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Entrevue avec les artisans du film C’est le cœur qui meurt en dernier

5 avril 2017 20 h 11 min 0 commentaire
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Auteur:

Shirley Noel

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C'est le coeur qui meurt en dernier

C’est le coeur qui meurt en dernier

C’est le 14 avril prochain que le film C’est le cœur qui meurt en dernier, basé sur le roman autobiographique  de Robert Lalonde, scénarisé par Gabriel Sabourin, et réalisé par Alexis Durand Brault, prendra l’affiche au cinéma partout au Québec. Ce film met en vedette Gabriel Sabourin, Sophie Lorain, Paul Doucet, Geneviève Rioux, Céline Bonnier et pour une rare fois, Denise Filiatrault.

Résumé

De job en job, à 47 ans, Julien vivote encore, éternel mésadapté. Mais voilà qu’il vient de publier un récit autobiographique relatant ses souvenirs et sa relation particulière avec sa mère. Révélations troublantes d’une vie familiale où ont pesé de lourds secrets. Et ce roman «C’est le cœur qui meurt en dernier» connait un grand succès.

Sa mère, avec qui il a, depuis des années, coupé les ponts, prisonnière d’une Villa Soleil, ignore encore que son fils ait pu oser raconter l’impensable dans son livre. Sans savoir, elle va chercher à le revoir, renouer contact, racheter le temps perdu, et lui demander de l’aider à «lever le flye», à «achever», ne se doutant pas qu’elle fera ainsi revivre les souvenirs enfouis. 

Mon appréciation du film est disponible ici :

http://info-culture.biz/2017/04/13/cest-le-coeur-qui-meurt-en-dernier-un-film/#.WO9WT9ThDvY

Voici mes entrevues avec Sophie Lorain, Denise Filiatrault, Gabriel Sabourin et le réalisateur Alexis Durand Brault. 

Alexis Durant Brault le réalisateur

Alexis Durant Brault le réalisateur

Alexis Durant Brault le réalisateur Comment est né ce projet de film, basé sur le roman de Robert Lalonde?« J’ai d’abord lu le livre de Robert Lalonde et j’ai tout de suite appelé le producteur pour lui dire que je voulais faire ce film. Et comme ce livre est plutôt sensoriel, les gens étaient surpris que je veuille en faire un film. Ma seule condition pour faire le film, était que Denise et Sophie acceptent de tenir le rôle de la mère. D’avoir Denise et Sophie pour incarner la mère, c’est sûr qu’il y avait là une ressemblance, qui allait donner de la crédibilité à ce personnage que l’on suit à deux époques différentes.  J’ai ensuite demandé à Gabriel d’écrire le scénario.» 

Était-ce aussi prévu que ce soit Gabriel qui incarne le rôle de Julien dès le départ? « Non, c’est plus sournois que ça. Comme le scénario était pas mal avancé, et qu’on venait de faire un meeting pour peaufiner des choses, j’en suis venu à la conclusion que le rôle était fait sur mesure pour Gabriel. Il avait l’intériorité qu’il fallait pour le jouer. Il m’a semblé surpris au départ, mais finalement, il a été rapidement d’accord avec moi… Et en plus, je trouvais qu’il avait des ressemblances physiques avec Denise, on aurait pu croire qu’il est de la famille. »

Sous quel angle avez-vous abordé ce film? «Tout le film est basé sur le point de vue du fils, envers sa mère. Et c’est pour ça que je filme toujours sa mère en contre-plongée lorsque Julien est plus jeune et je la filme en plongée lorsque Julien est adulte. Parce que c’est son regard qui change sur sa mère. » 

Diriger Denise Filiatrault, sa belle-mère, c’est un défi en soi? « Non pas du tout. Mais en fait, je me rends compte de la responsabilité que j’avais face au fait que je remettais Denise à l’écran après environ 25 ans. C’est un peu son leg, son testament culturel. C’est donc une grosse responsabilité que de montrer probablement une dernière fois, Denise Filiatrault sur grand écran.»

