L¹Illusion de Corneille : l¹alexandrin du 17e siècle sur des musiques du 21e siècle

Du 11 au 26 novembre 2011, le Théâtre Denise-Pelletier (TDP) présente L’Illusion de Corneille,
Du 11 au 26 novembre 2011, le Théâtre Denise-Pelletier (TDP) présente L’Illusion de Corneille,

Du 11 au 26 novembre 2011, le Théâtre Denise-Pelletier (TDP) présente L’Illusion de Corneille, dans une mise en scène d’Anne Millaire et une conception musicale de Samuel Véro. Créée en 1635 à Paris, L’Illusion comique, titre à l’origine, apparaît comme une exception dans l’œuvre de Corneille. Toute cette pièce baigne dans une fantasmagorie qui, au dire de l’auteur, est unique. Considérée comme  irrévérencieuse et délinquante pour l’époque, L’Illusion occupe une place centrale dans l’œuvre de l’auteur, à cheval entre la comédie qu’il pratiquait jusque-là et la tragédie où il excellera par la suite.

Pour Anne Millaire, L’Illusion, véritable plaidoyer pour le théâtre, bouscule toutes les idées en vogue à l’époque. Corneille tente de mettre un point final à la suprématie du théâtre baroque en égratignant au passage l’ancien régime féodal où les pères et les grandes familles dominaient. Mais « L’Illusion est aussi une pièce de femmes », dit la metteure en scène. « Ce sont Lyse et Isabelle qui initient et mènent l’action. On peut dire qu’Isabelle est un des personnages principaux sans qu’il n’y paraisse vraiment. C’est elle qui tient le discours éthique sur l’amour et qui transforme Clindor, son amoureux. C’est par la voix et le cœur d’une femme passionnée et généreuse, d’une grande amoureuse, que Corneille installe les bases d’un nouvel homme, d’un nouveau type de « héros ». » « L’Illusion est une pièce très actuelle, libre et folle, c’est pour cela que nous avons tant de plaisir à la mettre en forme », ajoute Anne Millaire.

L’Illusion que nous verrons au TDP comportera des parties de vers slamés. En écoutant le slameur français Grand Corps Malade et ses émules, Anne Millaire a identifié des liens entre les vers slamés et les alexandrins. Le travail de Grand Corps Malade a été source d’inspiration pour ce spectacle. « Anne a voulu marier l’alexandrin avec de la musique de style urbain, ce qui donne un résultat qui ressemble un peu au slam », dit le compositeur Samuel Véro. La musique y tient donc un rôle important. Interprétée sur scène par six cuivres et un percussionniste, elle devient une interlocutrice pour les acteurs. « Mais la musique ne sera pas toujours jouée avec les vers. Anne Millaire a voulu aussi des ambiances qui peuvent passer du baroque au style renaissance ou classique et à la musique moderne », ajoute-t-il. Ainsi, la palette musicale du spectacle ratisse large, puisant ses sonorités autant chez Bonobo, célèbre DJ avec sa musique techno, que chez Wagner et Lully, mais aussi chez John Adams pour sa musique minimaliste et répétitive, Radio Head et Portishead, un groupe de trip hop.

Synopsis

Un père éploré (Pridamant) cherche son fils (Clindor) qu’il n’a plus vu depuis 10 ans. Touché par sa douleur, son ami Dorante le conduit dans la Grotte d’Alcandre, un magicien maître de l’illusion, qui a le pouvoir de lui montrer la vie de son fils depuis sa disparition.

Anne Millaire : metteure en scène

Anne Millaire est comédienne et metteure en scène. Elle a participé à quelques aventures théâtrales avec Robert Gravel et Jean-Pierre Ronfard qui ont été cruciales dans son développement artistique. Elle a joué, entre autres, dans Kamouraska d’Anne Hébert, adapté par Guy Beausoleil, au TDP en 2004. Elle cofonde avec Ariel Ifergan la compagnie Griffon Théâtre qui prend son envol avec le spectacle Z comme Zadig d’après Voltaire, créée en 2007 et repris en 2009 à la Salle Fred-Barry. Elle enseigne à l’UQÀM, à l’École nationale de Cirque, à l’École de théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe, au Collège Brébeuf, entre autres. Elle a complété une maîtrise en théâtre en 2000 et, en 2004, un brevet de mise en scène au Conservatoire d’art dramatique de Montréal.

Samuel Véro : compositeur et directeur musical du spectacle

Le mot « versatilité » résume fidèlement le cheminement musical de Samuel Véro. Parallèlement à ses études classiques au Conservatoire de musique de Montréal, il se forge de solides expériences en jazz, musique latine et musique du monde. Il joue régulièrement avec la plupart des formations orchestrales montréalaises. Boursier de la Fondation McAbbie, il participe à plusieurs reprises, avec différents ensembles, au Festival International de Jazz de Montréal. Il est membre permanent de l’Orchestre des Grands Ballets Canadiens depuis 2001. M. Véro est membre fondateur du Quintette de Cuivres Impact, récipiendaire du prix Cécile Ménard-Pomerleau  des Jeunesses Musicales du Canada. A titre individuel, on peut l’entendre sur des enregistrements avec Les Violons du Roy (Requiem de Mozart~Dorian Recordings), gagnant d’un prix Juno ; avec La Nef (La machine à explorer le tempo~Robert Marcel Lepage / Radio-Canada) et en ensemble de cuivres sur CBC Radio, Christmas Sing In (20 years~Atma Classique). Un disque avec le Quintette de Cuivres Impact est en préparation.

L’Illusion de Corneille

Mise en scène : Anne Millaire

Direction musicale et composition : Samuel Véro

Distribution (par ordre alphabétique) : Isabeau Blanche, David-Alexandre Després, Vincent Fafard, Andrée-Anne Lacasse, Denis Mercier, Frédéric Millaire-Zouvi et Carl Poliquin

Les musiciens de Magnitude 6 : Frédéric Demers, Simon Jolicoeur-Côté, Samuel Lalande-Markon, Frédéric Lapointe, Laurence Latreille-Gagné et Samuel Véro

Concepteurs et collaborateurs artistiques : Claire L’Heureux, Marjorie Lefebvre, Vincent Dupuis, Marie-Claude Lefebvre, Jonas Véroff Bouchard, Luc Prairie, Judy Jonker, Erika Blais-Adam, Fanny Denault, François Cyr, Huy Phong Doan

Du 11 au 26 novembre 2011 (représentations scolaires du 9 nov. au 9 déc.)

Salle Denise-Pelletier du TDP, 4353, rue Sainte-Catherine Est, Montréal

Billetterie : 514 253-8974 ou Réseau Admission 514 790-1245 www.admission.com

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