Kurt Weil, Cabaret Brise-Jour et autres manivelles

Kurt Welli
Kurt Welli

Originaux, ils le sont. Multidisciplinaires, ils s’inscrivent dans l’esprit du spectateur avec un style unique et inégalé. Cette troupe est le refus même de la catégorisation de la musique et des arts. Ils nous démontrent clairement qu’il y a toujours de la place pour la Créativité Éclatée, tous styles confondus. D’abord, le décor emmêlé nous intrigue. Ensuite, c’est le jeu des musiciens. Certains incarnent des stéréotypes qui nous font revivre la beauté rétro des années 30. D’autres membres de la troupe, si je peux m’exprimer ainsi, expriment une constante vague de contrestéréotype. Ils les défont et refaçonnent aux goûts des pièces musicales. En d’autres mots, ces musiciens exaltent le public par des antipodes vestimentaires. Le militaire qui change de vêtement pour une robe ample se trouve à devenir le contraire de ce que son uniforme lui donnait comme présence sur scène.

Ainsi, la troupe d’Hommes-Orchestres enivre le public d’un fumet qui apporte aux narines, avec sa fumée, la mélancolie d’une époque rétro, la joie d’écouter de nouvelles sonorités et la saveur d’un fruit musical et d’une chorégraphie longuement muri.

Le répertoire musical comprend, bien entendu, des pièces de Kurt Weill qui s’entrecoupent de quelques poèmes récités en français. La troupe a aussi inclus des chants allemands et russes à une musique qui donne un effet de contraste sonore et un effet visuel qui, je crois, crée ce mythe rétro. Ce mythe amène le spectateur à imaginer et à rêver d’une époque où fumer était considéré comme séduisant et le jazz donnait vie aux mars enfumés. Et ce mythe rétro s’organise anachroniquement avec les musiciens qui deviennent personnages dionysiaques ou inventeurs d’instruments de musique du dimanche. Le mythe rétro se crée à partir du le choix des instruments et du jeu des acteurs qui emmène dans un monde en noir et blanc. Les instruments de la troupe sont divers : un vieux piano de bois, un saxophone ténor, un harmonica, une trompette et je vous laisse découvrir le reste.

Je dois lever mon chapeau pour l’originalité de leurs instruments. Ils sont présents sur scène dès le tout début, mais ils se trouvent à être camouflés par le jeu musical et artistique des sept membres de la troupe. Ainsi, les instruments crées de toutes pièces par quelque original servent à la musique et au décor. Le lustre devient orgue fluté. Une table de machine à coudre avec pédale se transforme en un vibrateur à chaise qui chahute la voix de la chanteuse. Ceux-ci ne sont que quelques-uns des croustillantes inventions de la troupe.

Le mariage entre la culture pop/rétro et le bain musical moderne qu’ils nous offrent laisse croire qu’ils ont un message important à passer au reste des Québécois. Il est vrai que le fossé s’est agrandi entre la culture pop, qui semble nous échapper complètement, et la culture postmoderne qui, de son côté, explore et cherche de nouvelles sonorités afin de trouver une voie non empruntée ou moins praticable de l’art et de la culture.

Crédit photo: Frédérick Auger

Du 10 avril au 28 avril 2012
Théâtre Périscope

Une production signée L’Orchestre d’Hommes – Orchestres

Musique
Kurt Weill
Mise en scène
LODHO
Distribution
Bruno Bouchard, Jasmin Cloutier, Simon Drouin, Simon Elmaleh, Lyne Goulet, Philippe Lessard Drolet, Danya Ortmann
Équipe de création
Frédéric Auger, Gabrielle Bouthillier, Philippe Lessard-Drolet, LODHO et Pascal Robitaille

Théâtre Périscope : http://www.theatreperiscope.qc.ca/

Billetterie :  2, rue Crémazie Est, 418.529.2183

Face book du théâtre Périscope : http://www.facebook.com/group.php?gid=13667243461&ref=ts#!/pages/Th%C3%A9atre-P%C3%A9riscope/142370439138684

Site de l’orchestres d’Hommes-Orchestres : http://www.lodho.com/

crédit photo: Frédérick Auger