La face cachée de la programmation d’été à l’Anglicane

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Diane Blanchette
Diane Blanchette

Diane Blanchette, directrice générale et artistique de Diffusion culturelle de Lévis, répond aux questions entourant la programmation d’été de L’Anglicane.

À titre de directrice générale et artistique de Diffusion culturelle de Lévis depuis maintenant 7 ans, quels sont les critères reconnaissables qui guident vos choix de spectacles?

La qualité artistique, la créativité du spectacle et un équilibre entre des artistes renommés et d’autres à découvrir. Un brin d’audace aussi. Mais au-delà de ces « critères », chaque choix est un coup de cœur : les miens, ceux de membres de notre équipe et parfois ceux de spectateurs fidèles.

En fait, ce qui m’anime c’est de présenter à L’Anglicane des artistes qu’on ne croirait pas avoir la chance de trouver dans une salle de petit gabarit comme la nôtre; de partager des propositions artistiques qui m’ont personnellement jetée par terre ou que j’estime hors du commun; de faire en sorte que les jeunes se sentent chez eux dans cette salle magnifique; et aussi de permettre aux Lévisiens d’avoir accès aux grands noms de l’heure sur leur propre territoire, d’où la présentation ponctuelle de spectacles à l’auditorium Cégep de Lévis-Lauzon, une salle de 700 places.

 

Vous programmez plus de 70 spectacles par an dont une dizaine entre juin et septembre. Qu’ont ces spectacles de particulier?

Une certaine légèreté et une plus grande simplicité dans les contenus comme dans la formule choisie par l’artiste (solo, duo, trio). On peut aussi, comme on l’a déjà fait l’été, installer un spectacle de cirque, d’humour ou de variétés pour plusieurs représentations. Chose certaine, on accueille à L’Anglicane des spectacles qui tournent dans le Réseau d’été du ROSEQ auquel nous appartenons. Ces artistes transportent avec eux un p’tit air de vacances qui se sent sur scène et dans le rapport qu’ils établissent avec le public.

 

Comment décririez-vous la saison qui s’annonce maintenant que tous les artistes ont été sélectionnés?

Très accessible et populaire, dans le sens le plus noble du terme. Diversifiée aussi, à l’instar de nos saisons régulières, avec de la chanson, du jazz vocal, de la musique du monde et de l’humour. J’attire particulièrement l’attention sur le spectacle de Bïa et Mamselle Ruiz, une fantaisie passionnante portée par ces 2 femmes, performeuses hors pair venues du sud, et sur le tout récent ensemble Les Ringos qui célèbre Les Beatles avec tout le talent, l’inspiration et la polyvalence des musiciens chevronnés qui se sont ainsi réunis autour de cet immortel quatuor.

 

Quelle est la motivation pour un diffuseur de spectacles en salle d’offrir une programmation complète durant cette période sachant que l’offre extérieure explose pendant la saison estivale?

Au premier temps de l’histoire de L’Anglicane, la seule saison active était l’été. La « tradition » estivale est donc demeurée. C’est vrai que beaucoup de gens sont en vacances pendant cette période et que pour une majorité, l’été est fait pour assister à des événements presque gratuitement dehors. Mais je constate également qu’une grande partie du public préfère de loin le confort d’une salle et, plus particulièrement, le caractère intimiste de L’Anglicane ainsi que son charme exceptionnel pour profiter pleinement d’une rencontre unique avec des artistes. Et puis L’Anglicane est si belle l’été avec sa terrasse et sa vue sur le fleuve… Et il y fait toujours beau!

 

Avec le temps, vous dites avoir tissé des liens particuliers avec certains artistes. Comment ces relations se traduisent-elle et qu’en est-il de ceux que vous recevrez cet été?