On voit Robert Lalonde l’auteur du livre dans une scène, comme serveur de bar. Et le plus ingénieux, ce sont les paroles qu’il dit. D’où est venue l’idée?« C’est Gabriel qui a d’abord écrit une scène de barman, suite à une discussion avec Robert, où il racontait que lorsqu’il a publié son livre, tout le monde lui disait que sa mère leur faisait penser à leur propre mère. Donc, on trouvait ça drôle que ce soit Robert lui-même qui incarne le barman. Et l’autre phrase qu’il dit «Est-ce qu’elle le savait ou non ?» c’est exactement la question que Robert s’est toujours posée toute sa vie, par rapport à sa mère. Alors, c’était à propos de l’intégrer dans cette scène. » 

Parlez-moi du choix de la musique qui est très présente dans le film. Belafonte par exemple ? «La musique de Belafonte était déjà présente au scénario. Et c’est moi qui voulais ce genre de musique, car dans les maisons des années 70, on mettait souvent de la musique pour camoufler le silence. C’était de belles chansons d’amour, de gaieté. Et c’était là pour cacher le malaise, et oublier que ça ne va pas bien… Tandis que l’autre musique qu’on retrouve dans le film, dans la partie contemporaine, cela a été écrit par Cœur de Pirate. Je l’ai appelé et lui ai demandé de regarder le film et si elle était inspirée qu’elle écrive la musique. Elle a pleuré en l’écoutant et a tenu à faire ce projet. »

Que voulez-vous que les gens retiennent du film « Il faut accepter nos familles, aussi dysfonctionnelles soient-elles, peu importe les erreurs du passé. Il faut les aimer pareil, parce qu’on en a qu’une famille. J’aimerais qu’on se souvienne aussi de la générosité de Denise Filiatrault, parce que toute sa vie durant, elle a travaillé pour que les gens aient du fun, qu’ils soient touchés. »

Sophie Lorain

Sophie Lorain

Sophie Lorain Qu’est-ce qui vous plaisait dans l’idée de jouer ce rôle, d’être dans ce film? «C’est surtout l’histoire qui m’a intéressé. D’abord le roman de Robert. Et quand Alexis a eu le coup de cœur de le porter à l’écran, j’ai vu qu’il fallait tout inventer, car c’est un roman très intimiste, avec peu de dialogue. Il fallait lui donner une amplitude visuelle. Donc, Gabriel en est venu à écrire le scénario et moi, j’ai agi à titre de scripte éditeur sur le scénario. Donc, c’est devenu un projet où on a tous mis un peu de notre cœur pour le porter à l’écran. Pour ce qui est du rôle que j’avais à interpréter, j’aimais le fait qu’elle soit assez loin de moi comme personnage et que ce soit joué à une autre époque. J’ai travaillé mon personnage pour lui donner assez de mystère pour qu’on ne la juge pas et pour que le spectateur ne devine pas tout de suite la complexité de ce qu’elle vit. Je l’ai donc joué tout en nuance. »

D’être deux personnes qui interprètent le même rôle, à des âges différents, est-ce que vous vous êtes parlés du personnage pour le faire ressemblant? Démarche, gestuelle, etc.? «C’est une excellente question. Tout d’abord, je savais que ma partition allait se tourner à la toute fin, parce que ça se passe à une autre époque. Donc, durant les lectures et les répétitions, je me demandais si je ne devrais pas regarder le travail de maman et voir comment elle incarnait le personnage, pour me calquer un peu à elle. Et ma mère m’a donné un précieux conseil qui nous a très bien servi, je crois. Elle m’a dit de ne pas me fier à son interprétation, car la femme que je suis n’est pas du tout la femme que j’étais, au début de la quarantaine et elle non plus n’était pas semblable à ce qu’elle était à 20 ans. À chaque période de la vie, on se transforme, oui, au gré de la nature, physiquement. Mais surtout, les épreuves nous forment et nous font évoluer dans des directions totalement différentes de ce qu’on pouvait être avant. Alors, elle m’a conseillé d’incarner mon personnage comme je le sentais tout simplement. Et cela m’a donné la liberté d’y aller selon les nuances que j’ai mentionnées plus tôt dans l’époque où elle vivait.  »

