Entrevues sur le plateau de tournage du film de Bernard Émond

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Mercredi le 1er juin, les médias ont été invités sur le plateau de tournage du dernier film de Bernard Émond Tout ce que tu possèdes au Hilton à Québec. Pour l’occasion, la productrice Bernadette payeur, le réalisateur et scénariste Bernard Émond, ainsi que les acteurs Patrick Drolet et Gilles Renaud ont pris le temps de répondre aux questions des journalistes.

 

Questions pour Gilles Renaud. Parlez-moi un peu du personnage que vous incarnez dans ce film.

« Je joue le père de Patrick Drolet. C’est un gros homme d’affaires qui a un cancer et il a environ trois mois à vivre. Il lègue sa compagnie qui vaut au-dessus de 50 millions de dollars à son fils, qui lui, refuse l’héritage. Il dit que c’est de l’argent mal acquis par son père. Alors, le père n’est pas content de cela. Voilà en gros mon personnage… On va justement aller tourner à Saint-Pacôme, où le père (moi) fait visiter à son fils les terres qu’il a achetées pour faire un genre de village vacance. Il tente de l’intéresser à ses projets, mais cela ne fonctionne pas. »

Comment se déroule le tournage présentement?

« Cela se déroule bien. Pour moi, c’était ma première journée de tournage aujourd’hui. Ce matin, je me suis levé à 4 h du matin et à 6 h 30 on était ici au Hilton dans une suite transformée en bureau, où on a tourné une grosse scène. J’annonçais à mon fils que j’ai le cancer et je lui laissais l’argent. Et là, je repars pour Montréal tantôt. Je viens tourner quatre jours à Québec seulement. »

Est-ce que c’est votre premier film avec Bernard et Patrick?

« Non, j’ai tourné avec Bernard dans le film La femme qui boit, il y a une dizaine d’années. Et avec Patrick, on a fait un film ensemble de Louis Bélanger il y a quelques années, Le génie du crime. Et on jouait aussi le père et le fils. Et avant cela, j’ai connu Patrick à l’École Nationale, alors qu’il était étudiant et j’étais directeur là-bas. Donc j’étais content de retravailler avec Pat

 

Questions pour Patrick Drolet Parlez-moi un peu du personnage que vous incarnez dans ce film.

« C’est Pierre Leduc, un jeune chargé de cours à l’Université Laval qui décide de quitter son emploi pour se mettre à temps plein sur la traduction d’un poète polonais qui s’appelle Edward Stachura, un homme qui existe réellement. Il est un personnage de peu de mots. Il passe sa vie dans les livres et la poésie. Ce n’est pas quelqu’un qui a une grande vie sociale. À travers cela, il apprend la nouvelle que son père est atteint d’un cancer virulent et qu’il veut lui léguer sa fortune familiale, mais mon personnage n’en veut pas. Également, on retourne en arrière à l’époque où il était étudiant à l’université. Il avait une conjointe, elle est tombée enceinte et lui partait pour la Pologne tandis qu’elle continuait ses études ici. On s’imagine que la dame s’est fait avorter, mais finalement non. Son enfant de 13 ans vient frapper à la porte de chez Pierre… C’est un film qui évoque l’héritage familial.»

 

Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce projet? L’opportunité de retravailler avec Bernard Émond pour la troisième fois?

« Et bien oui, quand Bernard m’a appelé il y a un an pour cela, je lui ai dit oui, sans avoir vu le scénario. J’avais envie de retravailler avec lui. C’est mon troisième film avec lui, alors on arrive à se parler à demi-mot, c’est simple. Il m’appellerait pour un autre film et je dirais oui. Je n’aurais pas besoin de le lire. Je sais que ce serait une belle histoire et que ce serait pertinent.»

 Et le tournage comment cela se déroule-t-il? Avec le temps qu’il fait ces jours-ci?

«Très bien. On est présentement à mi-chemin. Les horaires étaient bien faits, alors on s’est ajusté au temps. C’est certain, le 10 mai on gelait dehors et on devait faire semblant que c’était l’été. Entre les prises on mettait nos manteaux et nos tuques. Il y avait des fois aussi où il pleuvait, alors qu’ils imaginaient que ce serait gris, mais on a tourné quand même. La production a bien fait. On a une directrice photo (Sara Mishara) qui est une des plus grandes au Québec. Elle crée des lumières exceptionnelles. C’est vraiment ingénieux. D’habitude pour un film tu tournes en juillet, aout, car le soleil est très haut et tu arrives à avoir de bonnes lumières. Mais en mai et juin, ce sont les pires lumières à avoir. Et Sara arrive à accomplir des merveilles avec cela. »

Et que tournez-vous cet après-midi?

« Cet après-midi on s’en va dans Saint-Roch, dans un snack-bar de la rue St-Joseph. C’est une scène où mon personnage essaie de rejoindre sa fille au téléphone, dans un restaurant. Alors, je passerai l’après-midi à 42 degrés dehors (avec humidité) à tourner cela. »

 

Et La LNI à travers cela? Et le tournoi des Maîtres qui aura lieu les 8-9-10 juin à Québec et où tu devrais défendre ton titre de champion?

