Pyroman de Martin Petit, un feu roulant de blagues! Superbe retour sur scène très attendu !

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Après une absence de neuf ans, Martin Petit a présenté en première Québécoise le 11 novembre dernier, à la Salle Albert-Rousseau, son quatrième spectacle solo Pyroman. Faisant suite à son one-man-show Micro de feu, Martin Petit démontre qu’à 50 ans, il est en plein contrôle de son art. Son spectacle est en fait un feu roulant de blagues sur à peu près tout ce qui s’est passé depuis les dernières années, dans sa vie et dans la société. Abordant les sujets brûlants d’actualité avec un humour réfléchi, il n’hésite pas non plus à créer certains malaises et à bien rigoler de sujets frileux et tabous tels que les handicapés, la burqa, la transsexualité, la pédophilie et même le sexe à 80 ans. À voir les réactions dans la salle, on peut dire que Pyroman a su rallumer la flamme d’amour de son public qui semblait très content de le revoir sur scène.

Dès son entrée sur scène, Martin s’est adressé au public, comme à un vieil ami qu’il n’a pas vu depuis longtemps et il s’est mis à raconter ce qui a changé chez lui et dans la société, depuis son dernier spectacle. Il y avait là matière à beaucoup de sujets et de polémiques et Martin s’est lancé à pied joint là-dedans avec un réel plaisir de jaser avec les gens et les faire rire à profusion. Ainsi, Martin nous raconte qu’il s’est fait refuser un projet de film, dont il nous décrit les grandes lignes de ce long métrage pour le moins bizarre, jusqu’au point culminant de la fin qu’on ne voit pas du tout venir, mais qui m’a fait éclater de rire. Car c’est beaucoup ça l’humour de Martin Petit. Il fait des réflexions, se lance dans une anecdote qui peut paraître banale ou douteuse, puis il nous surprend avec son punch bien placé, bien réfléchi. C’est du gros bon sens et c’est franchement drôle et comme on est surpris, on rit encore plus.

Parmi les thèmes qu’il aborde et qui m’ont fait beaucoup rire, il y a entre autres les handicapés, où Martin se questionne sur la pertinence pour un « sourd» de pouvoir se stationner si près des commerces comme les autres handicapés. Et il enchaine sur les « bons et les mauvais handicapés ». C’est très drôle, même si cela semble épouvantable ce qu’il dit. Cela fait du sens. Parmi les autres sujets sensibles qu’il aborde et qui ont générés quelques «hon » du public à l’occasion sur lesquels  Martin  a renchéri, il y a la burqa (avec une petite référence à Éric Salvail), le ramadan, les soldats qui auraient profané le Coran, le mouvement #metoo, les transsexuels, et le retour des cours de sexualité à l’école, ce qui donne un moment totalement hilarant, lorsqu’il imagine un latino donner ce fameux cours de sexualité aux jeunes.

Sans vraiment se déplacer sur scène, ni imager ses blagues de gestuelles quelconques, Martin fait réagir, rigoler et surprendre son public avec des numéros bien rodés, qu’il prend plaisir à rire lui-même et un rythme d’enfer pour enchainer sur divers sujets en un rien de temps. Il revient même sur de l’actualité très récente, en glissant un mot sur le congédiement de John Cherry. Parmi les autres moments forts du spectacle pour moi, il y a les moments où il rit de lui-même, de ses travers et du fait qu’à 50 ans, il ne se laisse plus influencer par les publicités, il le sait qu’il n’est plus sexy et que le party all night, ce n’est plus pour lui. Il parle aussi du fait qu’il n’a pas toujours envie de donner à des organismes de charité, mais il se sent obligé parfois, quand il est en file à l’épicerie et ne veut pas faire attendre tout le monde et avoir l’air cheap. J’adore son numéro sur ceux qui font des marathons, des ironmans, alors que lui s’entraine, mais ça ne parait pas vraiment au point de se faire dire : « C’est quoi ton entrainement ? le mime ? » Finalement, j’adore le numéro où il parle de ces journées et  mois thématiques, tels que la journée sans mon auto, mon pantalon, sans fumée… À quand la journée sans mon cellulaire ? Ce numéro est hilarant et tellement véridique.

Je pourrais continuer longtemps à énumérer les sujets que Martin aborde dans ce spectacle, tel que le féminisme, le harcèlement, les milléniaux versus la génération X, la pédophilie de Michael Jackson, et le sexe chez les personnes âgées. Tout ce qui est important de retenir, c’est que Martin Petit nous fait franchement rigoler par son regard pertinent sur la société, ses réflexions parfois impertinentes sur celle-ci, et surtout son ton qui est parfois tranchant et mordant, mais jamais moralisateur. À la fin du spectacle, les gens étaient debout pendant de longues minutes pour une ovation bien sentie. Et Martin s’est dit heureux de pouvoir revenir sur scène et avoir tout cet amour et ces réactions positives de son public. C’est, dit-il, pour cela qu’il fait ce métier.

Sa tournée se poursuivra jusqu’en juin 2020.

Martin Petit sera de retour à la Salle Albert-Rousseau le 6 février 2020.

Pour connaître toutes les dates de spectacle de Martin Petit et pour réserver vos billets, visitez le martinpetit.com.

https://www.sallealbertrousseau.com/