Vous aimez danser sur du Harry Belafonte? «Bien sûr! C’est tellement beau comme musique. Et en même temps, c’est tellement significatif d’une certaine époque. C’est léger, rêveur, faisant penser au soleil, le sud, l’espoir, alors qu’elle n’en avait pas beaucoup d’espoir, cette femme-là… Et ça délimite les époques, vu que le film se promène entre le passé et le présent. Pour la période contemporaine, on a la musique qu’a écrite Cœur de Pirate, qui est d’une autre couleur et qui ajoute à la dramatique de façon très simple et légère. » 

Denise Filiatrault

Denise Filiatrault

Denise Filiatrault, On vous voit peu devant la caméra et ça nous fait vraiment plaisir de vous voir à nouveau sur grand écran. Qu’est-ce qui vous a convaincu de jouer dans ce film ? «En fait, j’avais lu le livre de Robert, car je lis tous les livres de Robert Lalonde. Je trouvais ça tellement beau ce qu’il avait écrit. Je m’étais dit que c’était dommage que je ne joue plus, car cela aurait été un rôle que j’aurais aimé jouer. Et là, six mois plus tard, Alexis m’appelle pour me demander d’incarner le personnage. J’avais peur de le faire, mais je n’ai pas pu refuser. » 

Vous aviez peur de quoi? «J’avais peur d’avoir des blancs de mémoire. J’avais peur de la réception des gens sur le plateau. Mais au final, ça s’est très bien passé.»

Qu’est-ce qui a été un défi pour vous, patiner  peut-être? «En fait, oui, ça me faisait peur de patiner. Mais pas parce que je ne sais pas. Au contraire, toute ma vie j’ai patiné. À l’époque je patinais, en tournant, je faisais des 8 sur la patinoire. Ils voulaient me doubler en plus. J’ai dit non, je suis capable de patiner. Mais rendu là, sur le Canal rideau, j’ai eu un peu peur. Il y avait des trous dans la glace. C’est pas comme dans un aréna. Donc, j’avais peur de piquer dans les trous. J’avais des jambières, mais je ne voulais pas tomber. Et c’est là que j’ai vu qu’à l’âge que j’ai, ce n’est plus aussi facile de patiner. »

Est-ce que cela vous a donné la piqure pour jouer à nouveau? «On ne connaît pas l’avenir, mais je pense bien que c’est la fin pour moi. Ça m’étonnerait que je revienne au jeu, car il n’y a plus personne qui écrit des rôles pour des femmes de 80 ans. » 

Et jouer avec Gabriel Sabourin c’était comment ?«Il est bourré de talent. Il est bon acteur. Il est touchant. Ça fait longtemps que je le connais Gabby. Quand il est sorti de l’école de théâtre, c’est moi qui lui ai donné sa première job. » 

Un rôle comme ceci, dans une résidence, à attendre la mort, et aller jusqu’à demander à son fils qu’il l’aide à l’achever, est-ce que ça vous a fait penser à votre propre fin? « C’est certain. Mais on essaie de ne pas y penser, parce que c’est trop déprimant. Dans les scènes à la résidence, j’étais gentille avec toutes les figurantes, ces vieilles dames qui incarnaient des gens malades ou en fin de vie. Je ne voulais pas trop penser que ces figurantes pourraient être en fait des vraies personnes malades, sur la fin de leurs jours. C’est déjà assez difficile pour moi, à 85 ans, de ne pas penser que la fin approche plus vite que je ne voudrais. Ça peut arriver demain, dans un mois, dans un an, on ne le sait pas, mais je sais que mes bonnes années sont derrière moi. » 