« Malheureusement, je ne pourrai pas y être. Mais je vais laisser la chance à quelqu’un d’autre (sûrement Simon Boudreault qui revient cette année) de gagner le tournoi et j’irai rechercher le championnat l’année suivante (hihi). On ne peut pas tout faire. Et j’ai su hier soir que mon équipe des ORANGES à la LNI a gagné la coupe. Et cela fait deux ans consécutif qu’on n’a pas perdu de match et gagné le championnat. Je fais équipe avec Simon Boudreault. On est en train de créer une dynastie (hihi)… Et en plus, on devait refaire à la mi-juin les enregistrements à Télé-Québec du tournoi des Maîtres à la Télé, pour une deuxième saison et je ne pourrai pas y être non plus.»

 

Question pour Bernard Émond : De quoi parle votre film?

«C’est une fable contemporaine. C’est un film qui parle à la fois du mauvais héritage que du bon héritage. Le personnage de Pierre refuse un héritage paternel de 50 millions de dollars, parce ce que c’est de l’argent acquis de façon malhonnête. Pierre est quelqu’un de vertueux sûrement, mais aussi très solitaire et fermé aux autres et c’est en acceptant une paternité qu’il avait renié, qu’il va devenir humain et retrouver le chemin du goût à la vie. Il va donc retrouver une petite fille, dont il avait abandonné la mère lorsqu’elle était enceinte…Le rôle de jeune adolescente est joué magnifiquement par Willia Fernand-Tanguay pour qui c’est le premier rôle au cinéma. Elle est remarquable. »

Pourquoi teniez-vous tant à tourner à Québec pour ce film?

« Québec est une ville que j’aime beaucoup. Les lieux sont extrêmement expressifs. Ce n’est pas la ville nord-américaine standard, comme on peut voir un peu partout dans les grandes villes des États-Unis ou du Canada. C’est une ville qui a du caractère où l’ancien côtoie le mauvais. Je trouve que Québec est une ville qui goûte quelque chose… On a cherché à tourner dans Saint-Roch, mais finalement on a trouvé l’appartement qu’on voulait dans le quartier St-Jean-Baptiste. J’aime beaucoup les anciens quartiers ouvriers de Québec, l’architecture de Québec. »

Lorsque qu’on l’a questionné sur le tournage de ce film à Québec Bernadette Payeur a mentionné que c’est un film qui a un budget de 3.5 millions de dollars. De ce montant, la somme de 250,000 $ a été nécessaire pour permettre de faire le tournage presque complet à Québec. C’était un must pour Bernard de tourner à Québec, même s’il a dû perdre l’équivalent d’au moins 3 jours de tournage (s’il était resté à Montréal) pour venir s’installer ici. Québec a un cachet européen unique et parfait pour ce film. En plus de Québec, il y a une scène de train à quatre rails qui est filmée en Pologne et quelques jours à St-Pacôme, mais pour le reste, tout se passe dans le quartier St-Jean-Baptiste et Saint-Roch à Québec. « Il y a beaucoup de tournage de nuit, ce qui est assez fatiguant. Il y a aussi des scènes tournées durant le jour, comme aujourd’hui, mais dès la semaine prochaine, on reprend le tournage de nuit. » C’est un tournage de 30 jours, qui a débuté le 9 mai dernier et qui est prévu se terminer le 21 juin prochain.

Et à quand est prévu la sortie du film en salle?

« On vise d’abord d’aller présenter le film au festival international de films de Karlovy Vary en République tchèque qui est en juillet, donc au début juillet 2012. Et ensuite, on ferait une sortie en salle en automne 2012. On a ciblé ce festival, car on pense que ce genre de film sera apprécié par les gens de l’Europe de l’Est. Et comme Bernard a souvent été invité à ce festival, mais qu’il refusait pour faire en faire un autre ailleurs, alors on s’est dit qu’on irait. Et cela se passe un peu en Pologne qui est un pays tout près… »

Un film écrit et réalisé par Bernard Émond

Produit par Bernadette Payeur

En association avec Marc Daigle

Distribué par les Films Séville

 

Fiche artistique

Pierre Leduc      Patrick Drolet

Adèle Genest    Willia Ferland-Tanguay

Anne Thibault    Isabelle Vincent

Maître Dutil       Jack Robitaille

Christian Leduc Gilles Renaud

Nicole Genest   Sara Simard

L’étudiante       Geneviève St-Louis

Krzysztof          Mateusz Grydlik

Fiche technique

Scénario, réalisation      Bernard Émond

Productrice                      Bernadette Payeur

Producteur associé         Marc Daigle

Direction photographie  Sara Mishara

Direction artistique        Gaudeline Sauriol

Costumes                       Sophie Lefebvre

Coiffure                         André Duval

Maquillage                     Djina Caron

Son                                Marcel Chouinard

Financé avec la collaboration de la SODEC, Téléfilm Canada, des programmes de crédits d’impôt fédéral et provincial, Les Films Séville et l’ACPAV.

 

 

Crédit photos : Roland de Québec

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