Entrevue pour l’émission l’Arbitre sur les ondes de V

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Anne-France Goldwater

Le 9 août dernier, dans le cadre de la promotion pour faire connaître la nouvelle émission de télé l’Arbitre, qui sera en ondes dès le vendredi soir 9 septembre sur les ondes de V, j’ai rencontré au Café Il Teatro du Capitole, Me Anne-France Goldwater et Yves Thériault le concepteur et producteur délégué de cette émission. 

 

Question pour Me Anne-France Goldwater : Avoir votre victoire dans la cause de « Éric vs Lola », vous n’étiez surement pas à la recherche d’un emploi. Pourquoi aviez-vous le goût d’animer cette émission?

Mme Goldwater : « L’invitation était trop belle. Tout d’abord, on m’a promis que les tournages vont se faire la fin de semaine. Cela aide, car sinon, mes semaines sont trop chargées, puisque je suis à la cour presque tous les jours. Pour moi, le défi est de rendre plus accessible aux citoyens ce que, j’espère, sera une bonne image de la justice. Car pour le citoyen, le palais et la justice semblent de moins en moins accessibles, plus difficiles à rejoindre… Au palais de justice, le juge tranche, à l’opposé, le médiateur, lui, aide les gens à régler leurs problèmes eux-mêmes. Il n’a aucun rôle décisionnel. Tandis que moi, en travaillant comme arbitre, soit à mi-chemin entre le juge et le médiateur, je peux rendre une décision, mais je peux aussi aider les gens à séparer leurs émotions de leur vrai problème, de les mener à être plus à l’écoute l’un de l’autre et les amener à voir le raisonnement de l’autre personne. Mais je n’ai pas besoin d’avoir la patience du médiateur, je dois, un moment donné, trancher. » 

 

Shirley Noel avec Yves Thériault

Quelles sont les motivations pour produire ce genre  d’émission, M. Thériault?

« Vous savez, les petites créances, les gens y vont de moins en moins. Les délais sont de plus en plus longs pour faire entendre sa cause. À Québec on parle d’un an et demi d’attente et à Montréal c’est 2 ans. Donc, toute cette attente pour quelques centaines de dollars c’est ridicule. Et un tiers des gens qui sortent des petites créances avec un jugement favorable ne sont pas capables de le faire exécuter, car l’autre partie a déclaré faillite ou on ne peut localiser l’autre partie. Les gens sont donc un peu déçus du processus des petites créances à cause des délais et des difficultés à se faire payer. Donc, s’ils viennent à l’émission, c’est le producteur qui paie les dommages.» 

Pour être admis à votre cour, il faut que les deux parties soient consentantes pour participer. Il me semble que cela peut être difficile de réussir à faire accepter la personne qui est poursuivie non?

 « Il est certain qu’on ne peut pas utiliser de subpoena pour obliger les gens à se présenter à l’émission. Par contre, il s’agit de convaincre l’autre personne d’aller régler leur conflit à l’émission… Au moment où l’on se parle, il y a peut-être 15000 personnes qui sont poursuivies aux petites créances et sont en attente d’une date de procès. Ces personnes courent toutes le risque d’être condamné à payer des dommages. Ces gens-là pourraient contacter la partie adverse et s’entendre ensemble pour passer à l’émission dans un mois ou deux,  au lieu d’attendre un an. Ainsi, si l’arbitre donne raison à la personne qui poursuit, celle-ci recevra un chèque immédiatement et l’autre partie n’aura rien à payer puisque ce sont les producteurs qui vont payer. Donc, tout le monde est gagnant de venir à l’émission.»     

Combien de causes seront choisies?

« La commande que nous avons présentement, pour la première saison,  c’est une émission hebdomadaire d’une demi-heure avec en moyenne deux causes par épisode. Et on a une commande de 28 épisodes, donc on peut penser à une cinquantaine de causes, car parfois, si une cause est très bonne, on peut faire tout un épisode avec une cause.» 

Et vous Mme Goldwater, est-ce que vous allez connaitre les causes avant qu’elles soient présentées dans l’émission? 

« C’était vraiment la pré-condition pour que j’accepte de participer à l’émission. Je dois connaitre les causes avant. Car pour pouvoir rendre un verdict séance tenante, il faut que j’aie eu la chance de lire tout le matériel que les gens vont présenter avant, de faire mes propres recherches personnelles. Je ne peux pas m’attendre que des gens non assistés par avocat arrivent avec des arguments du droit. Alors, il faut que j’aie préparé tout cela moi-même avant, pour me faire une idée où je m’en vais avec la cause et ce qui me restera à faire pendant le tournage, ce sera d’écouter les gens, de soupeser leur crédibilité, et décider qui dit vrai et qui dit faux. Ceci me permettra alors de rendre une décision immédiatement, rapidement comme le requièrent les gens.» 

 Mais est-ce que certaines personnes pourraient tenter de profiter de l’émission et se monter une cause et tenter de faire un gain facile et avoir un petit 15 minutes de gloire? Est-ce pour cela que vous convoquez les gens en audition une fois l’inscription faite de leur cause?

