Le fils d’Adrien danse – Nu

  Le 30 avril 2010

 

«De la danse qui nous en met plein la vue avec sa passion et son originalité! »

 

Le 28 avril 2010, la troupe de danse Le fils d’Adrien a présenté son spectacle Nu, de la danse contemporaine, en supplémentaire à la salle Multi de Méduse à la Rotonde suite au succès qu’il avait connu en 2008.

Le fait que cette salle n’ait pas de scène surélevée et que le public soit assis au même niveau ou même plus haut que les danseurs est géniale. Cela permet de voir plus généralement les interprètes qui sont en arrière. Cela donne simplement une meilleure vue.

Précédant la représentation de NuHarold Rhéaume nous a mentionné quelques mots, des remerciements et des explications par rapport à ce qu’on s’apprêtait à voir. En fait, avant la représentation de Nu, on a eu le droit à un extrait de trois minutes de Morta dansé par Lydia Wagerer et Harold Rhéaume qui est également le directeur artistique de la troupe. Cet extrait a été interprété afin de célébrer les dix ans de cette compagnie à Québec, mais aussi pour rappeler ce numéro qui a été dansé dans les années précédentes.

Composé de seulement quatre danseurs, le spectacle n’a pas cessé d’impressionner le public en raison de la force, la passion et la souplesse de ces interprètes. Il y avait deux talentueuses femmes, Marilou Castonguay et Arielle Warnker Saint-Pierre, ainsi que deux hommes très doués, Alan Lake et Alexandre Parenteau.  

Durant l’heure complète du spectacle, les chorégraphies laissent l’imagination du public créer l’histoire. Il n’y a pas une vraie interprétation à cette danse. Tout est possible et les spectateurs peuvent se laisser emporter par la mélodie de la musique et les mouvements des danseurs.




Je tiens à dire que ce spectacle fait preuve d’originalité, mais aussi de non-conformité. Je m’explique. Un élément important de la danse contemporaine est une danse de couple ce qui était souvent présent lors de cette soirée. Cependant, certaines chorégraphies de couple étaient dansées par les deux hommes seulement et d’autres par les femmes seulement. Selon moi, c’était étrange étant donné que la normalité est lorsqu’un homme est accompagné d’une femme. Donc, cette différence pouvait installer un malaise dans le public. Par contre, peu importe le couple, on sentait de la complicité dans leur regard et bien évidemment on voyait la force nécessaire d’Alan Lake pour soulever Alexandre Parenteau et même de temps en temps, les rôles étaient inversés. Donc, les femmes soulevaient les hommes. Pour ce qui est des danses de couples composés d’un homme et d’une femme, elles étaient toutes simplement parfaites. Lorsque l’homme soulevait la femme, c’était si gracieux et semblait absolument sans effort.

Une autre chose un peu étrange était lorsque Alan Lake dansait des solos. De temps à autre, on aurait presque pu croire qu’il faisait de la contorsion avec ses bras et ses épaules. Ces mouvements semblaient douloureux comparativement aux autres déplacements qui paraissaient plus élégants et délicats. Certainement qu’il y avait des mouvements brusques où les gens se bousculaient, mais au lieu de sentir la douleur de ce que le danseur exécutait, on était plutôt impressionné par la beauté des exécutions parfaite qui nous apportait même de l’émotion. Aussi, toutes les parties du corps des danseurs étaient utilisées à la perfection. Par exemple, peu importe le mouvement, leurs orteils étaient pointés, mais aussi le visage de danseurs, surtout des femmes, démontrait de l’émotion ou de la passion surtout.

Il y avait un bon mélange entre les danses de couples, solos et danse à trois personnes. Ces interprètes qui dansaient toujours très près l’un de l’autre semblaient presque former une seule personne. Également, chacun leur tour, les danseurs paraissaient être contrôlés ou aidés pour faire leurs mouvements. C’était là une autre particularité, par contre celle-ci m’a plu.

Pour ce qui est des costumes, ils étaient simples et variés. En fait, j’ai bien aimé leur manière d’effectuer les changements sur la scène durant les chorégraphies. Les décors eux aussi étaient discrets. Il y avait un arrière-plan qui changeait de couleur de temps en temps. Finalement, il y avait aussi un tabouret et deux bancs installés de chaque côté de la scène. Leur utilisation était rare, mais quand même présente. De plus, la musique synchronisait les mouvements et mettait une belle ambiance. On avait le droit à de la musique douce créée du violon, du piano et de la guitare. Et même sans musique la danse se faisait sans sembler bizarre.

Mon premier coup de cœur a définitivement été lorsque les deux femmes se disputaient pour l’homme qui était au milieu. En fait, durant cette partie, on ressentait de l’amour lorsque la femme était près de l’homme et ensuite, on voyait la frustration et la jalousie des femmes d’être choisit par l’homme.

Mon deuxième coup de cœur s’est produit à la toute fin lors des solos de couples, un situé à l’arrière, à gauche et l’autre à l’avant, à droite. J’ai bien aimé sentir leur amour, leur passion et leur complicité. Bref, c’était de la danse qui nous en met plein la vue avec sa passion et son originalité!

Chorégraphie Harold Rhéaume 
Éclairage Lucie Bazzo
Musique Mathieu Doyon et Katia Makdissi-Warren
Scénographie Lucie Bazzo et Harold Rhéaume
Costumes Janie Gagnon

Ce spectacle est présenté à nouveau le 30 mai et 1er avril 2010

 

http://www.lefilsdadrien.ca/

http://www.larotonde.qc.ca/

 

Crédit photos: David Cannon

 


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