d’humour et de drame dans ses scènes. Et vraiment le film a été basé autour de ce personnage-là. Il est dans chaque scène. Ce sont des petites histoires en fait qui sont cousues, visitées, par ce personnage. Alors, cela prenait quelqu’un de talentueux, de charismatique, qu’on ait envie de le suivre pendant deux heures de temps et qu’il soit bon en humour aussi. Donc, pour moi, je trouvais que c’était le bon rôle pour Patrick.»

Le film prend l’affiche le 27 juillet 2011 dans plusieurs salles au Québec.

Équipe technique

Réalisateur Ken Scott

Production André Rouleau/ Caramel films

Scénario Martin Petit et Ken Scott

Direction photo Pierre Gill

Conception visuelle Danielle Labrie

Montage Yvann Thibaudeau

Compositeur David Laflèche

Costumes Sharon Scott

DISTRIBUTION Les Films Christal (sous-distribution Les Films Séville)

Distribution

David Wozniak Patrick Huard

Valérie Julie LeBreton

Avocat Antoine Bertrand

Frère sévère Dominic Philie

Frère sympathique (Paul) Marc Bélanger

Père de David Igor Ovadis

Antoine David Michaël

Étienne Patrick Martin

Porte-parole David Giguère

Julie Sarah-Jeanne Labrosse

Sauveteur àla piscine Félix-AntoineTremblay

Proprio du café Pierre Mailloux

Maître Chamberlan Patrick Labbé

Infirmière intervenante Marie-France Lambert

http://www.starbuck-lefilm.com

 

crédit photos : Benoit Roy