« Oui, c’est sûr qu’on les appelle ou on les rencontre, pour savoir plus en détail ce qui s’est passé dans leur conflit. On prend leur version des faits, est-ce qu’ils ont des pièces justificatives, des photos de ce qui a été endommagé, une copie d’un contrat qui n’a pas été respecté, une facture, des témoins. On contacte les deux parties et on s’assure qu’ils sont en mesure de présenter leur cas. Il y a un travail de casting qui se fait, mais aussi on vérifie l’authenticité de la cause et la qualité des éléments de preuve.  (Mme Goldwater renchérit) et si quelqu’un pense qu’il peut me monter une histoire, il va se faire manger par moi. Haha! Je ne me laisse pas avoir facilement. Avec les questions que je vais poser, je serai capable de tester tout de suite la crédibilité de la personne.» 

Les enregistrements auront lieu à Montréal. Pour ceux qui ne sont pas de la région, pourront tout de même participer?

« Absolument, pour les gens de l’extérieur de Montréal on va payer leur frais de déplacement et on va leur payer une nuit à l’hôtel. Et tous les participants reçoivent un cachet minimal de 100$ pour participer à l’émission.» 

Quelles dates se feront les enregistrements? Est-ce qu’il y aura une place pour le public pour aller entendre les causes, comme dans les vraies causes entendues par des juges? Comment pourront-ils y assister?

« Les enregistrements vont débuter à la fin août. Il va y avoir des arrangements pour que le public puisse assister aux enregistrements. Il suffit d’aller voir sur le site de vtele.ca dans les jours qui vont suivre pour savoir la procédure pour s’inscrire comme public aux diverses émissions. Les enregistrements se feront soit le samedi ou le dimanche, à raison d’environ 4 épisodes à la fois, pour être diffusés les vendredis par la suite.» 

Comment et quand les gens peuvent-ils s’inscrire?  Et quel genre de cause prendrez-vous?

« Ils peuvent s’inscrire dès maintenant sur le site internet de www.vtele.ca  en cliquant sur l’émission l’arbitre. C’est sûr qu’il y a des causes qu’on ne touchera pas, comme poursuivre le gouvernement, la CSST, la DPJ, une grande entreprise comme Walmart, une banque, une compagnie d’assurance ou le policier qui a donné une contravention, ou encore les cas de pension alimentaire ou de frais de garde, car il est prohibé de prendre ces causes, ils sont réservés au tribunal. Même chose pour les accusations de droits criminels, ils doivent passer par le tribunal. Les causes que nous prenons sont du type poursuite au civil. Donc, nous prenons les cas de conflits entre voisins, entre parents, entre amis, même entre des ex-conjoints pour leurs séparations de biens. » 

Shirley Noel, Yves Thériault et Anne-France Goldwater

Exemple de cas qui pourrait être traité : Deux étudiants se sont bagarrés à la sortie d’un bar et l’un d’eux a eu des frais de dentiste pour une dent cassée. Ils peuvent venir à l’émission pour les frais de dentiste à payer. Et ceci est une excellente cause, car ces jeunes n’ont surement pas l’argent pour payer 1500 $ pour la dent cassée, et ce type de cause ne sera pas pris par un avocat et aux petites créances, l’ami ne pourra peut-être pas avoir les moyens de défrayer les frais. 

Une autre cause :  La fillette de la voisine a lancé des roches sur votre voiture et vous avez 1000 dollars de dommage. Si la fillette est déclarée responsable par Mme Goldwater, ce sont les producteurs qui paieront la note de 1000 dollars et chacune des deux parties aura 100 $ pour leur participation à l’émission. Et s’ils viennent de l’extérieur de Montréal, à plus de100 Kilomètres, alors les deux parties seront hébergées une nuit à Montréal, en plus d’avoir leurs frais de déplacement payé. Cela vaut donc la peine de régler le tout rapidement à la télé au lieu d’attendre les petites créances pendant plus d’un an et ensuite d’avoir un huissier pour tenter de collecter l’argent. C’est gratuit, rapide, expéditif et réglé immédiatement. 

En résumé :

L’arbitre, en onde à partir du 9 septembre en soirée sur les ondes de V,  est une émission où deux personnes peuvent venir résoudre un conflit entre elles.

Il faut que les deux personnes acceptent de participer à l’émission.

Il faut qu’une des deux personnes poursuive l’autre pour un montant n’excédant pas 7 000 $

Les deux personnes se présentent devant L’arbitre, qui est Me Anne-France Goldwater. Elles donnent leur version des faits. Elles peuvent présenter des pièces justificatives (photos, vidéos, contrats et factures) et faire entendre des témoins.

L’arbitre écoute les deux parties, analyse la preuve qui lui est présentée et rend sa décision.

L’arbitre peut accorder les dommages, en tout ou en partie, ou les refuser.

Si L’arbitre condamne une des deux personnes à payer des dommages à l’autre, c’est le producteur de l’émission qui paye le montant accordé.

 

Pour s’inscrire dès maintenant  :

http://vtele.ca/emissions/l-arbitre/inscription/

 

 crédit photos :  Lucie-Ann Laberge