N’oublie jamais de Grégory Charles

N'oublie jamais de Grégory Charles
N’oublie jamais de Grégory Charles

Gregory Charles, l’artiste aux multiples talents, a pris la plume pour raconter à sa fille Julia l’essence même qu’était sa grand-mère, atteinte maintenant de la maladie d’Alzheimer et qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. 

Avec cette lettre de 160 pages qu’il a écrite avec amour à sa fille, nous, lecteurs, avons l’impression de faire intrusion dans leur vie, dans leur maison, pendant que Grégory raconte ses souvenirs à Julia en toute intimité. 

Avec beaucoup de respect pour cette femme qui a été pour lui plus qu’une mère, son mentor, la personne qu’il ne voulait jamais décevoir, la personne la plus importante dans sa vie, Gregrory confie à sa fille les moments clés de sa jeunesse, et les enseignements que sa mère lui a laissés en héritage. 

Femme exigeante, intransigeante, rigoureuse, mais également patiente et avec une sagesse infinie, Pierrette Saint-Martin a tout donné à son fils, mais a aussi exigé autant de lui pour qu’il devienne cet être passionné, talentueux, créateur inventif, polyvalent et érudit personnage que l’on connait.

Plusieurs de ses enseignements et éléments de sagesse sont à jamais incrustés dans mon esprit et font partie intégrante de mes propres convictions, et pourraient peut-être aider les gens qui se sentent différents ou à part des autres : Lorsque Gregory faisait rire de lui à l’école à cause de son béret et de sa couleur de peau, voici ce que sa mère lui a dit « Pour faire plaisir aux autres, tu peux décider de ne pas porter ton béret. Si c’est ce que tu veux, tu peux le faire, mais alors les autres auront gagné et ils auront décidé pour toi de ce que tu fais et de ce que tu veux dans la vie. Mais pour ce qui est de ta peau, tu n’y peux rien. Que vas-tu faire pour leur faire plaisir, pour te soumettre à eux, pour faire partie du groupe ? Ou alors tu peux décider d’être celui qui décide de sa vie et de ses choix. Tu peux porter fièrement ta peau et ton béret et rire avec ceux qui t’humilient. Tu verras qu’ils perdront leur pouvoir sur toi quand tu assumeras qui tu es et ce que tu fais. Si tu ris et que tu ne te choques pas, si tu assumes ce que tu es et ce que tu fais, les autres n’auront aucun pouvoir sur toi. N’oublie jamais… You are the boss of you. » Quelle belle leçon de vie! Et il y en a plusieurs autres ainsi. 

Comme ceci : « N’oublie jamais… il n’y a que trois rôles à jouer dans la vie. Parfois, dans la vie, tu seras celui qui a la solution à un problème. Tu seras celui qui peut guérir, soigner, réparer, corriger, changer quelque chose. Parfois, tu seras celui qui a besoin d’aide, qui sera malade, qui souffrira ou qui aura mal. Tu devras avoir la grandeur d’âme d’accepter la situation et d’accepter le remède pour être mieux. Mais parfois, Gory, tu devras… humblement être l’intermédiaire entre ceux qui ont besoin et ceux qui peuvent les aider. » Et je pense qu’avec ce livre, Grégory fait exactement cela, être l’humble intermédiaire entre l’amour et la sagesse de sa mère et sa fille Julia. 

Cette femme a inculqué ses valeurs à son enfant : le respect de ses parents, l’amour de la musique, la fois et l’ambition que son enfant ait beaucoup plus qu’elle-même n’a jamais eu. 

Cependant, personnellement, j’ai parfois l’impression que cette femme a abusé de ses pouvoirs, de son intransigeance, de sa discipline envers son fils, qui pourtant, lui ne s’est jamais plaint de sa trop grande ténacité et de son entêtement envers lui, alors qui suis-je pour juger ? (Ainsi, il devait jouer une heure de piano tous les jours, sans exception, même à sa fête, Noël, etc.. Et il avait tous les jours des dictées en anglais, en français, des leçons de mathématiques, mais surtout, lorsqu’il obtenait un résultat de 97 %, elle ne le félicitait pas, mais lui demandait où il avait perdu ces 3 points. ) 

En plus de parler de ses souvenirs avec elle et de ses enseignements, Grégory parle également très candidement de la manière avec laquelle il vit la maladie de sa mère, et comment cela impacte également son père et mine la vie de sa mère. Cela est très touchant et à la fois triste de voir les dommages que cette maladie peut causer autour d’elle. 

Ce livre est une belle leçon de vie pour quiconque a besoin de se faire réveiller et incite à l’action, à l’effort, la rigueur et donne le goût du dépassement, de donner le meilleur de soi-même.

Il est à parier que ce bouquin, une fois que vous l’aurez lu, restera un livre de référence pour votre propre vie. Il le sera pour moi en tout cas, car ces perles de sagesse que cette femme hors du commun laisse en héritage à Grégory, sa fille et maintenant, à nous tous, sont de très bons guides de vie pour quiconque en a besoin. 

Finalement, je dois mentionner qu’il y a à la fin de chaque chapitre des petites références musicales très intéressantes. Grégory, avec ses connaissances immenses en musique, nous donne des choix de pièces musicales, de chansons connues ou moins connues qu’il serait bon d’écouter, ou de chanter, en lien avec le chapitre qu’on vient de lire. C’est une belle complémentarité à ce livre. 
Comédien, animateur télé et radio, pianiste, choriste, directeur de chorale, Gregory Charles est un artiste multidisciplinaire. Dans les dernières années, ses talents de musicien ont été mis de l’avant dans son spectacle Noir et Blanc (vu par plus de 750 000 personnes dont 43 représentations au Centre Bell), ses quatre disques, dont  I think of You et le premier Gospel Live : Noir & Blanc, et ses rôles de professeur de chant et juge à la dernière saison de la populaire émission Star Académie. Gregory est aussi le directeur artistique du Mondial Loto-Québec de Laval. 

Nombre de pages : 160

Prix : 22,95 $

Les Éditions La Presse

http://librairie.lapresse.ca/lapresse/index.html