Alexia Gourd: télévision, scène, cinéma! Rien ne l’arrête

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Alexia Gourd

J’ai rencontré Alexia Gourd alors qu’elle venait d’être choisie comme chorégraphe à la quatrième saison de l’émission «Les dieux de la danse» (Radio-Canada). La danse est au coeur de sa carrière, mais c’est en chant et en jeu au cinéma et sur scène qu’elle trouve un sens à ses passions: la performance artistique de tout son corps. C’est d’ailleurs pour cette raison qui combine la danse et le jeu que François Pruneau, chef-chorégraphe pour «Les dieux de la danse», l’a choisie. Elle aura à travailler avec quelques uns des 24 couples en compétitions, et saura insufler une meilleure interprétation en combinant son talent de danseuse à celui d’actrice. Active dans le milieu depuis plus 10 ans, on a vu le nom d’Alexia Gourd autant dans des productions anglophones que francophones. Ces dernières années, elle a été très occupée en jouant presque deux ans dans Mary Poppins, tout en étant chorégraphe pour des productions plus modestes, comme «Hairspray» (gagnant d’un prix META) et «Joseph And The Amazing Technicolor Dreamcoat» pour des compagnies de théâtre communautaire.

Alexia Gourd dans la comédie musicale «Mary Poppins»

Diplômée de Vincent-d’Indy en chant classique, elle est également formée en danse depuis sa plus tendre enfance et travaille fréquemment comme chorégraphe. Comme comédienne, elle a travaillé à la télé et cinéma, notamment dans «Sur le rythme» où elle incarne Julianne Latulippe, une danseuse qui a un trac de la scène. Elle aime réunir ses trois passions sur scène et travaille énormément en théâtre musical. Elle a joué dans trois des plus grosses productions de Juste pour rire : «Hairspray», «Sister Act» et «Mary Poppins», en plus de réaliser la chorégraphie d’une autre comédie musicale du Théâtre St-Denis, «50 Shades : la parodie musicale». Vous l’aurez aussi vu au Segal Centre dans «In Transit», «Funny Girl» ainsi que la toute nouvelle création canadienne «Prom Queen». Curieux de connaître sa démarche multidisplinaire qu’on appelle «Triple Threat» dans le milieu anglophone (danse, chant, jeu), voici l’échange que j’ai eu avec elle cette semaine.

Qu’est-ce que tu préfères : chanter, danser ou jouer?
La question qui tue! Je ne crois pas que je pourrais me passer de l’un ou l’autre et je me définis justement beaucoup par mon amour pour les trois. Cependant, je dois dire que j’ai développé une immense passion pour le jeu sous toutes ses formes après avoir étudié dans une école de Théâtre à Los Angeles, la Stella Adler Academy of Acting & Theatre. Cette expérience a complètement changé ma vie et ma perspective sur les arts. J’essaie maintenant de voir et de traiter tout mon travail selon une méthode de jeu et d’analyse de texte.

Chorégraphie de Alexia Gourd dans «50 Shades : la parodie musicale»

Qu’est-ce qui t’a menée vers la chorégraphie?
Petite, j’étais toujours en train d’inventer des spectacles dans mon sous-sol. J’ai eu ma première expérience professionnelle en tant que chorégraphe quand j’ai joué Martha dans «Spring Awakening». Le metteur en scène voulait un peu de mouvements et, lorsqu’il a su que je dansais, il m’a offert de faire les chorégraphies. Par la suite, j’ai commencé ma collaboration pour d’autres spectacles et les opportunités se sont présentés. Pour «50 Shades : La parodie musicale», j’étais en callback final pour le rôle principal et je ne l’ai pas eu, mais une belle complicité s’est développée avec Didier Morrissonneau, le producteur/metteur en scène, et il m’a offert de chorégraphier le projet. Le fait de travailler comme interprète m’aide beaucoup parce que ça étend mon réseau de contact.

Crois-tu que tes chorégraphies et ta méthode sont influencées par ton expérience en tant que comédienne et en tant que chanteuse?
Assurément. C’est pourquoi je travaille principalement avec des acteurs ou des chanteurs. Je connais leur réalité et les paramètres avec lesquels ils travaillent. J’essaie d’adapter mon langage selon l’artiste avec lequel je travaille. De la même façon, j’essaie de faire en sorte que mes chorégraphies puissent s’analyser dans leur courbe dramatique comme une scène ou une chanson. J’adore aussi quand les interprètes s’y sentent à l’aise de trouver leurs personnages et d’ajouter leur touche à mes numéros.

Alexia Gourd dans «Rashomon» de la «Stella Adler Academy» à Los Angeles

Tu as étudié en Californie. Parle-nous de ton expérience.
Je jouais déjà depuis un certain temps et j’avais fait plusieurs formations à Montréal. Mais je sentais que mon jeu manquait de profondeur et d’assurance. J’ai découvert l’école Stella Adler à Los Angeles qui offrait des stages de quelques mois. J’en fait un premier stage au printemps 2017. Par la suite, l’école m’a offert une bourse pour y retourner l’automne suivant. Ils sont absolument formidables et passionnés et appuient beaucoup les étudiants internationaux.

Le mélange des arts multidisciplinaires (comme la comédie musicale) commence à être populaire au Québec. Que conseilles-tu aux jeunes qui aspirent à travailler dans ce milieu?
N’arrêtez jamais de vous former et de vous entraîner! Trouvez toutes les occasions possibles pour jouer. Ce sont trois disciplines qui demandent beaucoup de maintien et d’entraînement. La dimension du jeu est cruciale et je crois dur comme fer que tout interprète devrait toucher au jeu et à l’analyse de texte, apprendre à connecter le mouvement ou la voix à l’intention. Serge Postigo encourage d’ailleurs beaucoup les danseurs à prendre des cours de jeu et vice-versa. D’ailleurs, je suis en train de développer tranquillement un atelier de mouvement créatif pour aider les danseurs à apprivoiser le jeu à travers des exercices de mouvements.

Danny Amaral de Matos et Alexia Gourd dans le film «Sur le rythme»

Quels sont tes projets en cours et futurs pour toi?
J’ai fait les chorégraphies du groupe Les Brothers (Jason Roy-Léveillé, Simon Morin, Maxime Desbiens-Tremblay, Johnny Arsenault et Dominic Dagenais) qui est en tournée à travers le Québec tout l’été. J’ai aussi assisté la chorégraphe Lydia Bouchard pour le nouveau spectacle d’Ari Cui Cui, en tournée tout l’été et de retour à Radio-Canada cet automne. Toujours à Radio-Canada, je serai chorégraphe pour «Les dieux de la danse». En tant que danseuse ou comédienne, j’ai quelques projets qui se préparent pour l’automne mais dont je ne peux pas parler encore. Finalement, j’aimerais bien retourner en Californie à l’école de théâtre et me trouver un agent sur place. J’ai rencontré beaucoup d’artistes formidables avec qui j’ai hâte de travailler là-bas.

Liens :
https://www.agentrebel.com/fr/comediens-details/alexia-gourd
https://www.lesbrotherslive.com
http://aricuicui.com
https://ici.radio-canada.ca/tele/les-dieux-de-la-danse/site
http://stellaadler.la

Crédits des photos dans l’ordre : Karine Lévesque, René Lavoie, Daniel Ouimet, Jamale Abou Hamad et Charles-Olivier Michaud.