Entrevue avec Isabelle Blais pour le film Le prix à payer

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J’ai vu, en grande première, sur invitation de presse, le film Le prix à payer (The High cost of living), un drame mettant en vedette Isabelle Blais Zach Baff et Patrick Labbé. Le film prend l’affiche le 22 avril prochain et mon appréciation du film se trouvera dans la section cinéma à partir de cette date.

 Entrevues : J’ai rencontré, lundi le 18 avril, au Château Bonne Entente, l’actrice Isabelle Blais qui a bien gentiment répondu à mes questions.

Synopsis

Tout commence par un accident. Henry (Zach Braff), au-dessus de la limite légale, fait une mauvaise manoeuvre et heurte Nathalie (Isabelle Blais). Paniqué, il se sauve, laissant Nathalie en pleine rue, sans connaissance, blessée et enceinte de huit mois. Nathalie reprend connaissance à l’hôpital pour découvrir que le bébé, toujours en elle, est mort. Son mari, Michel (Patrick Labbé) est incapable de faire face à cette tragédie et ne peut lui offrir le soutien dont elle a grandement besoin. Au moment où tout semble s’effondrer, elle tombe sur Henry – qui cherchait sa victime. Se gardant de lui révéler son secret, Henry devient pour Nathalie tout ce que Michel n’est pas – empathique, charmant et un peu fou. Elle trouve un soulagement auprès de cet étranger qui semble disposé à lui offrir refuge. Mais le passé d’Henry le rattrapera puisque l’enquête policière se rapproche de lui à grands pas. La confrontation inévitable de Henry et de Nathalie les forcera à tout remettre en question et à décider si le prix de la vie en vaut la chandelle.

Précision concernant le film qui contient des scènes en anglais et d’autres en français. En version originale anglaise, il est présenté avec des sous-titres en anglais pour la portion en français. Pour la version française, il y a deux versions qui peuvent être présentées, selon les endroits : Il y a une version en anglais avec sous-titre en français. Et il y a une version doublée en français, où Isabelle Blais double sa propre voix tandis que les autres acteurs sont doublés par des professionnels en doublage au Québec.

 

Questions pour Isabelle Blais :

Question : Qu’est-ce qui t’a attirée dans ce scénario de Deborah Chow, dans ce rôle?         

Isabelle : « Cela m’a beaucoup touché quand je l’ai lu la première fois. Je suis complètement embarqué dans l’histoire en le lisant. Je trouvais aussi que c’était un défi comme personnage, avec beaucoup de complexité. Une fois que j’ai accepté, comme ils étaient dans le processus de trouver le financement, cela a pris comme 2 ans et demi avant que cela se fasse. On a gardé contact en attendant. Deborah m’envoyait des versions révisées du scénario, elle me demandait des suggestions, pour l’améliorer en attendant le financement. »

  

Question : Lors du tournage, tu avais déjà accouché de ton enfant, donc ce n’était pas ta vraie bédaine ? Ce n’a pas dû être trop difficile de te remettre dans cet état d’âme?

Isabelle : « Non, effectivement, cela faisait un an que j’avais accouché. C’était frais dans ma mémoire. Cela m’a aidé. Car je sais c’est quoi que de marcher avec une grosse bédaine, s’asseoir, c’était comme une seconde nature. Et naturellement, j’avais une superbe prothèse, vraiment bien faite, lourde, qui tenait bien. C’était fantastique, car justement, je pouvais jouer et ne pas penser à ma bédaine… Et d’avoir un jeune bébé, nouvellement maman, cela m’a inspiré, cela m’a rendu plus sensible à ce que cela représente de perdre un enfant. Cela m’a facilité un peu l’émotion.»

 

Question : N’est-ce pas bizarre que dans le film, Nathalie ne veuille pas se départir de son bébé qui est mort en elle?

Isabelle : « C’est sûr que le premier réflexe c’est de vouloir passer à autre chose et vite oublier. Mais là, vu qu’elle n’a pas le choix de le garder quelques jours, à cause de l’accident, alors le temps passe et sa réaction change à l’inverse. C’est comme si elle n’est plus capable de laisser aller son bébé, de lui dire au revoir. Vraiment faire son deuil. Et j’ai lu que ce sont des histoires qui sont déjà arrivées. Il faut faire son deuil, s’en détacher, s’en défaire, mais cela peut devenir difficile de le faire, de ne plus avoir de bébé du jour au lendemain. C’est un peu cela qui lui arrive psychologiquement. Et comme en plus, elle est dépressive, elle se fout si cela affecte sa propre santé. C’est un peu autodestructeur en fait.»

 

Question : Tu as travaillé sur le premier film de Déborah Chow, et c’était aussi la première fois que tu travaillais avec Patrick Labbé et Zach Baff. Comment s’est faite la chimie sur le plateau avec tout ce monde qui se connaît peu, et qui ne parle pas la même langue avec seulement 20 jours de tournage?

