L’OMPAC doit fermer ses portes – Une dure réalité

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L’Organisation multiressources pour les personnes de cancer doit fermer ses portes 

Arrêt des services au 31 décembre 2012

Une dure réalité 

Voilà, bien malgré nous, arrivé le moment de prononcer ces mots si difficiles : OMPAC doit fermer ses portes!

Après 31 ans de vie intense et d’interactions quotidiennes avec des milliers de personnes qui sont venus frapper à nos portes. Après des mois de lutte pour conjurer ce mauvais sort, celui du retrait de la subvention de Centraide aux organismes communautaires œuvrant dans le domaine de la santé, le conseil d’administration n’a eu d’autres choix que de convoquer ses membres en assemblée générale spéciale pour recommander la dissolution de l’organisme.

Le 13 novembre 2012, OMPAC a vécu avec ses membres la dernière assemblée générale de son histoire. OMPAC a décidé de mettre fin à ses activités au 31 décembre 2012. Le 20 novembre 2012, le conseil d’administration entamait  toutes les étapes nécessaires à la dissolution de l’organisme.

Depuis le printemps 2010, ceux et celles qui nous ont suivis connaissent l’enjeu qui était devenu le nôtre. Centraide, en mettant un terme au contrat qui nous accordait une subvention annuelle, venait non seulement de changer ses priorités en mettant un terme au financement des organismes en santé physique, mais il mettait aussi en péril notre survie parce que le montant qu’il nous accordait représentait le tiers de notre budget annuel.

Nous avons relevé nos manches sans attendre l’échéance fatale du 31 mars 2013. Nous avons multiplié les démarches auprès de notre bailleur de fonds pour qu’il annule sa décision. Peine perdue. Nous avons frappé à la porte de notre autre bailleur de fonds pour faire reconnaître notre vocation panquébécoise et qu’il nous accorde la hausse de subvention qui allait combler le vide budgétaire. Peine perdue là aussi. Nous sommes allés sur la place publique sans que les médias nous accordent la plate-forme pour capter l’intérêt et infléchir dans les décisions prises par Centraide. Nous avons frappé à la porte de plusieurs fondations et compagnies pour solliciter un nouvel apport financier. Nous avons essayé d’établir des partenariats plus larges avec des organismes avec lesquels nous collaborions déjà. Pas de meilleures réponses de ce côté-là non plus.

Plusieurs personnes parmi vous nous ont suggéré des démarches à faire ou nous ont démontré leur intérêt pour mettre l’épaule à la roue en nous disant les efforts qu’ils pouvaient entreprendre dans leur milieu et essayer de trouver les argents manquants.

Force est de constater qu’après presque trois ans d’efforts assidus dans toutes les sphères où nous pouvions intervenir, le comité pour l’avenir d’OMPAC et le conseil d’administration ont constaté que le contexte a changé dans le financement des organismes en santé. Les sous manquent cruellement et les investissements vont dans les services institutionnalisés et auprès d’organismes qui ont déjà une large couverture médiatique.

Nous devons à nos intervenantes et à toute l’équipe qui permet à OMPAC de bien fonctionner, un cadre de vie le plus stable et le plus serein possible. Le service donné à tous nos participants et à toutes nos participantes en dépend. Nous ne pouvions pas décider d’offrir des services moindres ou d’étirer les attentes comme dans le réseau parce que le personnel était réduit à sa plus simple expression.

Devant l’échec de tous ces efforts et malgré les choix que nous avons dû faire, nous avions aussi dit qu’il n’y aurait pas d’acharnement en regard de notre situation. Nous aurions pu décider de vivre sur nos réserves en coupant encore dans les services pour revenir à une situation d’il y a plusieurs années. Nous aurions installé l’incertitude.

Nous devons faire le deuil cruel d’un organisme en santé qui a grandi pendant plus de trente ans en donnant des services incomparables à une foule de personnes qui en avaient grandement besoin et qui ne trouvaient pas de soutien et d’écoute aux autres portes où elles frappaient. Nous avons transmis notre savoir et notre expertise et de cela nous pouvons être très fiers. Nous avons permis à d’autres organismes de se mettre au monde et de rendre des services semblables aux nôtres. Nous avons permis à des professionnels de mieux soutenir les personnes atteintes au-delà des soins cliniques. Et de cela aussi, nous pouvons être très fiers. Mais il est temps de lâcher prise. Il est temps de passer le flambeau. C’est notre héritage qui maintenant nous aidera à panser les plaies laissées par la fermeture d’OMPAC.

Merci à tous ceux et celles qui nous ont soutenu et accordé leur confiance.