Penitence

Penitence

Tout récemment, les éditions Textes Gais et l’auteur Denis-Martin Chabot ont annoncé la ré-édition de la collection des Histoires du Village. Cette série comprend les titres Manigances, Pénitence, Innocence et Accointances, publiés depuis 2003. !

Ces titres sont disponibles en version électronique, individuellement ou regroupés sur la plupart des sites de téléchargements dont iTunes et Amazon.com. Ils ont tous été révisés et mis à jour.

Ayant par le passé déjà lu Accointances, connaissances et mouvances, soit la conclusion de ces Histoires du Village, j’ai eu le goût de faire un retour en arrière pour lire les trois premiers volets de cette saga.

Voici donc mon appréciation de la version originale du tome 2, Pénitence, et non pas la nouvelle édition électronique qui a été revue et mises à jour. Mais cela vous donnera tout de même une bonne idée de ce deuxième livre, paru en 2004. 

Aussitôt que j’ai eu terminé de lire le premier tome, Manigances, je me suis lancée dans le deuxième volume, qui débute 4 ans environ après le premier. Je l’ai dévoré en une journée, tellement j’ai été happée par l’histoire d’amour de ces hommes, leurs désillusions, leurs échecs et leurs passions. L’on retrouve une bonne partie des personnages du premier livre, dont Pierre, Marc et Roger et on en découvre de nouveaux, comme Bertrand, Robert et Imonfri. Bien que ce soit une suite, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier tome pour bien comprendre Pénitence, car ce livre offre un bon résumé dès le départ de ce qui s’est passé avant.  

Tout comme le premier, la construction du volume et de l’histoire n’est pas linéaire. Cependant, les vitrines sur le passé sont plus grandes et moins nombreuses donc, il est plus facile de reconstituer les morceaux. 

Ce que j’aime beaucoup dans ce livre c’est qu’il nous fait découvrir la mentalité et les valeurs des gens en Afrique (au Mali), tant au niveau de leur vision des ‘vieux ’ que celle des gais, puisque c’est de là que nous arrive Imonfri. Et on fait aussi une incursion en Côte-d’Ivoire et j’aime bien quand un livre me fait voyager. 

Cette fois-ci, le thème principal abordé est le SIDA, sa découverte et ses ravages sur ces hommes qui en meurent. Dans ce deuxième volume, il n’y a pas de crime, ni de suspens, mais beaucoup d’histoires nous sont racontées : Les déboires de Roger qui tente de ramener ses enfants au Québec et une fois qu’il réussit, il doit tenter de les amadouer. Les relations amoureuses et houleuses de Marc qui n’arrive pas à vivre seul, mais n’accepte pas non plus la vie à deux. Belle ambiguïté. La découverte de la liberté sexuelle par Imonfri à Montréal, après avoir vécu l’oppression en Afrique. Et surtout, on y suit le dépérissement de ces hommes, dont Pierre, atteints du Sida. Tout cela est très émouvant et d’une tristesse épouvantable. 

Je trouve ce deuxième tome plus raffiné que le premier, avec moins d’emphase sur le sexe bien qu’il y ait tout de même de moments succulents, à la fois humoristique et érotique, comme cet extrait où Yannick et Marc semblent passer une nuit à l’aéroport. « Marc insère rapidement et sans trop de difficulté son 747 dans le hangar pourtant étroit mais confortable de Yannick, un hangar juste assez grand pour accommoder l’appareil, pour autant que Marc garde le train d’atterrissage à l’extérieur. Ensuite, c’est au tour du Concorde de Yannick d’atterrir. Il ne prend pas beaucoup plus de temps pour piquer du nez vers l’aérogare de son partenaire. Un atterrissage en douceur en terre ferme. Pendant le reste de la nuit, les deux hommes jouent aux contrôleurs aériens, aux pilotes, aux agents de bord et aux mécaniciens… »   

Donc, une suite que j’ai énormément appréciée, plus que le premier, puisque je connaissais déjà une grande partie des personnages et je m’y étais attachée. J’ai adoré aussi qu’on me fasse voyager et découvrir de nouvelles cultures (Africaine), de nouvelles facettes (comme le SIDA), de nouveaux obstacles et difficultés dans la vie de ces gens du village gai. 

Denis-Martin Chabot

Après avoir lancé ces livres au Québec et en Europe, l’auteur tente de percer le marché anglophone. Mangames, la traduction anglaise de Manigances, le premier tome de la série, est sorti en 2010. Denis-Martin Chabot est journaliste à la radio et à la télévision depuis vingt-cinq ans. Outre ses romans sur les chroniques du Village Gai, il a contribué deux nouvelles à la revue littéraire acadienne, Ancrage, numéros 4 et 6. Il est aussi l’un des 55 lauréats et lauréates des Prix littéraires Naji Naaman 2011. Il a remporté le Prix littéraire Gros sel en 2006 en Belgique pour son premier roman, Manigances. L’an dernier il se méritait un premier prix en fiction et un troisième en poésie, au festival littéraire Altern’art de Québec. Il a, en outre, publié des textes dans plusieurs recueils collectifs. Il a aussi contribué au recueil de nouvelles Sortir de l’ombre en 2009. Il est aussi du nombre des auteurs de Pulsions poétiques, Délice Interdit (nouvelles érotiques) et Les voisins d’à côté (nouvelles et récits), publiés en 2010

La version papier de Pénitence est disponible aux éditions de la francophonie http://www.editionsfrancophonie.com/details.cfm?id=98 de même qu’à la librairie Ménage à trois au 1672, rue Sainte-Catherine Est à Montréal.

 

Prix 19.95 $

225 pages

Éditions dela Francophonie

http://www.editionsfrancophonie.com