Isabelle : « La chimie s’est installée rapidement. On tournait vraiment vite par contre. Cela faisait des journées vraiment intenses. On n’avait pas de temps à perdre. Et des fois, pour jouer et créer une connexion avec les autres personnes, il faut justement du temps. Dans ce cas-ci, avec Patrick Labbé, on s’était vu une fois avant, pour lire et travailler sur le texte en français. Car au départ, la scénariste avait écrit les dialogues en anglais, et ils ont été traduits en français pour nos scènes à Patrick et moi. Alors, il a fallu qu’on se les mette en bouche.  Donc, on a retravaillé le texte, on a changé pas mal d’affaires, tant qu’on gardait l’essence même de son dialogue. On a eu plusieurs heures pour faire ce travail. Et Deborah nous faisait confiance pour adapter, en autant qu’on respectait ce qu’elle voulait dire. Ensuite, pour tourner les scènes, étant donné que mon personnage et celui de Patrick sont un peu à la fin, sur le déclin de leur relation, le fait qu’on a pas eu le temps de se connaître, cela a même aidé en fait à ne pas avoir l’air d’avoir trop de complicité. Et avec Zach c’est la même chose, car on est deux inconnus, alors on a appris à se connaître en jouant. C’est sûr que la troisième journée, on a tourné la scène du toit, où on a une plus grande intimité, mais on a rapidement établi une belle complicité ensemble. J’ai bien aimé travailler avec lui. Je l’ai trouvé très professionnel, très préparé. On pouvait discuter, il était très gentil. C’est ça qui est le fun, c’est de travailler avec des acteurs qui ont pour but de focuser sur le film et que tu peux laisser tomber ton égo pour servir le film. »

  

Question : Ce n’est pas la première fois que tu tournes en anglais? Je sais que le film va sortir à Los Angeles en mai. Est-ce que ça t’intéresserait de faire des projets aux États-Unis par exemple?

Isabelle : « C’est ma troisième expérience pour dire. C’est sûr que je suis ouverte à tout de sorte de projets. Je n’irai pas m’installer ailleurs, parce que j’adore Montréal, c’est ma ville. Mais d’aller travailler quelques mois par-ci par-là, c’est certain. Pourquoi pas? Tant que c’est un défi, de beaux personnages, je ne dirais pas non, c’est sûr. »

 

Et tes projets à court ou moyen terme?

Isabelle : « Pour le moment, je fais de la musique avec le groupe Caïmen fu, et depuis l’automne et l’hiver, on se concentre à composer notre prochain disque qu’on va enregistrer à l’automne prochain. On est vraiment là-dedans. Pour les autres projets, j’ai du théâtre l’an prochain, mais je ne peux en dire plus. »

 

Pour avoir un avant-goût du film, il est possible de voir la bande-annonce et des extraits du film (en V.O.A) sur le site : http://highcost-thefilm.com/?page_id=74

Le film a été présenté au Toronto International Film Festival où il a remporté le SKYY Vodka Award for Best Canadian First Feature, prix pour la première œuvre canadienne. Il a aussi été présenté au Festival des Films du Monde 2010 et au Rendez-vous du cinéma québécois en février 2011, où il s’est mérité le prix du meilleur scénario.

Ce film prend l’affiche le 22 avril au Québec, sera disponible sur Video on Demand aux États-Unis à partir du 20 avril et prendra l’affiche à Los Angeles en Californie du 13 au 19 mai 2011.

 

 

Isabelle Blais (Nathalie)

Zach Braff (Henry)

Patrick Labbé (Michel)

Julian Lo (Johnny)

Aimee Lee (Wai Lin)

Pierre Gendron (Detective Lambert)

Sean Lu (Kenny)

Anick Lemay (Julie)

Nicole Braber (Lille)

Graham Cuthbertson (Ian)

 Mylène Savoie (Anna)

 Tony Robinow (Dr. Rosen)

Joujou Turenne (Nurse #1)

Kyle Switzer (Eli)

Ian Finlay (Paul)

Shan Chetty (Martin)

Anik Matern (Urban Wife)

 Victor Andres Trelles Turgeon (Student)

Paul-Antoine Taillefer (Medical Resident)

 Karine Lavergne (Pascale)

Mathew Mackay (Gavin)

Patrick Costello (Hipster)

Nicole Jones (Isabelle)

Qamar Abbas (New Father)

 Susan Bain (Nurse #2)

Paula Jean Hixson (Olivia)

 Valérie Ouimet-Chiriaeff (Sarah)

William Phan (Teenage Boy)

Richard Robitaille (Urban Bartender)

Robert Higden (Urban Husband)

 

Fiche technique

Réalisation et scénario : Deborah Chow

Production : Kimberley Berlin ; Susan Schneir

Producteurs exécutifs : Heidi Levitt ; Walter Klymkiw

Société de production : Suki Films

Distribution : Filmoption International

Équipe technique

Photographie : Claudine Sauvé

Conception visuelle : Susan MacQuarrie

Musique : Normand Corbeil

Montage : Jonathan Alberts ; Benjamin Duffield

Costumes : Annie Dufort

Conception sonore : Bruno Pucella

Distribution des rôles : Murielle La Ferrière ; Claude Brunet ; Heidi Levitt (USA)

  

http://highcost-thefilm.com/

 www.filmoption.com

http://www.caimanfu.com/

 

 

Crédit photos: Joffrey Floyd-Doyon