Murray A. Lightburn – Hear Me Out – Le nouvel album disponible le 22 février

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Murray A. Lightburn

EN SPECTACLE?

23/02   New York, NY @ Rockwood Music Hall

28/02   Toronto, ON @ The Burdock

01/03   Montréal, QC @ Bar Le Ritz?

07/03   Vancouver, C.-B. @ Fox Cabaret

08/03  Los Angeles, CA @ Hotel Café

12-16/03   Austin, TX @ SXSW Music Conference

Vidéo : To The Top

https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=bqYrBGvsMWA

Murray Lightburn aurait pu créer son deuxième album solo, Hear Me Out, en vrai solitaire. Il savait que les chansons qu’il avait écrites n’étaient pas faites pour The Dears, il tenait des démos bien étoffés et avait même déjà brisé la glace en 2013 avec Mass:Light, un disque à tirage limité qu’il avait enregistré complètement seul.

«?J’ai longtemps hésité sur le concept. Je voulais qu’on puisse dire que “Murray a enregistré tous les morceaux de l’album’’?», lance Lightburn, «?mais je me suis ensuite dit que ce n’est probablement pas ce que Nat King Cole aurait fait?».

Si une telle analogie semble étonnante… et bien Hear Me Out l’est tout autant. L’album luxuriant et romantique, riche en cordes classiques et en envolées soul, s’inspire sans réserve des crooners des années 50, des groupes de filles des années 60, de Muscle Shoals et de Motown. Du scintillant «?Belleville Blues?» au lent gospel «?I Give Up?», en passant par «?To The Top?», qui fera durer la fête jusqu’au bout de la nuit, Hear Me Out est composé de dix chansons pop d’une beauté fragile et inoubliable, où Murray Lightburn ose s’avancer sur le terrain de la famille, des relations entre adultes et de ce qu’on pourrait appeler la masculinité non toxique.

«?Des gars qui me ressemblent, des chansons d’amour pleines de sensibilité, on n’en voit plus autant de nos jours.?», explique Murray. Hear Me Out est percutant et ambitieux, comme tout ce que Lightburn a déjà écrit pour The Dears, tout en étant cependant absolument différent.

Lightburn a d’abord composé l’album lors d’un grand élan créatif, pendant ce qu’il appelle son «?été mouvementé de 2016?». Cette période, entre la sortie des Times Infinity Volume 1 et Times Infinity Volume 2 de The Dears, a été un tournant dans la vie de Lightburn et Natalia Yanchak, à la fois membres du même groupe et partenaires de vie.

«?Je ne peux pas parler au nom de Natalia, mais je crois que nous avions tous les deux besoin de voir un conseiller d’orientation.?», explique Lightburn. «?The Dears était tout pour nous. Je ne peux pas dire que ça n’a pas porté fruit, parce que c’est manifestement faux, mais nous voulions simplement pouvoir être définis par autre chose que ce seul groupe, vous comprenez???»

«?Cet album traite de trucs d’adultes. Avoir des enfants, essayer de poursuivre sa carrière et d’entretenir ses relations, trouver ce petit quelque chose qui vous permet de survivre ensemble quand tout se déchaîne autour de vous et vous pousse à vous séparer. La raison pour laquelle le disque s’intitule Hear Me Out, c’est parce qu’il est question de s’exprimer, oui, mais aussi d’écouter. Savoir communiquer est crucial si vous souhaitez que votre relation survive.?»

Au départ, Lightburn avait l’intention de poursuivre sur la lancée électro-expérimentale de Mass:Light, un opéra pop futuriste dont le disque vinyle avait été distribué en édition à tirage limité. C’est lorsqu’il a commencé à écrire ce qui est devenu la dernière chanson de l’album, «?When They See Me?», seul à la guitare, qu’il a cependant décidé de s’inspirer de la musique de son enfance – Marvin Gaye, Diana Ross and the Supremes, Ray Charles – une musique qu’il se plaît encore à écouter aujourd’hui.