Ces relations privilégiées se traduisent par une envie mutuelle que ces artistes se retrouvent régulièrement dans nos programmations et par une certaine complicité dans nos échanges et lors de leurs spectacles. On peut les qualifier à juste titre d’« amis » de L’Anglicane. C’est le cas de Bïa par exemple, de Ian Kelly ou de Fabien Cloutier. Ils apprécient notre salle au plus haut point pour la proximité qu’elle leur permet avec le public et la qualité d’écoute qu’elle induit. Ils reconnaissent l’importance de notre rôle d’« entremetteur » entre le public et eux. De notre côté, nous apprécions leur compréhension de nos enjeux et nous nous inclinons devant leur immense talent, leur singularité et leur haut niveau de créativité.

 

Depuis plusieurs années, un spectacle de votre programmation estivale s’inscrit dans le Festival Jazz Etcetera Lévis. Sur quoi repose cette collaboration?

Elle s’appuie sur le fait que certains spectacles nécessitent une écoute plus attentive qui sera mieux servie en salle, dans le cas d’une prestation en trio, par exemple. Il faut dire que L’Anglicane est parfaitement adaptée aux ensembles légèrement amplifiés caractéristiques au jazz. Cette collaboration s’est aussi établie sur un désir partagé de promouvoir le jazz sous toutes ses formes car, en dépit d’une certaine popularité en festivals, cette discipline plurielle mérite, encore aujourd’hui, une meilleure reconnaissance du grand public. Enfin, comme ce festival lévisien se tient à un coin de rue de L’Anglicane, nous visons, avec ses organisateurs, les intérêts supérieurs du développement des arts de la scène à Lévis sans égard à quelque concurrence que ce soit.

 

Le nombre de spectateurs est en croissance chez vous et vous avez obtenu des taux d’occupation record dans la dernière année. Selon vous, pourquoi le public apprécie tant son passage à L’Anglicane?

Parce que les gens, vraisemblablement, nous font de plus en plus confiance et se laissent guider par nos choix artistiques; parce que, je le répète, la proximité avec les artistes est incontestablement recherchée par les publics; et parce que nous déployons beaucoup d’efforts pour qu’ils s’approprient L’Anglicane. En fait, je crois que l’expérience bénéfique que procure la fréquentation des arts y est particulièrement ressentie… C’est, en tout cas, ce dont les spectateurs témoignent et ce que nous tentons de faire valoir.

 

En février dernier, vous avez obtenu le prestigieux prix RIDEAU du Diffuseur de l’année remis au terme d’un congrès réunissant plus de 1 000 professionnels des arts de la scène. Est-ce que cette reconnaissance a changé votre manière de percevoir votre rôle?

Au contraire, c’est un puissant encouragement à poursuivre dans la direction qu’on s’est donnée et d’aller même plus loin. Par ailleurs, je souhaite vivement que les projecteurs qui ont ainsi été tournés vers nous et vers ce qui distingue nos programmations incitent ceux et celles qui hésitent encore à oser un petit détour à L’Anglicane et qu’une plus grande partie de la population profite de ce que nous proposons.

 

Ian Kelly

SuperFolk

Jeudi 30 juin – 32 $

Inspiré, sincère et attachant, l’auteur-compositeur-interprète à la voix si belle est un maître des mélodies folk qui soulèvent, entraînent ou envoûtent. Ses chansons portent des réflexions existentielles et des histoires touchantes qui se révèlent comme des tableaux sur des épisodes de la vie. En solo, à la guitare acoustique ou au piano, il dégage une assurance et une sensibilité qui vous chavireront.

Pascale Picard

Solo

Jeudi 28 juillet – 34 $

Comme une amie que l’on retrouve, l’artiste de Québec donne l’impression qu’on la connaît depuis toujours. Seule sur scène, avec aplomb et générosité, elle livre des chansons de ses trois albums dans des versions acoustiques superbement efficaces. Quel que soit le registre, sa voix franche et son énergie nous entrainent sans relâche au gré des pièces.

