DONKA: ode à Tchekhov et à l’art

 

 
 
Passion, intensité et beauté: s’il fallait résumer en seulement trois mots «DONKA – Une lettre à Tchekhov», le spectacle qui fait présentement le tour du monde et qui passe par Montréal, il n’en faudrait pas davantage. Mais les mots ne seront jamais assez justes pour rendre hommage à cette magnifique oeuvre de Daniele Finzi Pasca, qui rend elle-même hommage à Anton Techekhov, nouvelliste, dramaturge et médecin russe dont on fête le 150e anniversaire de naissance en 2010.
 
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Dès les premières minutes du spectacle, l'audience est plongée dans un monde fantastique où les acteurs et accessoires deviennent, grâce à des projecteurs installés derrière les planches, des silhouettes qu’on voit défiler sur le grand rideau de la salle, grand rideau qui se ferme de temps en temps, parfois pour laisser place à ces ombres en mouvement qui donnent l’impression de regarder un tableau vivant géant, et d’autres fois pour laisser place à la narration. Parce qu’il y a des histoires à raconter dans ce spectacle: d’abord celle de la vie d’Anton Tchekhov, mais aussi celles de la vie, de la mort, des clowns et des idées.
 
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Divisé en deux parties, le spectacle est mis en scène par Daniele Finzi Pasca dont le but est de «créer des images en partant de ses annotations (à Tchekhov)». Et Pasca réussit nos seulement à créer des images, mais aussi des émotions puissantes, souvent amplifiées par la musique qui rythme les numéros et notre imaginaire (Maria Bonzanigo), les costumes, les accessoires et le décor.

Évidemment, il y aussi les acteurs et acrobates, puissants et talentueux à plusieurs niveaux. Que ce soit par un numéro de jonglerie, de trapèzes ou de claquettes, le théâtre acrobatique de la troupe est drôle et adroit. Parfois intelligemment burlesque, il est à d’autres moments habile et philosophique, comme dans ce numéro qui allie vidéo, acrobaties, projection et imagination.
 
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Pendant près de 90 minutes, tous les sens sont éveillés pour une charge émotive constante et incroyable. Et alors que la première partie est beaucoup plus acrobatique (chaque numéro est tellement bon qu’il pourrait être le dernier du spectacle), la deuxième partie est quant à elle beaucoup plus lente et sombre, avec moins de cirque, mais toujours autant de belles folies et d'absurdités cohérentes. Retour donc à l'enfance pour le spectateur qui n’a d'autre choix que de rester bouche bée face à la magie qui s'opère devant lui. Conte d’enfants, mais pour adultes.
 
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De passage au Québec pour presque trois semaines, la troupe a adapté quelques-unes des blagues pour ajouter une touche québécoise au tout! Pas étonnant alors qu’on parle de poutine et de lac aux castors!

L’hommage à Anton Tchekhov, l’artiste ou le scientifique, est donc magistral et rend bien honneur à celui que Daniele Finzi Pasca a choisi d’immortaliser à sa façon.
 

 
«Donka – Une lettre à Tchekhov» à l'Usine C, présenté du 2 au 18 décembre 2010.
usine-c.com/fr/10-donka-lettre-a-tchekhov.html
Site web officiel du spectacle (vidéos, photos, nouvelles, contact et équipe de création):
Crédit Photo: Viviana Cangialosi
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