Il s’est immédiatement lancé dans l’écriture et l’enregistrement de démos, créant l’ébauche de ce qui allait devenir le son, l’âme et les orchestrations instrumentales de l’album… jusqu’à ce qu’il doive rejoindre Yanchak et The Dears lors de leur tournée de 2017. Lightburn s’est alors complètement immergé dans ses spectacles et ses contrats de production pour Hawksley Workman, les World Provider et Stars, en plus de créer la musique du jeu vidéo We Happy Few.

C’est finalement à l’été 2018 qu’il a eu la chance de se rendre au studio montréalais hotel2tango en compagnie du producteur Howard Bilerman (Arcade Fire, Leonard Cohen, Godspeed You! Black Emperor!). Rien que ça, c’était quelque chose de nouveau. «?Avec The Dears, c’est moi qui tourne tous les boutons, qui pousse tous les atténuateurs et qui déplace tous les microphones.?», explique-t-il. «?Sur ce disque, je n’ai pas tourné un seul bouton ni appuyé sur un seul atténuateur. Je n’étais là que pour performer… et ça a été une expérience incroyable.?»

Il est vrai qu’on retrouve Murray Lightburn un peu partout dans l’album. Il y joue de la guitare, du Mellotron ou des cloches tubulaires, mais ses principaux musiciens sont le guitariste de jazz montréalais Steve Raegele, le bassiste Remi-Jean Leblanc et le batteur de The Dears, Jeff Luciani, qui est un habitué de la scène free jazz de Toronto. «?J’ai rassemblé toute une communauté de jazzbos – ou de jazzers, comme disent les Anglais?!?», rigole Lightburn, lui-même fils d’un joueur de jazz (son père William jouait du saxophone). «?Ils ne sont pas imprégnés d’indie-rock. Ils ont une petite touche très différente et super léchée. Tout le monde est bourré de talent.?»

Lightburn retrouve aussi pour cet album le quatuor à cordes des deux opus Times Infinity (François Pilon, Madeleine Messier, Ligia Paquin et Sheila Hannigan), ainsi que la flûtiste Brigitte Mayes, sans qui le disque des Dears, No Cities Left, ne serait pas le même, et les chanteuses Catherine McCandless (Young Galaxy) et Ariel Engle (La Force/Broken Social Scene).

Cette équipe efficace et talentueuse a permis à Lightburn de vivre son rêve, où «?vous arrivez au studio et les musiciens vous attendent avec des feuilles de musique devant eux, prêts à jouer, et vous ne faites que chanter la chanson.?», dit-il. «?C’est un peu ce qu’on a fait.?» Murray et Bilerman avaient prévu passer 55 heures en studio, mais n’ont eu besoin que de deux jours pour enregistrer la base de l’album. Pour Murray, c’était encore une fois particulièrement différent de son expérience avec The Dears, où «?nous pouvions littéralement passer des jours à peaufiner un son ou un passage qui n’existe en réalité que pendant 15 secondes.?»

«?Il n’y a aucun solo de guitare et très peu de passages instrumentaux. L’important, c’était de chanter sur de la musique?», explique Lightburn. «?Je crois donc que c’est mon premier vrai album à titre d’auteur-compositeur-interprète. J’aimerais croire que je suis un auteur-compositeur-interprète, puisque j’y ai consacré la majeure partie de ma vie.?»

Bien sûr, auteur-compositeur-interprète pourrait décrire n’importe qui, de Nick Cave à Serge Gainsbourg en passant par Kathleen Edwards. «?J’écoutais aussi beaucoup de Gordon Lightfoot avant d’enregistrer cet album.?», ajoute Lightburn.

Lightburn joue sur plusieurs tableaux, de l’opulence de Hear Me Out à la puissance des Dears, mais toute son œuvre se rassemble autour de ses mélodies. «?L’art d’écrire des chansons est quelque chose que je considère comme sacré. C’est le cœur de toutes mes créations.?», déclare-t-il. «?Tout se résume à la façon dont j’écris, seul au piano ou seul à gratter ma guitare. Il doit absolument y avoir une chanson. Au bout du compte, peu importe ce que je crée, on en revient toujours à la même réalité : je ne suis qu’un gars qui joue de la guitare et qui chante ses chansons.?»