Gabriel Sabourin

Gabriel Sabourin

Gabriel Sabourin,Quel était le défi pour vous de créer un scénario à partir de ce livre de Robert Lalonde? « Le livre est très sensoriel et porte en lui une émotion que j’ai voulu transposer dans le film.  Donc, j’ai voulu écrire une histoire qui ferait ressortir tout l’amour que Julien avait pour sa mère. C’est une véritable déclaration d’amour! Donc, j’ai essayé de montre le lien qui unit une mère et son enfant, au fil du temps, de l’enfance à l’âge adulte.  Vu que dans le livre il y avait des moments de vie racontés dans un désordre de temps (à 3 ans, 18 ans, 5 ans, 45 ans, etc..) et qu’il n’y avait rien qui se suivait de manière chronologique, j’ai voulu raconter une histoire plus linéaire, dans le présent, avec des retours dans le passé par ses souvenirs sporadiques… Aussi, je tenais à insérer dans le film des extraits du livre de Robert, d’y inclure un peu de ses mots, de sa langue. Donc, c’est pour ça qu’au début et à la fin du film, il y a une espèce de  narration. C’est ce que j’ai trouvé de mieux pour honorer son magnifique texte. »  

Et, Robert Lalonde que pense-t-il du résultat du film versus son livre ? « Il est très satisfait. En fait, dès le début du processus d’écriture du scénario, j’ai voulu en parler à Robert d’abord pour savoir si cela allait le déranger qu’on aille dans cette direction pour en faire un film. Car ce sont ses souvenirs qu’il a mis dans ce livre. Et il a été complètement d’accord avec ce qu’on voulait faire, en spécifiant que de toute façon, le film allait être une autre œuvre, complètement différente du livre, et c’était bien correct comme ça. »

Pour votre rôle, vous ne souriez jamais, vous parlez peu, vous êtes toujours de noir vêtu, est-ce difficile de jouer tout en retenue ainsi? « Pas vraiment. C’est venu assez naturellement. Car mon personnage n’est pas dans la vengeance face à sa mère, mais plutôt, en mode pardon. Il essaie de la comprendre, lui montrer qu’il l’aime toujours autant. Et donc, ce sont ces émotions qui m’ont guidée. Et j’ai l’impression que ça parait dans la façon que mon personnage regarde sa mère.» 

Et jouer avec Mme Filiatrault c’est intimidant?«Oui, mais pas tant que ça. Car dans le jeu, on a tous un rapport d’égalité. Et en fait, j’ajouterais même que je trouve ça très agréable de jouer avec des acteurs plus âgés. Depuis toujours c’est un plaisir. Que ce soit avec Edgar Fruitier, Albert Milliaire, Gérard Poirier, Andrée Lachapelle, j’ai toujours été touché de le faire. »

Le film prend l’affiche au cinéma dès le 14 avril 2017

à l'affiche dès le 14 avril

à l’affiche dès le 14 avril

Durée 1h43

FICHE TECHNIQUE

Producteur  Richard Lalonde

Réalisateur Alexis Durand-Brault

Scénario Gabriel Sabourin  Basé sur le roman de Robert Lalonde

Direction de la photographie Jérôme Sabourin

Montage Louis-Philippe Rathé

Direction artistique  André Guimond

Costumes Odette Gadoury

Musique originale Béatrice Martin (Coeur de pirate)

Supervision musicale Iohann Martin

Distribution des rôles
Daniel Poisson et Pierre Pageau

FICHE ARTISTIQUE

Gabriel Sabourin est JULIEN

Denise Filiatrault est MADAME LALANDE , mère de Julien (82 ans)

Sophie Lorain est MADAME LALANDE , mère de Julien (48 ans)

Paul Doucet est HENRI

Geneviève Rioux est MARIE-ÈVE

Céline Bonnier est CATHERINE

Isabelle Blais est MARTINE

Visitez : cestlecoeurquimeurtendernier-lefilm.ca

Pour le livre de Robert Lalonde :

http://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/livres/est-coeur-qui-meurt-dernier-2342.html

Crédit photos : Lise Breton

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