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« Schweinehund », la déportation des homosexuels dans un spectacle de marionnettes

12 mars 2017 9 h 21 min 0 commentaire
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Auteur:

Sophie Jama

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Scheweinehund © Andy Gaukel

Scheweinehund © Andy Gaukel

Pierre Seel, déporté à 18 ans dans un camp de concentration nazi pour y être « redressé » puisque homosexuel, a non seulement été affamé, humilié, torturé et violé pendant quelque six mois avant d’être libéré, mais il a assisté aussi au terrible spectacle de son jeune amant dévoré encore vivant par des chiens féroces. Seul Français homosexuel à avoir témoigné de sa déportation, son histoire racontée dans son livre Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, est reprise dans Schweinehund au festival des marionnettes Les Casteliers à Montréal par l’Américain Andy Gaukel.

Difficile sujet donc, traité à l’aide d’un beau film d’animation projeté sur un écran noir et de quelques marionnettes, à quoi s’ajoutent une bande son bien choisie et les poings de l’un des deux marionnettistes qui s’abattent violemment sur la table où se déroulent les scènes. L’ensemble est saisissant. Dans une première partie, la rencontre des deux amoureux est montrée sous le ciel de Paris où volent, insouciants, des colombes qui s’accouplent. On y assiste à leur idylle et à leurs danses amoureuses. Puis c’est la déportation. Pierre Seel, très amaigri, porte le pyjama rayé et le triangle rose des homosexuels. La perversité des nazis, dans leur désir insensé de rendre tout le monde identique, s’est exprimée contre ce qu’ils considéraient comme une déviance. Si les homosexuels n’ont pas été systématiquement recherchés partout dans le monde pour être exterminés, ils ont énormément souffert également, et rares sont ceux qui ont eu le courage de témoigner ensuite.

Les marionnettes – qu’on associe à tort à des spectacles forcément destinés aux enfants – permettent à la fois de distancier et de rapprocher de la terrible réalité d’un tel sujet. Pendant 45 minutes et sans une seule parole, le spectateur suit le récit en étant soumis à de multiples émotions. Une part est dévolue quand même à l’espoir et à la poésie. Même durant ses épreuves, les rêves de liberté sous la forme d’oiseaux blancs semblent atteindre Pierre Seel dans ses rares moments de tranquillité. Au cœur de cet enfer cauchemardesque, c’est peut-être ce qui lui a permis de surmonter son épreuve, et d’avoir la force de témoigner et de vivre par la suite.

Scheweinehund © Andy Gaukel

Scheweinehund © Andy Gaukel

La 12e édition du festival Les Casteliers se termine le dimanche 12 mars. Il est encore temps d’y aller faire un tour…

Schweinehund, le samedi 11 mars 2017 au Théâtre Outremont à Montréal

Festival Les Casteliers

Une production d’Andy Gaukel
Idée originale et mise en scène : Andy Gaukel
Co-création : Andy Gaukel et Myriame Larose
Fabrication des marionnettes : Andy Gaukel, Myriame Larose et Nelson Fields
Manipulation : Myriame Larose & Andy Gaukel
Animation vidéo : Andy Gaukel
Régie : Maude St-Pierre Léonard

Informations : http://festival.casteliers.ca/

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