
« …Les mots comme les humains n’existent pas dans le vide. Ils ne prennent tout leur sens que dans leur association aux autres…. » Telle est l’introduction du Petit Druide des cooccurrences par ses auteurs. Quelle meilleure définition pourrait-on donner à ce mot qui, comme la langue française en recèle plusieurs, est déjà en lui-même une invitation à la découverte curieuse, en quête de la magie des mots et de la langue qu’ils composent. Car ne nous y trompons pas. Bien qu’il soit un ouvrage utilitaire, utilitariste même, permettant à tous de manier avec richesse et originalité autant que pertinence le français, et réalisé à partir d’une analyse informatique scientifique de l’usage des mots, nom, verbes, adjectifs ou adverbes, et de leur association, Le petit druide des cooccurrences est une véritable promenade, un parcours initiatique à la découverte de notre langue, de sa richesse, de sa magie. Son titre, dès lors, venu de la maison d’édition qui a permis de le faire paraître, devient un clin d’œil aux lecteurs. Il y a de l’art, des secrets, des recettes dans ce livre. La lecture de chacun des mots principaux et de ceux qui leur sont associés est autant de souvenirs vécus, de promesses d’événements à venir, de réminiscences de lectures.
Le petit Druide est, nous le disent eux-mêmes ses concepteurs, les inventeurs du célèbre logiciel Antidote, un condensé du Grand Druide des cooccurrences. Il nous offre cependant pas moins de 260 000 cooccurrences réalisées à partir de 4 000 entrées, pour la plupart des noms mais aussi des verbes ou des adjectifs offrant des « combinaisons intéressantes ». On a parfois coutume de dire que l’usage de l’ordinateur a sinon lui-même nivelé et appauvri la langue a, du moins, correspondu et facilité un usage universel, au sens banalisation du terme, de celle-ci : parce les besoins de notre monde qui mise sur la vitesse a parfois transformé les journaux en simple série de buzz vides de sens; parce que l’universalité s’est perdue dans le plus petit dénominateur commun au lieu de s’ouvrir à la science et la connaissance venues de partout dans le monde, comme le comprenaient jadis les grands penseurs du Siècle des Lumières ou du 19ème siècle, siècle des progrès de la sciences et des grandes découvertes. Ainsi, parce que l’ordinateur en a été l’instrument on lui en attribue la responsabilité. Par ce gigantesque travail de recherche et d’analyse fait à partir de «… l’internet francophone pour constituer un corpus totalisant 3 milliards de mots ou 150 millions de phrases, tiré de près de 3000 sources distinctes, parmi lesquels des sites journalistiques, comme ceux du Monde et du Devoir, des bibliothèques numériques comme Gallica et Projet Gutenberg, et de nombreux sites d’intérêt général …»les auteurs de cet atypique dictionnaire nous démontrent que l’ordinateur est aussi un superbe outil de recherche au service de la connaissance et de la langue et de leur diffusion. Il faut pour cela se donner la peine de bien l’utiliser et de ne pas en faire une fin en soi mais bien de le laisser à sa place celle d’un instrument au service de l’humain. C’est ainsi d’ailleurs que, pour ce travail, place est restée en dernier lieu à l’homme car ce sont bien les linguistes de l’équipe qui, en dernier ressort, ont revu les « choix » fait par l’ordinateur et ont décidé de la sélection ou non d’un mot, d’une cooccurrence.
Bien plus qu’un dictionnaire ce Petit druide nous invite au voyage dans la langue par l’association des mots débarrassés de cette analyse, parfois, clinique et froide, de son sens, de son étymologie, et des avis ou ordres qu’elle nous donne quant à son utilisation que comportent les autres types d’ouvrages de cette catégorie.
Ne cherchez pas dans cet ouvrage les mots pauvres parce que copiés-collés d’une langue et de ses usages et constructions syntaxiques qui ne sont pas les nôtres et donc pour nous sans histoire qui pourtant pullulent dans notre français de tous les jours du Québec, ou d’ailleurs : les canceller, checker, marier (au sens d’épouser), performer (pour se produire sur scène)…. Ils sont heureusement et évidement absents. Il nous faut utiliser mais aussi véritablement lire, comme on déambule dans les rues d’une ville, ce petit druide des cooccurrences qui nous offre un accès quasi illimité à cette richesse de notre langue. On découvre avec bonheur et confiance renouvelée en nous-mêmes, en feuilletant ses pages que nous en connaissons la plupart! Reste à savoir et à avoir envie de les inviter dans notre parler!!! Et peut-être, ainsi, réussir à faire mentir le romancier et essayiste Jacques Godbout qui dans un entretien avec Mathieu Bock-Côté dans le Journal l’Actualité du 10 février 2014, déclarait « Nous n’avons pas, au Québec, de problèmes de langue, mais un problème de langage…Nous nous privons des nuances que permet une langue qui a accumulé une richesse lexicale depuis mille ans! Montréal est une ville menacée par la pauvreté du français beaucoup plus que par la langue anglaise. Chaque fois que Gaston Miron rentrait d’Europe il se désespérait de notre lexique famélique… » On ne peut alors parfois que regretter le choix de s’en tenir à la réforme de l’orthographe pour les entrées des mots qu’elle a touché! Certes ils sont plus facile à écrire mais la poésie de nos subtilités qui fait l’histoire et le charme de notre langue et donc de ce dictionnaire y a perdu!!!
En couverture de ce recueil les auteurs ont choisi le dessin d’un engrenage qui lie les mots ou constructions de mots tel un mini inventaire à la Prévert: « s’emparer de, chasse au, dérober le, trésor, caché, inestimable, convoité, vivant, découverte d’un pilier le » : Faux-semblant parce que Le Petit Druide des cooccurrences permet en effet de tous les mettre en lien pour nous faire redécouvrir et aimer notre langue. Le Petit Druide des occurrences nous permet de retrouver intact le plaisir toujours renouvelé de la recherche, du jeu avec les mots pour dire et raconter nos émotions, nos pensées, nos sensations, nos perceptions et nos analyses ou récits du monde qui nous entoure.
LES AUTEURS
Le Petit Druide des cooccurrences a été réalisé par l’équipe linguistique de Druide informatique. Ce nouveau dictionnaire a d’abord vu le jour avec Antidote, le célèbre logiciel d’aide à la rédaction pour lequel Druide a reçu un Mérite du français de l’Office québécois de la langue française.
Le petit druide des cooccurrences
Collectif : Simon Charest, Jean Fontaine, Jean Saint-Germain
Conception graphique de la page de couverture : André d’Orsonnens, François Papik Bélanger, Zone C.
Linguistes : Jean Fontaine, Jean Saint-Germain, Anne-Laure Jousse, Mala F. Bergevin, Maude Pironneau, Stéphanie Legros, Geneviève Tardif.
Directeur informatif : Bernard Pelletier
Informaticiens : Jasmin Lapalme, François Lemieux,
Conception graphique et mise en page : Éric Brunelle, François Lemieux, Lacava Design
Concepteur et générateur du contenu : Simon Charest
Idéateur : André D’Orsonnens
Directeur Éditorial : Éric Brunelle
Éditions Druide http://editionsdruide.com
Dictionnaire – 864 pages – 24,95 $
ISBN PAPIER : 978-2-89711-201-1
Aucune version électronique
© photo : courtoisie