Jorane

Vendredi 29 juillet – 36 $

L’inclassable artiste nous transporte dans un univers musical enivrant dans lequel sa voix d’or caresse les graves et taquine les aiguës dans des élans passionnés. Jouant du bout des doigts du violoncelle ou de la harpe et accompagnée d’un guitariste, elle met en ici en lumière des musiques choisies à travers ses douze albums.

Claudine Mercier

En rodage

Vendredi 5 août – 36 $

Pétillante et inspirée, l’humoriste est chargée d’histoires loufoques, de personnages comiques et d’imitations saisissantes en vue de son prochain spectacle. Comme elle sait si bien le faire, elle raconte ses nouvelles péripéties avec légèreté et autodérision en plus de personnifier des célébrités qui marquent l’actualité culturelle ou politique.

France D’Amour

Bubble Bath & Champagne 2

Jeudi 11 août

Agréable en tous points, le deuxième volet de Bubble Bath & Champagne est un judicieux amalgame de compositions empreintes d’une grande sensibilité. Celle que le nom prédestinait à chanter la romance s’attarde bien sûr à l’amour mais aussi aux rencontres que l’on attend en vain, aux premières fois et aux adieux. Avec des mélodies inventives interprétées en trio, elle pose sa douce voix sur des airs jazzés légers et élégants.

 Présenté dans le cadre du Festival Jazz Etcetera de Lévis

 

Kevin Bazinet

Mercredi 17 août – 34 $

De sa voix particulièrement sensible, puissante et juste, il entonne un répertoire d’inspiration blues, pop et jazz qui allie des compositions personnelles, des succès qui ont marqué sa jeunesse et les pièces qui lui ont valu le titre de vainqueur de la troisième édition de La Voix. Cette rencontre intimiste sera certainement des plus chaleureuses.

Fabien Cloutier

Assume Supplémentaire

Vendredi 19 août – 35 $ – Étudiant 28 $

Auteur, conteur, metteur en scène et comédien, Fabien Cloutier met à présent de côté les personnages fictifs pour prendre la scène en son nom. Dans ce premier spectacle d’humour, il fait rire, égratigne, charge contre la stupidité et dépeint les travers de la société québécoise comme personne. À la fois étonnant, décapant et grisant!

Bïa et Mamselle Ruiz

Bandidas

Jeudi 25 août – 34 $

Sublimées par la virtuosité de la violoncelliste Sheila Hannigan, les voix feutrées de Bïa et Mamselle Ruiz porteront un répertoire dédié à la musique latine. Poétiques et sensuelles, leurs interprétations de classiques tels que Dos Gardenias ou Besame Mucho transportent l’auditoire aux abords des mers du sud. Une soirée pleine de promesses!

Emilie-Claire Barlow

Clear day

Samedi 27 août – 46 $

Celle que l’on surnomme « le joyau du jazz canadien » dirige ici cinq musiciens à travers un mélange de standards de jazz, de ballades séduisantes et de pièces contemporaines réinventées. La sélec­tion de pièces de Simon & Garfunkel, Coldplay ou Van Morrison, par exemple, est interprétée de manière exquise et transpose à merveille les émotions et la profondeur de chacune d’elles.

Les Ringos

Hommage aux Beatles

Samedi 10 septembre – 36 $

Habités par la fougue enthousiaste que portaient les Beatles sur scène, quatre amis et musiciens chevronnés se sont réunis pour interpréter les chansons les plus ludiques de ce répertoire incontournable. Sans costume ni personnage attitré, Marc Déry, Éric Goulet, André Papanicolaou et Marc Chartrain célèbrent la musique du Fab Four dans une soirée de pur plaisir!

Bernard Adamus

Sorel Soviet So What

Samedi 17 septembre – 38 $

Dans cette vibrante collection de chansons country-blues, l’auteur-compositeur déjanté continue de raconter des événements de proximité tout en s’ouvrant sur le monde. On reconnaît ses textes crus, sa poésie singulière et la forte musicalité de ses pièces. À nouveau, on se laisse séduire par l’artiste libre, fantaisiste et hautement authentique.